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Famille

Vendredi 19 septembre 2008

Le soir, Pauline, la femme de Bertrand, les accueillit. Un accueil très chaleureux. Un peu une famille que Joseph n'avait jamais eue. Un repas, nombreux autour de la table : Joseph, Leila et les enfants trouvant une place auprès de Bernard, Pauline et tout ou partie de leurs trois grands fils Matéo, Jérôme et Nico. Tout le contraire de Catherine qui mangeait au salon avec sa mère, "les autres" mangeant à la cuisine. Une chambre avait été accordée à Rose, une autre à Joseph, Leila et Titi.

Joseph et Leila désiraient que cet hébergement soit d'une durée aussi courte que possible. Non qu'ils soient mal dans cette famille, au contraire, mais Joseph comme Leila ayant déjà, chacun de son côté, eu l'occasion d'héberger des amis dans la détresse, avait conscience du lourd fardeau qu'ils représentaient pour cette famille.

Les enfants étaient plus heureux que chez Catherine : Rose s'était précipitée sur internet, Titi sur la console vidéo que... Joseph découvrait aussi, n'en ayant jamais eu lui-même...

Cette chaleur réconforta tout le monde après une journée difficile.

 

Par Joseph
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Vendredi 19 septembre 2008

Entre temps, Joseph avait pris un nouveau rendez-vous chez un médecin. Il lui avait expliqué la situation en précisant que, s'il désirait qu'il examine Rose et Titi, il désirait également des certificats médicaux précisant leur état.

Tous les quatre se rendirent au rendez-vous. Le médecin examina Rose et conclut à une grippe intestinale. Quant à Titi, il constata un début d'irritation au niveau de la zone opérée la semaine précédente et changea le traitement. Pour finir, il établit les certificats demandés.

Joseph et Leila déposèrent les enfants chez Bertrand.

 

Par Joseph
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Vendredi 19 septembre 2008

Carla n'en revenait pas.

- Ton coup de téléphone... je croyais que c'était une blague
- Je ne plaisanterais pas avec cela
- Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas assez grand pour vous loger, parce que l'on est déjà en surnombre, mais vous aurez toujours à manger ici.
- Merci Carla

Joseph et Leila racontèrent leur matinée pendant le temps du repas puis prirent congé.

 

Par Joseph
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Vendredi 19 septembre 2008

Joseph était rentré, fatigué, de sa tournée et s'apprêtait, après un bon café, à aller se reposer une heure ou deux. Leila lui dit :

- Rose a été malade toute la nuit
- Je vais prendre rendez-vous chez le médecin

Dès huit heures, Joseph essaya de joindre son médecin habituel. Encore une fois, un message remplaçait le praticien : "En cas d'urgence avant demain 16 heures, veuillez contacter le 15...". Encore les urgences...

- On va changer de médecin. Pas qu'il ne soit pas bon, mais il n'y a jamais moyen de le joindre quand on a besoin de lui
- D'accord

Il chercha dans l'annuaire un cabinet médical et prit rendez-vous pour la fin de matinée. Il finissait à peine de téléphoner que l'on sonna à la porte.

Rose vint lui dire :

- Il y a des gens qui te demandent
- Qui çà ?
- Je ne sais pas. Il y a la dame de l'autre fois.

 

Par Joseph
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Mercredi 20 août 2008

Hier, Joseph reçut un courrier de son avocate. Celle-ci lui indiquait que l'expulsion par les forces de l'ordre devait intervenir avant le 1er septembre... Joseph savait que sa recherche de logement devait être de courte durée et cette nouvelle ne changea rien à ses objectifs. Mais cela ne fit qu'ajouter un peu plus de stress, un peu plus de découragement dans cette course à la montre. Se lever à deux heures du matin pour aller travailler, en se disant qu'à son retour il trouverait peut-être les flics devant la porte et tout le monde dehors était carrément pénible.

 

Par ailleurs, son avocate lui transmit que sa soeur Catherine demandait à Joseph de remettre la porte en peinture.  Elle avait fait une déclaration à son assurance et disait en assumer les frais. "Et puis quoi encore ? Elle nous met à la porte et voudrait économiser la main d'oeuvre sur mon dos ?" s'exclama Joseph. En plus, Joseph n'était même pas sûr de pouvoir faire face aux frais immédiats liés au changement de toit, alors pour ce qui était d'avancer de l'argent à sa soeur, c'était simplement inimaginable. Sa soeur n'avait qu'à faire effectuer le travail par une entreprise, puisque, en fait, tout était pris en charge par son assurance.

 

Joseph continua de contacter les agences immobilières à la recherche d'un logement à un prix accessible. Ce matin, il visita un logement et le propriétaire se fit tirer l'oreille pour ce qui est de la garantie, car même assurée par un organisme, ils hésitent. Ils voudraient louer un bien, le plus souvent en piteux état, à des personnes ayant un CDI en poche, un garant extérieur et un très bon salaire. Joseph se dit que s'il avait un si bon salaire, il ne visiterait même pas ce genre de logements. D'après une agence immobilière, certains propriétaires demandent même que le loyer soit réglé par le garant, celui-ci se faisant rembourser par le locataire. Peu importe ! Cela ne découragea pas Joseph qui n'avait d'ailleurs pas d'autre solution s'il voulait éviter un éclatement complet dans des foyers.

 

Par Joseph
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Vendredi 1 août 2008

Vers 18 heures, un seau en plastique descendit les escaliers pour finir sa course dans la porte de la pièce où travaillait Joseph. Un bruit plus sourd et plus mat se fit entendre ensuite. Il se leva rapidement, ouvrit la porte et vit Leila couchée en travers de l'escalier, les jambes recroquevillées, la tête sur un marche, contre le pilier autour duquel tournait l'escalier. Montant les quelques marches qui le séparaient de Leila, il lui demanda :

 

-          Tu m'entends ?...

-          Oui...

-          Où as-tu mal ?

-          Ma tête...

 

Le visage de Leila ne laissait plus paraître que quelques zones exemptes de sang, tant celui-ci coulait. Joseph reprit : "Je ne vais pas te laisser là. Je vais t'aider à aller t'allonger en bas". Puis appelant : "Rose !... Descends et déplie le matelas en bas... vite !... Titi !... Tu restes en haut".

 

Rose passa dans l'escalier et dit "Il y a du sang jusqu'en haut". Passant son épaule sous l'aisselle de Leila, Joseph l'aida à se relever, doucement. Plus en la portant qu'en la soutenant, Joseph l'amena sur le matelas à présent déplié et la coucha sur le dos. Il alla chercher un gant de toilette mouillé et une serviette, nettoya rapidement le visage de Leila et entreprit une compression simultanément sur les deux plaies frontales, ce qui arracha des gémissements à Leila. Joseph continua néanmoins. Dans le même temps il chercha d'autres blessures. Les cheveux, trempés de sang et la main occupée à la compression ne permirent pas de déceler autre chose. Le nez ne saignait pas, les oreilles non plus. Le pouls, bien que plus faible que d'habitude, était normal et n'était pas "filant". Il demanda une nouvelle fois :

 

-          Où as-tu mal ?

-          Ma tête...

-          C'est tout ?

-          Mon dos...

-          Où ?

 

Leila lui montra les reins. Quoi qu'il en soit, elle bougeait les bras. Pour ce qui est des jambes, c'était moins évident.

 

-          Je vais appeler le 15

-          Non ! Je ne veux pas

-          Désolé ! Tu es trop amochée pour que je prenne le risque. J'appelle le 15.

 

Tandis que Rose allait chercher son téléphone, il continua :

 

-          As-tu des nausées ?

-          Un peu.

 

Rose revenue, Joseph lui demanda son aide pour essayer de tourner Leila en position de sécurité, mais les douleurs crâniennes l'en dissuadèrent et Joseph laissa Leila sur le dos, se disant qu'il faudrait une présence permanente pour dégager rapidement les voies respiratoires en cas de besoin.

 

Joseph appela le 15. Les pompiers étaient déjà en chemin lorsqu'on passa le médecin à Joseph. Il indiqua tout ce qu'il avait fait et constaté. Le médecin lui dit "C'est parfait. Vous avez fait tout ce qu'il fallait faire".

 

Joseph demanda à Rose d'attendre à la porte. La compression avait bien fonctionné et Leila ne perdait plus de sang. Joseph était couvert du sang de Leila. Cela lui rappela le jour où il emmena sa fille Océane aux urgences après qu'elle fut mordue par son chien Procop. Il profita donc de ces quelques secondes pour se laver très sommairement et changer de T-Shirt.

 

Trois pompiers entrèrent. Joseph fit un rapide tour de la situation. Ils s'inquiétèrent surtout pour la colonne vertébrale et décidèrent de passer Leila par la fenêtre de la pièce, puisqu'elle était au rez-de-chaussée. Se souvenant encore bien de ses cours de secourisme, Joseph savait que pour franchir l'obstacle il fallait être quatre. Il proposa donc ses services, puis joua les "petites mains" en les aidant à apporter le matériel nécessaire au transport d'une personne présentant une fracture de la colonne. Après l'avoir mise sous oxygène, ils prirent le temps de discuter pour choisir la méthode la plus sûre pour sortir Leila de là. Ils furent très professionnels. Ils optèrent pour une coquille rigide ensachée dans une enveloppe gonflable pour bien maintenir Leila. Entre temps, deux autres pompiers arrivèrent. C'est à six que le franchissement d'obstacle fut effectué sans encombre.

 

Joseph demanda à Rose de s'occuper de son frère et de changer le drap maculé de sang. Il prit sa voiture et arriva aux urgences en même temps que l'ambulance. Leila fut admise de suite.

 

Joseph fit les formalités d'entrée puis attendit comme on le lui demanda. Une heure trente plus tard, il n'avait toujours pas de nouvelles. Ayant vu entrer ce qui semblait être un accidenté de la route : Couverture de survie, perfusion, stimulateur cardiaque, masque à oxygène et teint terreux de la victime, cela n'étonna pas Joseph.  Tout semblait indiquer la nécessité d'une intervention immédiate. Ce fait fut confirmé par la suite. Pendant ce temps il vit sur une télévision l'annonce de la série "N.C.I.S." sur une télévision et se dit qu'il ne la verrait sans doute pas. Joseph et Leila aimaient bien cette série, du fait des caractères aussi opposés que bien typés des différents acteurs. Il discuta également avec un arabe amené par la police suite à une rixe et qui attendait depuis un moment que quelqu'un le recouse. Joseph, après lui avoir offert un cigare, visiblement trop fort, essaya de lui faire voir les choses autrement, lui disant qu'il n'avait qu'à s'imaginer que tout s'était déroulé une heure plus tard et qu'il venait seulement d'arriver aux urgences, puis plaisanta un peu avec la victime, car, à voir la plaie on aurait dit qu'il s'était fait mordre. Joseph lui suggéra "J'avais pensé que vous vouliez et elle non, qu'elle vous a mordu, le baiser de la mort, en quelque sorte...". Le gars rit un peu, avant de grimacer car rire lui faisait mal. Oups !... Décidément, l'enfer est vraiment pavé de bonnes intentions... Il s'abstint de lui saper le moral en lui disant qu'ils allaient sans doute devoir le raser avant de le recoudre. Cela lui rappela à nouveau son passé aux urgences : une incursion au CHU de Laon, alors qu'après avoir été mordu au bras par Procop, ils lui firent douze points de suture à vif sans anesthésie. Joseph fit également honneur aux bouteilles d'eau fraîche laissées à disposition. Une aubaine pour Joseph qui n'avait toujours rien en poche. Pourquoi ne fait-il pas très chaud en permanence se dit-il.

 

Plus tard, Joseph put enfin rejoindre Leila. Ils descendirent alors pour quantité de radios : tête et colonne vertébrale.

 

Finalement, aucune fracture ne fut décelée et c'est vers 23 heures qu'ils quittèrent les urgences. Leila assise sur un fauteuil, une minerve autour du cou, poussée par Joseph qui essaya de la dérider en faisant semblant de vouloir courir les 24 heures du Mans en fauteuil.

 

Lorsqu'ils rentrèrent, les enfants dormaient. Joseph prépara une omelette avant un repos bien mérité. Comme on le lui avait demandé, toutes les trois heures, il réveilla Leila afin de vérifier qu'aucun symptôme alarmant n'apparaissait. Tout semblait normal, hormis les douleurs inévitables.

Par Joseph
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Lundi 26 novembre 2007
Lettre avocate
Le 26 novembre, Joseph reçut un appel de son avocate. Catherine, sous couvert de contrôle technique voudrait récupérer sa voiture. Joseph lui répondit que le contrôle était prévu pour le 9 décembre et non pour le 1er comme le disait Catherine. Son avocate lui envoya un courrier de confirmation.
 
20071201-RARAnneVoiture.jpg Le 1er décembre, Joseph recevait une lettre recommandée de Catherine :
 
Joseph téléphona au garage qui indiqua qu'effectivement sa soeur avait appelé, mais que le plus simple aurait été que l'on se donne tous rendez-vous au garage, car seule Catherine pouvait signer l'ordre de réparation. 



Joseph se dit qu'il allait procéder comme demandé, sans plus. Il fallait qu'il se mette en quête d'un autre véhicule.
 

 

 

Par Joseph
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Samedi 22 septembre 2007
 
 
Sorti de sa garde à vue, Leila et Joseph décidèrent d’aller discuter avec Carla. Lorsque Joseph eût fini d’exposer sa journée, Carla lui dit :
 
-         Pourquoi n’essaierais-tu pas de joindre ton père ?
-         Parce qu’il s’en moque.
-         Crois-tu ? Pourquoi dis-tu cela ?
 
Joseph raconta alors son histoire avec son père :
 
–—
 
De retour de la maternité, lors de ma naissance, ma mère est rentrée seule dans le nouvel appartement familial.
 
Le rituel quotidien
 
Médecin gynécologue, il rentrait le soir à huit heures. Son premier travail : se servir un verre à moutarde plein d’apéritif. Ensuite il remplissait la baignoire et y lavait sa chemise en nylon, puis l’accrochait à un fil, juste au dessus.
 
Après cela il s’éclipsait dans ‘sa pièce’, sorte de capharnaüm, sale et poussiéreux, dans laquelle avaient été montées en épi, transformant l’espace en une sorte de « U », des étagères en métal, couvertes de livres sur les différentes guerres. Une vieille penderie en bois sombre dans laquelle étaient pendus ses costumes et vêtements militaires, suivie d’un armoire en plastique dont les petites fleurs cachaient chemises, puis, enfin, une armoire en contreplaqué imitation chêne, la seule qui fermait à clef, où des piles de papiers à l’équilibre incertain recouvraient de temps à autre des objets aussi divers qu’un poignard portant la croix gammée, un appareil à prendre les mensurations du crâne – son père lui expliqua que les allemands s’en servaient pour repérer les juifs -, une paire de forceps, une croix de guerre allemande, des médicaments et d’autres choses aussi inattendues que variées. Depuis la guerre d’Algérie, la fenêtre donnant sur la rue avait été recouverte d’un papier collant destiné à éviter les éclats de verre dans le cas de l’éclatement d’une bombe. Les volets étaient perpétuellement fermés depuis cette époque. C’était la seule fenêtre des trois qui donnaient sur la rue qui bénéficiait de cette protection. Rien n’a bougé aujourd’hui, comme si la guerre faisait toujours rage. Devant la fenêtre, un valet en acajou portait le costume que mon père mettrait le lendemain. Un grand casier métallique avec trois étages de casiers suspendus, remplis de papiers prolongeait l’étagère, juste en face du valet. Au dessus, une boîte en bois contenant des fiches, chacune concernant une personne. Les renseignements portés, n’avaient rien de médical. Il y avait même une photo de femme posant nue, l’amie d’un industriel de la Ruhr, semblait-il. Sur le mur opposé aux armoires, des photos : Mon grand-père paternel, en uniforme, l’air sérieux, puis une autre avec ma grand-mère, ma sœur et moi-même. Aucune photo de ma mère. Là encore, plein de papiers et d’objets divers se battaient pour conquérir un petit espace sur ce qui devait être un bureau. Dans le fond, un lit d’une place.
 
Lorsque mon père ne se retirait pas dans son antre, c’est qu’il voulait parler à ma mère, d’un papier qu’il venait de recevoir concernant la maison, d’un problème médical – ma mère était médecin également -, ou de tout autre problème familial ou domestique qu’il refusait généralement d’assumer.
 
Le moindre problème, la moindre contrariété le mettait en colère. Il criait, giflait ma mère, claquait les portes. Quand il était au mieux de sa forme, il cassait la vaisselle ou la jetait par la fenêtre de la cuisine, toujours ouverte le soir. Eclair de lucidité de ma mère pour en préserver les carreaux ? Les crises les plus fortes se produisaient lorsque l’apéritif manquait pour son deuxième verre à moutarde.
 
L’heure de passer à table arrivait vite. Mis à part les échanges techniques du genre « passe-moi le sel » ou les commentaires de mon père, c’est la télévision qui faisait la conversation. Après le repas, je devais aller me coucher.
 
Le lendemain matin, je me levais et, tandis que je préparais mes affaires pour aller en classe, mon père s’activait dans la salle de bains de longs moments. L’odeur d’eau de Cologne emplissant le couloir donnait le signal pour accéder à la salle d’eau. Parfois mon père nous déposait, ma sœur et moi sur nos lieux d’études, mais la plupart du temps il partait au travail. Je ne le revoyais plus avant le soir.
 
Le week-end
 
Le week-end, le rythme était légèrement différent. Mon père faisait une courte apparition entre midi. Là encore, apéritifs, mais pas le cérémonial de la chemise, évidemment. Les discussions à table étaient un peu plus riches, mon père parlant généralement de gens qu’il connaissait, de photos qu’il avait faites à Saint-Trop’, ou d’autres merveilles de sa vie. Le menu était invariablement poulet frites, suivi par des éclairs au chocolat. Puis mon père retournait travailler.
 
Je l’admire pour ce courage qui l’animait : travail sept jours sur sept. Je plains son infirmière, qui était en même temps ma marraine. Je ne voyais celle-ci qu’au plus une ou deux fois par ans, par la vitre baissée de la voiture de mon père. C’est sans doute ce surcroît de travail qui faisait que cela se passait toujours en coup de vent, dans le garage au sous-sol, moteur tournant. Elle me remettait une enveloppe avec un billet pour Noël ou mon anniversaire. Je faisais alors la bise à la maîtresse de mon père en lui disant « Merci marraine ». Je remontais, ils repartaient.
 
Les vacances
 
La période des vacances arrivée, mon père partait près de Saint-Tropez, dans une maison qu’il avait faite construire à ma marraine. Il donnait de l’argent, juste ce qu’il fallait, à ma mère pour que nous partions à la mer ou à la montagne. Invariablement, nous allions à Valloire, dans les Alpes, où Victorio se comportait comme ‘père’ avec moi, ou à Golfe Juan sur la côte d’azur. Toujours aux mêmes endroits.
 
Son sens des responsabilités
 
Comme tous les jeunes, il arrive un jour où je désirai faire du patin à roulettes ou du vélo. La réponse de mon père fut pour ma mère : « Pas question. Et s’ils en font et qu’il leur arrive quelque chose, ce sera de ta faute !... ». C’est ma grand-mère, sa propre mère, qui nous en fit faire, en cachette lorsque nous allions chez elle. Même réponse pour la luge, le ski, le patin à glace, la natation. Si j’ai pratiqué ces sports, ce n’est sûrement pas grâce à mon père. Jamais je ne suis allé nager avec mon père. C’est mon parrain qui m’emmena à la piscine quelques fois, le matin de bonne heure. J’en garde un souvenir ému, car lui s’est occupé de moi, du moins plus que mon père.
 
Pour le judo et l’aïkido, ce fut différent. Cela se passait dans le contexte scolaire, alors mon père ne dit rien. La seule surprise désagréable qu’il eût à cause de cela arriva alors qu’il voulait m’infliger une correction. Comme toujours, en pareil cas, il dit « les mains derrière le dos ». Je m’exécutai. La gifle partit mais n’arriva point : Il passa par-dessus ma tête. Ce devait être la dernière correction
 
Médecin, il m’a laissé à l’abandon sur le plan médical
 
Mes parents étaient médecins, mais je crois que j’ai été plus mal soigné que la plupart des gens. Contrairement à ma sœur qui a été suivie et même appareillée, j’ai atteint l’âge de dix huit ans sans avoir jamais vu un dentiste. Cela ne tient pas au fait que mes dents soient parfaites, loin de là. Elles sont de travers et se chevauchent largement, ce qui rend leur nettoyage problématique. De tous temps, j’en ai fait un complexe. De ma vie, je n’ai jamais osé rire de peur que l’on voie mes dents, tellement elles me font honte. Tout au plus, je souris, en essayant de ne pas écarter les lèvres. C’est mon professeur d’allemand, en sixième, qui fit remarquer à mes parents que je voyais mal.
 
Un raciste inconditionnel
 
A cela, je pourrais ajouter un problème de frein trop court, qui ne me permettait pas d’avoir de relations sexuelles. Mon père s’est toujours opposé à ce que l’on m’opère. La raison invoquée était qu’il ne voulait pas que son fils ait un caractère racial juif. En effet, il a toujours été raciste et, pendant toute ma jeunesse, j’ai été éduqué dans la haine de ces ‘nègres’, ‘youpins’ et autres ‘bougnoules’. Il disait à ma mère que c’était de sa faute. Sa belle-mère ne se prénommait-elle pas Marthe ? C’est juif çà !... Mon père ne dut me parler qu’une fois de son frère, mort-né je crois … Elie.
 
Ce ‘petit rien’ qui a perturbé ma vie
 
La première fois qu’une jeune fille me demanda de faire l’amour avec elle, sachant que je n’étais pas opérationnel, j’inventai une histoire à dormir debout pour excuser mon impuissance. Le lendemain, elle me quitta. J’aimais cette fille et en fus très meurtri. Hors de moi, en colère contre mes parents, je pris moi-même rendez-vous pour me faire opérer. Il y eut une autre conséquence qui me poursuit encore aujourd’hui. J’ai inconsciemment associé impuissance à perte de l’être aimé. Il n’y a pas si longtemps que j’ai compris d’où ce sentiment venait, mais même le sachant, lorsque je tombe amoureux, ma hantise est de ‘ne pas tomber en panne, car je risque de perdre l’être cher’. Evidemment, cette crainte ne fait que renforcer le risque et pratiquement à chaque fois, j’ai des difficultés au début.
 
La seule passion de mon père : ‘la parade’
 
Mon père a une passion : l’armée. J’ai vu une fois des petits carnets qu’il remplissait, lorsqu’il était jeune, avec des dessins d’uniformes, des bras avec des galons, les forces en présences dans différents pays, et autres renseignements collectés et représentés avec beaucoup de soin. Mon père aurait voulu faire Saint-Cyr. La seconde guerre mondiale éclata et, école militaire, Saint-Cyr fut fermée sous l’occupation allemande. Afin de ne pas partir au Service du Travail Obligatoire, il entreprit ses études de médecine. C’est à cette époque qu’il épousa ma mère, pas vraiment par amour, dit-elle, mais plutôt par dépit, ayant du mal à oublier la condisciple qui l’avait repoussé au lycée.
 
Après la guerre, il garda cette passion pour l’armée et monta un véritable arsenal : fusils Lebel, pistolets automatiques, révolvers, poignards, sabres et épées. De temps à autres, il sortait une pièce de sa réserve et me la montrait. Il organisait parfois, des séances de tir à la carabine à plomb – une « Diana » - dans le couloir. C’est à lui que je dois ma connaissance des armes. C’est la seule chose qu’il m’a apportée. Quand j’avais une dizaine d’années, je dormais parfois dans ‘sa’ chambre, en fait la salle à manger. Cette pièce possédait une double porte avec de part et d’autre un lit simple. Cela faisait très longtemps que mes parents faisaient chambre à part. Au milieu de la pièce, la longue table et, derrière, la télévision. Le long d’un mur, un meuble à portes dans lequel se trouvait la chaîne hi-fi : un vieux tourne disques « topaze » avec un plateau de la taille de 45 tours, relié à une vieille radio à lampes. Parfois, j’avais droit aux « incorruptibles », mais, le plus souvent mon père me faisait écouter sa musique favorite « Tiens ! Voilà du boudin… » ou « Aïe ! Dis aïe Oh ! ». Ecoute religieuse interrompue par quelques commentaires admiratifs. Il admire particulièrement l’armée allemande, pour sa discipline, mais par recoupement avec d’autres ‘fétiches’ qu’il conserve, je préciserais l’armée nazie.
 
Un jour, il se rendit compte qu’il pouvait prendre du galon comme officier de réserve. Il alla donc assister à des conférences, ce qui lui permit d’accumuler de précieux « points ». Plus il avait de points et plus il avait de chances d’avoir un « témoignage de satisfaction ». Pour augmenter ce nombre de points, il s’inscrivit au C.A.P.I.R. – Centre Air de Perfectionnement et d’Instruction des Réserves - de Villacoublay. Il s’y entraînait au tir, et participait à des courses d’orientation. Un soir, il rentra très fier avec ses beaux galons tout neufs. Trois « barrettes » !... Et là, quelque chose me surprit. Il ouvrit la fenêtre et les posa sur le rebord, en les lestant d’une pierre. Devant ma perplexité, il expliqua qu’il ne voulait pas avoir l’air d’un tout jeune capitaine, alors, il ternissait ses galons. A cette époque, je l’accompagnais parfois aux séances de tir ou pour les parcours d’orientation.
 
Plus grand, il me conseilla de faire une préparation militaire, ce qui me parut être un choix judicieux pour passer mon temps sous les drapeaux de la façon la plus intéressante possible. Dans le même temps, j’avais rencontré celle qui devait devenir ma première femme. Fille de commandant, ce fut une sorte de consécration pour mon père.
 
Après mon service, effectué comme officier, je me mariais au cercle militaire. Puis, parfois plusieurs fois par an, j’effectuais des périodes dans mon unité. Là, les choses commencèrent à changer. Nos points de vues étaient divergents. Il voulait que je fasse des périodes non soldées pour obtenir des « points », de ceux qui vous permettent de gagner des galons. Je considérais, pour ma part, que c’était un job dans l’armée dont je m’acquittais pour faire mon devoir mais qu’il n’y avait aucune raison de le faire gratuitement. Une autre raison était que si je refusais de me faire payer, les frais de déplacement suivaient le même régime. Donc, non seulement je devenais bénévole mais il fallait que je paie le trajet, long, mais les frais liés à ma résidence sur la base. Je fis le calcule et lui dit un jour « Pour passer capitaine… Sais-tu combien il faut que je paie ? Désolé, mais il y a des gens très bien qui on fait la révolution en 1789 et les grades ne s’achètent plus comme à une certaine époque. »
 
Me considérant comme un raté, mon père me rejette
 
Pour lui, c’était la fin de son rêve, celui qu’il avait reporté sur moi. Je devenais un raté à ses yeux. Je n’eus plus alors que de rares contacts avec lui.
 
Je venais de rencontrer Fernande, qui deviendrait quelques années plus tard ma troisième épouse. Celle-ci désirait voir un concert de Mark Knopfler, son idole. Pour lui faire plaisir, j’envisageais d’aller à son concert. Sachant que mon père, toujours fourré à Saint-Tropez pour ses vacances, connaissait pas mal de gens dans le milieu du show business, je lui téléphonai, histoire de savoir s’il pourrait nous avoir de bonnes places, meilleures que celles que l’on aurait pu avoir normalement. Sa réponse fut brève « Tu n’es qu’un raté. Quand on n’a pas les moyens, on ne le fait pas ». Il raccrocha. Je restai médusé. Je ne lui demandais nullement de m’offrir des places de concert. Je téléphonai à des amis à Cannes, qui se firent un plaisir de me réserver deux places et de nous prêter leur maison sur la côte d’azur à cette occasion. Partant en Corse, ils ne seraient pas là.
 
Il rejette mon fils
 
A nouveau, je n’eus plus de contacts pendant plusieurs années, jusqu’à ce que je vienne travailler quelques mois sur Paris. Je travaillais la nuit, de vingt heures à cinq heures. A six heures du matin, Fernande me téléphonait car elle venait de se lever. Huit heures et les compresseurs étaient mis en marche pour le ravalement de la façade de l’immeuble, en cours à cette époque. Neuf heures, ma mère entrait dans la chambre et disait « Tu es encore au lit ? ». Il m’était très difficile de me reposer. Lorsque Raoul me téléphona pour dire
 
-         Papa, je vais avoir des vacances et je n’ai jamais vu Paris. Est-ce que je peux venir ?
-         Bien sûr
 
J’avais réfléchi rapidement. Si le jour je ne pouvais pas me reposer, autant lui faire visiter Paris. Raoul était le fils de Fernande. Après des débuts difficiles, il avait fini par comprendre que je le considérais vraiment comme mon propre fils. Le soir, par courtoisie, je dis à mon père :
 
-         Raoul va venir quelques jours, est-ce que cela pose problème ?
-         Il n’en est pas question. Ce n’est pas ton fils.
 
Je restais estomaqué. Sans s’être concertées, ma mère et ma sœur me firent la même réponse. Cette dernière ajouta même « Ce n’est pas ton fils… avec toutes ces histoires de pédophilie ». J’en étais abasourdi. Raoul était comme mon fils et ce que j’entendis m’écoeura. Je n’allai pas passer outre leur décision et dus rappeler Raoul. Je savais à présent où était ma famille : avec Fernande et Raoul. Je le leur dis.
 
Il cherche à casser mon ménage
 
Un samedi soir, je n’étais pas retourné retrouver Fernande dans l’Allier car je m’étais inscrit pour faire des heures supplémentaires le lendemain. Celle-ci téléphona. Mon père décrocha sans que je le sache. Ils restèrent deux heures au téléphone. Plus tard, Fernande appela de nouveau. Je décrochai. Elle me fit une crise de jalousie au téléphone à laquelle je ne compris rien, tout d’abord. Mon père lui avait raconté que je sortais tous les soirs pour aller m’amuser et boire. J’avais du mal à en croire mes oreilles. J’eus beaucoup de mal à expliquer à Fernande que, si je sortais le soir, c’est que je travaillais de nuit, ainsi que le stipulait mon contrat de travail et le prouvaient mes feuilles de paie. A bout d’arguments, je lui dis « Même si c’était vrai, crois-tu qu’un père dirait cela de son fils à sa belle-fille ? Alors demande-toi pourquoi il le dit. Peut-être a-t-il une motivation qui lui est propre. Je peux prouver ce que je fais, non ce que je ne fais pas ». Fernande ne fut pas calmée pour autant. Après le coup de téléphone, j’entrai dans la salle à manger. Attrapant mon père par le revers de son pyjama, je sortais les quatre-vingt kilos de fusiller commando de son lit et lui mis mon poing dans la figure lui disant ‘plus jamais tu te mêles de ma vie privée’. Le lendemain, il mettait un verrou sur la porte de la salle à manger et un autre sur la porte de ‘sa pièce’.
 
Fin des relations familiales
 
Je ne revis mon père qu’une fois, alors que j’étais de passage pour une nuit à Paris. Mon père vint voir mon chien, Procop. En août dernier, alors que j’avais demandé une réunion de famille sur un terrain neutre, à Paris, il ne daigna même pas se déplacer.
 
–—
 
Carla n’avait pas interrompu Joseph. Elle était comme pétrifiée et se contenta de dire doucement
 
-         Ce n’est pas un père
-         Comme je le dis parfois à Leila : ‘Toi, tu as perdu ton père alors que tu avais trois ans, mais ce n’est pas forcément mieux d’avoir son père, on ne peut même plus se bercer d’illusions’.
-         Et ton parrain, le vois-tu ?
-         Il est mort.
-         Tu m’as parlé également de quelqu’un dans les alpes
-         Il s’agit de Victorio, à Valloire, mais il est mort également.
-         Pourquoi dis-tu qu’il était comme ton père ?
 
Joseph raconta alors son histoire avec Victorio.
 
–—
 
A Valloire, j’admirais beaucoup Victorio, le maître de maison. Petit, trapu, solidement campé sur ses jambes courtes, les cheveux noirs, de type italien, il était charpentier ébéniste l’été, moniteur de ski l’hiver, chasseur et pêcheur. Lorsque je fus assez grand, dès que j’arrivais, l’été, je demandais après lui et me rendais immédiatement sur le chantier où il travaillait. Victorio m’apprenait alors les rudiments du métier comme : utiliser un ciseau à bois pour ôter la languette supérieure qui dépassait des bardages, planter des clous dans les chevrons. Je passais également beaucoup de temps dans l’atelier où mes petites mains essayaient de l’aider au mieux. Si je ne me servais pas de certaines machines-outils particulièrement dangereuses comme la toupie, j’en connaissais parfaitement le fonctionnement. Un vrai bonheur. A l’époque, les lois étant moins strictes, nous étions plus libres. De nos jours, ce serait impossible sans enfreindre une loi sur la sécurité ou le travail au noir ou que sais-je encore. Souvent, lorsque Victorio allait pêcher, je l’accompagnais le long des torrents une hachette à la main, pour extraire les vers des souches en état de décomposition ou sous les écorces. Bien qu’opposé à la chasse, je l’accompagnais lorsqu’il faisait ses sorties pour « repérer » les chamois qu’il convoitait. Nous partions de nuit et le début de la ballade se faisait, la plupart du temps à la lampe torche. Ce n’est que lorsque nous arrivions au chalets d’alpage, petites maisons en pierre au milieu des herbages, que le jour se levait, que les chiens de berger venaient nous escorter jusqu’au chalet. Souvent, arrivant au moment de la traite, nous y prenions un délicieux bol de lait chaud, mousseux et bien épais.
 
L’hiver, mon premier travail était de descendre à l’atelier, transformé en atelier de préparation de skis pour la saison, car cette famille pratiquait également la location de skis et de luges. J’allais dans la remise à skis et choisissais une paire à ma taille, puis la mettait sur la table et la préparais, fartage et réglage des fixations. Cela aussi Victorio m’avait appris à le faire. Je skiais avec lui le matin de bonne heure. Ma sœur nous accompagnait. Nous prenions la « benne de service », avec le personnel, et descendions les pistes avant que celles-ci ne soient ouvertes.
 
Un matin, en début de saison, la piste se présentait comme une alternance de poudreuse et de traces de « Ra-Tracks », c’est ainsi qu’ils appelaient les dameuses. Mes spatules entrèrent sous une croûte gelée et, au niveau des chevilles, je me retrouvais bloqué, brutalement. Je tombais de tout mon long dans la poudreuse. Il faisait encore nuit. Je me relevais difficilement et passais un moment à remettre mes skis, après avoir soigneusement retiré cette neige froide collante dans laquelle j’étais enseveli. Je repartis. Peu après, j’arrivais sur une grande bosse et décollais, entamant un saut assez long. J’étais en l’air lorsque j’entendis « clac », presque immédiatement suivi par un autre son similaire. Je venais de perdre mes deux skis, en plein vol. En début de saison, lorsque l’on commet encore des maladresses, il est d’usage de régler les fixations plutôt lâches, pour qu’elles « sautent » facilement. Là, j’avais peut-être exagéré… Je me plantai droit comme un « I » dans une énorme masse de neige. Déjà refroidi et fatigué par la première chute, je me laissai aller et restai sans bouger, avec une profonde envie de dormir. Victorio me rejoignit, me sortit de là, me mit sur ses épaules et regagna le bas de la piste, mes skis à la main.
 
Le reste de la journée, je skiais, seul ou avec d’autres jeunes savoyards, prenant à peine le temps de manger. La nuit venue, la plupart du temps, je passais des heures à la patinoire. Parfois, après manger, avec ses trois filles, son épouse, ainsi que ma sœur et ma mère, et parfois d’autres, nous sortions « en bande » en boîte de nuit, ou manger une fondue. C’était familial et bon marché, à l’époque. Souvent, quand Victorio sortait voir des amis, il m’emmenait avec lui.
 
Un jour, je me rendis compte que, dans une année, je passais plus de temps avec Victorio qu’avec mon propre père. Tout ce que je savais de la montagne, du ski, de la pêche, de la chasse, du travail du bois et du bricolage en général, et bien d’autres choses encore, je le devais à Victorio et à nul autre. Je me demandais ce que mon père m’avait apporté.
 
–—
 
Cela avait fait du bien à Joseph de parler ainsi de choses agréables qu’il avait vécues dans sa jeunesse, même si, du même coup, cela prouvait un peu plus que son père n’était qu’un fantoche.
 
Fatigué par toutes ces confidences, Joseph et Leila s’en repartirent. Pendant le trajet, Joseph ne parla pas, se recueillant devant ses souvenirs.
 
Par Joseph
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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