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Métiers

Mercredi 1 octobre 2008

Joseph ouvrit un oeil. Une faible lumière passait par le Velux. Il bondit hors du lit :

- M.... ! Je me suis rendormi. C'est la cata !...
- Hein ?

Leila, réveillée en sursaut ne comprenait pas...

- Je me suis rendormi ! Allume s'il te plait

La lumière inonda la petite pièce. Joseph regarda l'heure à sa montre. 1h40. Son téléphone avait été programmé à 1h45. Il resta hébété... Réveillé à présent, il s'habilla. Marmonnant quelques excuses, il éteignit puis descendit se préparer un café.

Alors qu'il déjeunait, il comprit ce qui s'était passé. Complètement stressé par ce qui l'attendait, il avait rêvé qu'il se réveillait. Ensuite, comme cela arrive en pareil cas, il s'était effectivement réveillé quelques instants avant que le réveil ne sonne. Confondant rêve et réalité, il pensait s'être rendormi...

C'était son dernier jour. Suivraient trois jours de repos avant de recommencer la distribution dimanche. S'il commençait à réagir comme cela, il était grand temps qu'il prenne du repos.

Il rejoint le dépôt vers 2h30, prit connaissance des dernières modifications, réactiva le badge destiné à pénétrer dans certains immeubles et but un café. Les journaux arrivèrent tôt, pour une fois. A 3h10 il quittait le dépôt pour terminer sa tournée à 7h15, après avoir livré près de 400 journaux.

Pari tenu. Si Joseph était stressé c'était, tout d'abord pour ne pas décevoir Claude, qui lui faisait confiance, mais aussi parce qu'il avait le sentiment d'être quelque peu en observation. Depuis quelques temps, le gérant du dépôt ainsi que quelques porteurs questionnaient Joseph afin de savoir quelle partie de cette tournée il prenait en charge. Ce jour était "le" jour où il effectuait la totalité de la distribution. Sur cette tournée que certains considéraient comme difficile, Claude, à l'évidence bon pédagogue, avait privilégié la progressivité et choisi de "lâcher" Joseph un jour où les journaux étaient sensés arriver tôt et où il n'y avait pas de magazines à distribuer.

Par Joseph
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Vendredi 19 septembre 2008

Joseph appela Claude, son collègue de travail au journal (voir Nouvelle tournée du 2 septembre) et lui demanda son aide pour sortir les affaires du garde-meuble (voir Ils sont venus... ).

- Pas de chance ! je viens de remplir la voiture avec des prospectus. Il faut que je la vide. Il y a deux moyens : les distribuer ou les déposer quelque part
- Je vais t'aider à les distribuer, si tu veux
- D'accord ! Mais je ne crois pas que l'on pourra tout faire aujourd'hui et il est urgent que tu récupères tes affaires.

Rendez-vous fut pris et Joseph accompagna Claude dans la distribution des publicités diverses. Chacun avait un chariot rempli de papier. Claude laissa le plus pratique à Joseph. Il indiquait les boîtes à desservir puis, au bout d'un moment, se retrouvaient au coin d'une rue, ou d'une autre, pour continuer la tournée. Joseph dit à Claude :

- Je préfère cent fois les journaux aux publicités
- Moi aussi
- J'ai le dos en compote...

Ce manège dura quelques heures. Midi approchait. Dans un café, Claude offrit un sandwiche à Joseph. Celui-ci téléphona au garde-meuble pour dire qu'ils arriveraient à l'ouverture l'après-midi. Ensuite, ils déchargèrent le reste des publicités... sur le pas de porte de Catherine, à côté de la boîte aux lettres sur laquelle était peint "Pas de publicité". Cela les fit rire...

Claude et Joseph partirent pour le garde-meuble, chacun dans sa voiture.

 

Par Joseph
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Samedi 13 septembre 2008

Le samedi, en plus des journaux il fallait livrer le supplément télé et le magazine féminin, ce qui augmentait la charge de travail car il fallait mettre les trois publications les unes dans les autres. Jusque là, Joseph l'avait fait seul. Il arrivait plus tôt le matin et assemblait les magazines et programmes TV en attendant l'arrivée des journaux. Le reste, il le faisait dans la voiture, au fur et à mesure. Mais là, il était fatigué et ne connaissait pas encore bien la tournée. Alors, la veille, il avait dit qu'il allait prendre quelqu'un avec lui pour sa tournée du lendemain. Leila se proposa.

 

A deux heures du matin, Joseph et Leila se levèrent, se préparèrent rapidement pour se rendre au dépôt. Ils avaient préparé une partie des magazines quand les journaux arrivèrent. Une fois la voiture chargée, Leila était à l'arrière et encartait les publications avant de les poser sur le siège passager à l'avant. Joseph, lui, conduisait et livrait les boîtes. Le peu de place disponible dans la voiture obligeait Leila à effectuer de multiples contorsions,. Celles-ci ne lui permirent pas de se réchauffer mais réveillèrent ses douleurs de dos. Joseph, quant à lui, avait chaud non seulement à cause du chauffage qu'il avait mis pour Leila, mais du fait qu'il courait sans cesse. Tout se passa bien et ils finirent juste dans les temps, ce qui confirma à Joseph qu'il avait eu raison de prendre quelqu'un avec lui ce jour là.

 

La tournée finie, ils allèrent prendre un café bien mérité avant de rentrer. Si Leila était contente d'avoir pu se rendre utile, Joseph était ravi que Leila soit venue. Ainsi, ce travail nocturne ne resterait pas... obscur.

 

De même, Rose participa, elle aussi, à sa manière, en allant chez le dentiste, l'après-midi, alors que Joseph attendait en double file, afin de reproduire la clef permettant d'effectuer cette livraison (voir Porte close  du 10 septembre).

Par Joseph
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Jeudi 11 septembre 2008

Joseph se leva, péniblement, à 2h30. A trois heures, son petit déjeuner avalé, il coupait le moteur de sa Volvo dans la cour du dépôt. Il prit rapidement connaissance des modifications du jour :

 

Le dentiste (voir Porte close  du 10 septembre) est passé en "postal". Cela devait arriver. A part un nouveau client, rien de particulier. Il reporta les modifications sur son carnet de route et rejoignit les autres. Ils attendirent. Le temps passait. Depuis le début de la semaine, les journaux arrivaient très tard et la grogne s'installait chez les porteurs. Ce travail, qui ne permettait pas vraiment de nourrir une famille, était considéré par tous, porteurs et entreprise, comme un travail d'appoint. Nombreux étaient ceux qui prenaient leur "vrai" travail vers huit ou neuf heures après la distribution. Les retards répétés les mettaient dans un profond embarras. Ce jour là, le retard dépassait les limites acceptables.

 

L'un des porteurs dit "On ne va pas distribuer les journaux ! Il faut leur faire comprendre". S'en suivit une discussion rapide qui aboutit à la décision d'un vote. En fait le vote n'eut pas lieu, les uns et les autres se consultant mutuellement. Plus qu'un vote, ce fut un consensus. Un porteur vint à Joseph :

 

-          Tu portes les journaux ?

-          Je suis remplaçant, ce qui veut dire que je n'ai aucune protection. Si je ne porte pas les journaux, ce n'est même pas la peine que je me présente demain, je serai remplacé.

-          Oui, c'est vrai. Tu es remplaçant. C'est différent.

-          Néanmoins, je trouve la cause légitime. Si la majorité décide de ne pas distribuer les journaux, je n'irai pas non plus. Tant pis.

 

Puisque c'était la tournée de Claude, Joseph estima qu'il se devait de le tenir au courant des décisions qu'il prenait. Il lui envoya alors un sms.

 

Il y avait deux "tournées" de journaux. La première, arrivant par petite fourgonnette, comportant un nombre réduit de paquets, qui correspondait aux tournées les plus longues et les plus urgentes, celles partant le plus tôt. La seconde, amenée par camion, avec le reste des journaux. Les porteurs de la première tournée avaient été rejoints par ceux de la seconde. Les véhicules de la quarantaine de porteurs s'entassaient comme ils pouvaient dans le parking pourtant assez conséquent.

 

Une fourgonnette entra sur les chapeaux de roue et tenta de se frayer un chemin jusqu'au quai de déchargement. C'était le patron du dépôt qui arrivait avec la première tournée. Prévenu par son adjointe, il descendit furieux de la camionnette, hurlant à plusieurs reprises : "Que ceux qui ne portent pas les journaux s'en aillent ! Qu'ils libèrent le parking ! Ceux qui ne distribueront pas seront remplacés demain !". L'un des porteurs lui répondit : "On pose les journaux !". Personne ne bougea.

 

"On pose les journaux !"... Joseph ne fut qu'à moitié surpris de cette expression qu'il découvrait. Il avait une amie travaillant à la "compo" d'un autre grand quotidien qui utilisait l'expression "poser les clous". Joseph avait compris qu'il ne s'agissait nullement d'un geste de bricoleur mais plutôt d'un "débrayage sauvage", réaction vive du personnel lorsque la direction leur faisait subir un préjudice trop important. Cela se traduisait par un retard dans la sortie du journal, ou même par l'absence de sortie de l'édition. Cette réponse à la direction, qui peut sembler incroyable au commun des travailleurs (nécessité d'un préavis de grève, etc...) était rendue possible par la toute puissance du syndicat du livre. Depuis pas mal de temps, les groupes de presse oeuvrent pour réduire cette puissance qui, aujourd'hui semble bien amenuisée. Néanmoins, certains usages ont la vie dure, la preuve !....

 

Habituellement, dès que la camionnette arrivait, les porteurs de la première tournée, dont faisait partie Joseph, se précipitaient pour la décharger, trier les paquets de journaux et partir au plus vite. Ce jour là, c'est seul, le patron déchargea la camionnette, sous le regard des porteurs. Personne ne bougea. Il continuait de hurler !... Dans la lumière blafarde de l'entrepôt, tous restèrent plantés là, les mains dans les poches, à le regarder se rompre le dos, comme s'ils n'étaient pas concernés par ce qu'il faisait.

 

Finalement, le patron céda et réveilla un responsable du quotidien afin d'obtenir la promesse d'une réunion dans la matinée. Les porteurs décidèrent de livrer les clients.

 

C'est avec deux heures de retard que Joseph quitta l'entrepôt. Il fit son maximum mais ne put rattraper qu'une demi-heure et termina à neuf heures, épuisé, après avoir "subi" les rentrées des classes et autres encombrements. C'est à ce moment qu'il eut la surprise de voir une fourgonnette s'immobiliser devant lui. Claude en descendit. Il faisait partie des "anciens" chez les porteurs. Avant de quitter son poste pour cause de désaccord avec le patron, c'était lui son adjoint. Ils discutèrent rapidement de ce qui s'était passé. Claude lui dit : "Je suis entièrement d'accord avec toi. Tu as très bien fait. D'un autre côté, rassure-toi, ils ne t'auraient pas virés car on ne t'aurait pas laissé tomber ".

 

Sur ce... Joseph n'aspirait qu'à une chose : dormir. Il rentra.

 

Par Joseph
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Mercredi 10 septembre 2008

C'est toujours bien d'avoir un nouveau client, puisque l'on est payé au nombre de journaux distribués.

 

Ce matin, Joseph devait livrer... son dentiste. Le "passe PTT" tourna bien dans la serrure mais la porte resta désespérément close. L'immeuble comportait deux parties. Comme Joseph disposait de la clef de l'autre partie, il l'essaya sans plus de succès. Il chercha ensuite s'il pouvait atteindre les boîtes aux lettres à partir de l'autre porte, en empruntant une quelconque partie commune (jardin, couloir de cave,...) mais dut se rendre rapidement à l'évidence : Pas de solution. Il en avisa le responsable du dépôt.

 





Plus tard dans la matinée, Joseph retourna sur les lieux, un journal sous le bras, afin de trouver une solution. Pas de chance !... C'était le jour de repos du dentiste. A cette heure avancée de la matinée, il pénétra sans problème dans l'immeuble au moyen de son "passe PTT". Trouvant le numéro du syndic et l'appela :

 

-          Bonjour, je suis le porteur de journaux et j'ai un problème pour pénétrer dans l'immeuble

-          Il y a une horloge

-          Serait-il possible de modifier l'horaire afin que je puisse livrer ?

-          Non ! C'est hors de question. Il faut vous arranger avec votre client : Ils nous demandera une clef  et vous la remettra.

-          Bon. Merci beaucoup. Je vais le contacter directement.

 

Faute de mieux, Joseph laissa le journal dans la boîte aux lettres et repartit.

Par Joseph
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Mercredi 10 septembre 2008

Les journaux arrivèrent très en retard, à quatre heures. Joseph fit sa tournée le plus vite qu'il put. Dans un immeuble, le journal qui lui restait en main, à la fin, lui indiqua qu'il avait oublié l'une des nombreuses boîtes de ce bloc. Son "passe PTT" ne fonctionnait pas à cet endroit et il ne put ouvrir le mur de boîtes pour vérifier. Laquelle avait été oubliée ?... Il se dit qu'il n'avait d'autre solution que d'attendre le lendemain, lorsqu'il recevrait la réclamation...

 

Il finit sa tournée pile à l'heure.

Par Joseph
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Mardi 2 septembre 2008

Il faut croire que son travail convenait, car le dépôt appela Joseph, ce jour là, pour un nouveau remplacement. Joseph accepta, bien sûr. Ses seuls soucis : Ne pas trop faire travailler ses tendons, à cause du traitement en cours qui pouvait provoquer une rupture de tendon d'Achille (voir C.H.U.  du  27 août) et de la Volvo qui se plaignait à chaque virage. Il fallait que Joseph trouve l'argent pour acheter du liquide de direction assistée, avant que tout n'explose...

Par Joseph
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Mardi 26 août 2008

Deux heures. Se levant péniblement, Joseph avait mal partout mais la fièvre était tombée. Pas de café ce matin. Un chocolat chaud et du lait froid. Deux tartines de confiture à la fraise, pour le sucre. Il ne demanda l'assistance de personne et partit distribuer les journaux, comme à l'accoutumée.

 

Son état n'était pas excellent, mais l'absence de fièvre faisait la différence... Il compta même ses journaux à la fin, rangea les invendus dans son coffre et s'offrit le luxe d'ôter les "coiffes" et les sangles en nylon jetées à l'arrière de la voiture pendant son travail.

 

Joseph se sentit très fatigué toute la journée. Il pensait que son blocage intestinal exerçait une pression excessive sur les urètres et donc que s'il pouvait régler le premier problème, l'eau qu'il buvait en abondance règlerait le second. Il ne régla ni le premier ni le second.

 

Tout compte fait, il se rendit compte qu'à part la fièvre, le reste ne s'était pas amélioré. Le sang qu'il urinait ne le rassura pas.

Par Joseph
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Lundi 25 août 2008

Il était deux heures du matin lorsque Joseph se leva pour sa tournée de journaux. Il avait froid. Il avait eu froid toute la nuit, très froid. Titubant, il alla prendre un café. Son bas-ventre le faisait souffrir. Joseph se demanda comment il pourrait travailler.

 

Il enfila une veste en laine puis... une seconde puis... sa parka et descendit difficilement les escaliers. Une fois dans la voiture, il claquait des dents. Péniblement il mit en route et se rendit doucement au dépôt, le chauffage à fond.

 

-          Oh ! ça n'a pas l'air d'aller

-          ... Non!... Pas terrible !...

 

Plusieurs porteurs remarquèrent son état. Il chargea ses journaux et partit dès que possible.

 

Ces derniers temps, il avait pris l'habitude d'adapter sa tournée en fonction de ses heures de passage : En fait, certaines portes restent bloquées jusqu'à une heure donnée (seule la méthode des essais et des erreurs lui avait "donné" l'heure du "sésame"). Si Joseph voyait qu'il risquait de devoir attendre, il distribuait le journal à certains clients plus tôt, histoire d'attendre utilement. Cela supposait, bien sûr de se souvenir au bon moment, dans le feu de l'action, que telle boîte avait déjà été servie. Il en avait près de trois cents chaque matin et ce n'était pas si évident qu'il n'y paraît. Joseph décida, ce matin là, de ne pas changer une virgule à la tournée définie. "Dans l'état où je suis, je serai incapable de me souvenir. Et puis, si je n'y arrive pas, que quelqu'un doit reprendre la tournée au vol, il faut que je respecte l'ordre exact" se dit-il. De toute façon, il se traîna et n'eut pas de risque d'arriver trop tôt... Un vrai calvaire !...

 

Il s'arrêtait dès qu'il pouvait pour tenter de soulager sa vessie, trois gouttes douloureuses à la fois. Il avait mal partout, sa tête tournait et plusieurs fois il faillit tomber. Il s'accrochait, voulant mener son travail à son terme. Il avait parfois des moments de découragement. Vers trois heures et demies, il envoya un sms à Leila "Suis pas bien... Froid, mal, vertiges. T'aime", comme pour dire "s'il m'arrive quelque chose tu sauras ce qui s'est passé". Ce n'était pas son habitude de se plaindre, mais là, il souffrait vraiment beaucoup. Finalement, il termina sa tournée juste dans les temps. Contrairement à son habitude, il ne compta pas ses journaux, laissa tout en l'état dans la voiture et rentra.

 

Après avoir monté péniblement les escaliers, il s'effondra à plat ventre, tout habillé, sur le canapé, mit des couvertures sur lui. Toute la journée, ce ne fut que fièvre, ruissellements de sueur. Il changea son T-shirt à plusieurs reprises et refusa d'appeler un médecin, persuadé que la fièvre allait passer. Il suffisait de rester bien au chaud et de se reposer. Il prit du Paracétamol, ne mangea pas et but beaucoup d'eau.

 

Le soir, Leila lui demanda s'il voulait qu'elle l'accompagne pour l'aider le lendemain. Rose le lui demanda aussi. Il répondit "je ne sais pas... Je ne le saurai que demain matin". Le soir il fut encore pris de violents tremblements de fièvre, au point que Leila le couvrit de tout ce qu'elle put trouver de chaud. Il finit par s'endormir.

Par Joseph
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Vendredi 15 août 2008

Pas pour tout le monde. Comme les autres matins, les journaux doivent être distribués. En fait seuls deux jours sont fériés : le 1er janvier et le premier mai. C'est la seule ombre à ce travail. Une occupation de chaque jour de l'année... ou presque. Pas de week-end, pas de vacances. Pour pouvoir avoir des jours de repos ou de vacance, il faut trouver un remplaçant. Pas si simple : il doit connaître la tournée. C'est là que Joseph trouve son travail.

 

Ce matin là, Joseph trouva une fiche de réclamation dans son casier. En ce moment, pratiquement chaque jour il y avait une erreur ou une omission. Il se souvint de la veille. Effectivement, c'était le jour du marché et un camion barrait la route. Il dut traverser la place par le parc de stationnement, se disant qu'il repasserait après. Il oublia. En fait, il le savait, ce n'est pas un, mais deux journaux qu'il avait oubliés. Il demanda au patron du dépôt :

 

-          Qu'est-ce que je fais ? Je leur mets aussi le journal d'hier ?

-          Oui, vous pouvez

 

Joseph commença sa tournée, plus doucement. Il ne voulait plus d'erreurs. Il vérifiait soigneusement chaque numéro. Certaines portes ne s'ouvrant qu'à partir d'une certaine heure, il avait été amené à modifier sa tournée et il ne suivait plus la liste dans l'ordre prévu. Dès lors, ce n'était pas si facile qu'il n'y paraît de vérifier qu'il était bien passé partout. Néanmoins, il fit très attention. Un moment, une 306 blanche passa rapidement à côté de lui. Joseph la vit passer au rouge. Il continua sa tournée. Quelques instants plus tard, la voiture s'approcha de lui, ralentit. Ils se dévisagèrent mutuellement. Deux jeunes types, cheveux très courts, en blousons de cuir étaient à l'avant. Ils passèrent lentement puis s'éloignèrent. Des flics, se dit Joseph. La veille il avait déjà croisé leur chemin. Ils étaient avec une autre voiture. Un gyrophare bleu éclairait la rue. Joseph continua sa tournée consciencieusement puis rentra. Avant de descendre de voiture, il reprit la liste et essaya de ce souvenir s'il avait déposé tous les journaux. Arrivé au 36, il eut un doute : A cette adresse, il faut en déposer deux dans la boîte et il craignait de n'en avoir mis qu'un. Il compta le nombre dont il devait se défaire ce jour là. Vérification faite, il manquait un journal. Il alla déposer l'exemplaire manquant au 36, devant lequel il avait croisé les flics.

 

Par Joseph
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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