Publicité

Argent

Vendredi 12 septembre 2008

Rose se plaignait sans cesse de son dos. Il faut dire que le lit d'appoint sur lequel elle dormait n'était pas de bonne qualité. C'est le moins que l'on puisse dire. Les lattes du sommier pliable se détachaient sans cesse, au point que Rose finit par mettre le matelas par terre. Rapidement, la mousse de faible densité s'était aplatie et la housse du matelas était dans une phase de mutation, semblait-il, au vu de l'aspect moutonneux, nuageux, brumeux qu'elle prenait.

 

Joseph et Leila décidèrent de trouver un matelas pour Rose.

 

Titi avait grandi. A présent, il remplissait largement le petit lit d'Océane. Il était grand temps de changer de gabarit de lit.

 

Joseph et Leila décidèrent de trouver un matelas pour Rose.

 

L'exiguïté de la pièce les orienta vers des lits superposés. Une visite à Conforama leur donna une indication sur la somme à débourser : 300 à 400 Euros... Joseph se dit qu'il faudrait qu'il porte encore pas mal de milliers de journaux pour y arriver. Il avait son amende à payer (voir Défaut de contrôle technique  du 31 juillet), le plein de la voiture à faire et n'osait même pas penser aux 500 Euros que les impôts allaient lui réclamer ni à ce qu'il devait à son avocate. Mais bon !... Il était prioritaire que les enfants puissent dormir correctement.

Par Joseph
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 23 août 2008

La veille, Joseph avait obtenu de son employeur un document attestant son travail comme porteur de journaux. Ce document n'était pas indispensable mais devait permettre de faciliter l'accès à un logement.

 

Ce matin là, Joseph fit une demande sur internet et obtint une acceptation pour un passeport "Loca-Pass".

 

Arrivé à l'agence, l'entrevue fut brève :

 

-          Bonjour, je viens pour retenir un logement

-          Vous l'avez visité ?

-          Oui. J'ai tout préparé.

-          Avez-vous des garants ?

-          "Loca-Pass"

-          Il nous faut des garants physiques... impérativement.

-          Pourtant, les garanties offertes...

-          Non !... C'est impossible sans garants physique.

 

Joseph partit...

Par Joseph
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 21 août 2008

Hier soir, Joseph et Leila ont trouvé un logement pouvant correspondre (à peu près) à ce qu'il faudrait, du moins sur le plan du loyer.

 

Joseph appela l'agence ce matin :

 

-          Nous sommes intéressés par ce logement

-          Vous travaillez en CDI ?

-          Non, en CDD et interim. Je peux bénéficier de la garantie Loca-Pass pour la caution et les loyers.

-          Les propriétaires préfèrent une personne physique.

-          Pourtant, ils garantissent sur une durée de trois ans à concurrence de dix-huit mois de loyer.

-          Oui... mais... non.

 

C'est sûr que ni Joseph ni Leila ne pouvaient compter sur leurs familles pour apporter une quelconque caution.

 

Joseph eut envie de pleurer. Il venait de tirer ses dernières cartouches. Encore une fois : Le mur.

 

Par Joseph
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 11 août 2008

Deux jours plus tard, Joseph avait son avance et son compte avait été approvisionné. Après avoir fait le plein, il se présenta au domicile des turcs, afin de s'acquitter de sa dette. Il sonna. Une femme lui répondit

 

-          C'est pour quoi ?

-          Je viens régler mes dettes, c'est pour le gazole

 

La femme téléphona puis dit :

 

-          C'est bon, vous ne nous devez rien

-          Mais... Si !... J'y tiens !... Vous m'avez sorti d'affaire quand j'étais en difficulté, c'est déjà très gentil de votre part, vous n'allez pas en plus payer mon carburant.

 

La femme insista, Joseph aussi. Finalement, elle prit ce que Joseph leur devait. C'était très important pour lui de rembourser sa dette, dès lors qu'il avait dit qu'il le ferait. Il se promit de continuer à glisser un "TV" et un magazine dans leur boîte tant qu'il le pourrait.

 

Par Joseph
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 9 août 2008

Le soir, Joseph alla jusqu'au distributeur automatique de sa banque, afin de voir si de l'argent était arrivé sur son compte. Pas encore ! Il aurait dû lui parvenir la veille. La situation était critique, car le lendemain il devait faire sa tournée et n'avait pratiquement plus de carburant. Son jerrican avait déjà été vidé. Il envoya un s.m.s. à Marcel, qui portait les journaux, comme lui, mais n'eut pas de réponse.

 

Passant devant une entreprise de plomberie, il vit le nombre important de véhicules. Il sonna.

 

-          Excusez-moi, je sais que ma démarche peut paraître bizarre, mais j'ai un problème. Je porte les journaux le matin et espérais que mon compte serait approvisionné hier, mais toujours rien. Je ne pourrai pas faire ma tournée car je suis pratiquement à sec. Je pourrai demander une avance demain, mais à cette heure là, seules les pompes à cartes seront ouvertes, mais je n'ai pas de carte. Pourriez-vous me dépanner de dix litres de gazole ?

-          Attendez, il faut que je demande à mon frère.

 

Le jeune turc alla chercher son frère, à qui Joseph expliqua de nouveau son problème. Finalement, ils décidèrent de l'aider.

 

Le premier des frères emmena Joseph jusqu'à près de chez lui. Joseph prit sa voiture et ils se rendirent de conserve jusqu'à la station à carte la plus proche. Le frère mit pour vingt Euros de carburant, soit pratiquement quinze litres, puis lui souhaita une bonne soirée

 

-          Mais, vous n'avez même pas mon nom, ni un numéro de téléphone

-          Je crois que vous êtes honnête

-          Je vous remercie beaucoup pour ce que vous faites.

 

Joseph sortit le "TV" et le magazine qui lui restaient de sa tournée et le donna au frère. "Ce n'est pas grand chose, mais..." ajouta-t-il.

 

Chacun rentra chez soi.

 

Par Joseph
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 7 août 2008

Ce matin, Gabriel, l'un des petits fils de Carla a accepté du facteur un recommandé provenant de la D.R.D.A.S.S. destiné à Joseph. On lui annonce que la commission de médiation lui refuse un logement et l'invite à se rapprocher de l'Armée du Salut.

 

Un tel hébergement ne correspondait pas du tout à la vie de famille sereine qu'il souhaitait. Avait-il le choix ? Il ne put s'empêcher de penser à ce qu'il avait entendu au sujet de certaines structures d'accueil :

 

  • La première fois, ils étaient tenus par Sylvie, son ex-femme, qui disait que certaines personnes profitaient de leur situation de pouvoir pour abuser de la situation de faiblesse des plus démunis. A l'époque, Joseph écouta et se dit deux choses : Sylvie exagérait peut-être ; Il ne fallait pas généraliser, même si l'attitude de quelques uns portait le discrédit sur les autres. Les faits rapportés se situaient à Dijon.
  • Annette, une amie de Joseph, connaissant le responsable de l'Armée du Salut à Reims, lui avait recommandé Leila. Une fois sortie de son entrevue, celle-ci raconta à Joseph comment s'était passée le rendez-vous. Une secrétaire avait d'abord dû intervenir pour que l'un des bénéficiaires cesse d'importuner Leila. Le responsable lui-même avait tenté d'embrasser Leila de force dans son bureau. Par la suite, il appela Leila plusieurs fois afin de lui donner rendez-vous ou de lui proposer une ballade dans les bois. Cela dura jusqu'à ce que Leila le dise à Annette. Leila n'était pas au courant de ce que Sylvie avait vécu à Dijon
  • Dans les banques alimentaires, Leila et Joseph côtoient des personnes hébergées dans cette structure. Selon leurs dires, il s'y passerait des choses... qualifiées de "bizarres", surtout lorsque l'on est une femme.

 

Joseph ne se voyait non plus pas recevoir sa fille Océane dans un tel lieu.

 

Quel dommage que Gabriel ait pris ce recommandé. Cela privait Joseph de quinze précieux jours, alors qu'il cherchait les garanties lui permettant d'accéder à une location dans le secteur privé. En effet, il avait trouvé des propositions abordables, avec l'A.P.L.. Là encore, il sentait qu'il entrait dans un cercle vicieux :

 

  • L'agence proposant ces logements ne pouvait l'inscrire sans un garant. Elle lui avait conseillé un organisme spécialisé.
  • L'inscription dans l'organisme en question ne pouvait se faire tant que le logement n'était qu'un "projet"

 

Joseph douta du déblocage de la situation d'ici le soir.

 

Par Joseph
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 17 mai 2008

La veille, Joseph n'avait pas eu le temps de s'occuper de la voiture. Une fois rentré, il s'était reposé un peu puis, l'après-midi avait été complètement occupé à faire la queue avec Leila dans les deux banques alimentaires où il s'approvisionnait.

 

Le matin, Leila lui demanda d'aller récupérer sa carte de retrait qui avait été avalée par le distributeur quelques jours auparavant. Joseph se rendit à la banque. Malgré l'heure tardive, celle-ci venait juste d'ouvrir. Ils avaient eu un problème et les portes s'étaient bloquées. Les employés de la banque avaient commencé leur travail avec deux heures de retard. Joseph parvint au guichet, mais on lui répondit que si la carte avait été avalée suite à trois erreurs de code, ce n'était pas la peine de la récupérer car elle était "grillée". Lorsque Leila avait ouvert son compte, l'employée de banque avait insisté pour que Joseph ait une procuration, mais celui-ci ne voulut pas. Du coup, Joseph dut retourner chercher Leila afin d'établir une procuration, de recommander une carte et de retirer un peu de liquide.

 

L'après-midi, Leila et Rose partirent en ville pour faire quelques courses. Joseph les déposa puis rentra coucher Titi. C'est seulement lorsqu'elles furent de retour que Joseph partit à la recherche de la voiture qu'il avait accidentée la veille. Il la retrouva. La conductrice déchargeait des plantes de son coffre. Joseph se présenta et s'excusa pour son retard à se manifester, lui expliquant que lors de l'accident il devait finir sa tournée rapidement. La femme lui dit : "Ne vous en faites pas, je suis assurée tous risques et j'ai déjà téléphoné à mon assurance, ils prennent tout en charge sans franchise. Ce n'est pas la peine d'établir un constat". La conductrice le remercia pour son honnêteté. Joseph lui laissa néanmoins son numéro de téléphone, au cas où il y aurait une complication, puis l'aida à porter ses plantes. Soulagé, il rentra.

Par Joseph
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus