Le soir, Joseph alla jusqu'au distributeur automatique de sa banque, afin de voir si de l'argent était arrivé sur son compte. Pas encore ! Il aurait dû lui parvenir la veille. La situation était critique, car le lendemain il devait faire sa tournée et n'avait pratiquement plus de carburant. Son jerrican avait déjà été vidé. Il envoya un s.m.s. à Marcel, qui portait les journaux, comme lui, mais n'eut pas de réponse.
Passant devant une entreprise de plomberie, il vit le nombre important de véhicules. Il sonna.
- Excusez-moi, je sais que ma démarche peut paraître bizarre, mais j'ai un problème. Je porte les journaux le matin et espérais que mon compte serait approvisionné hier, mais toujours rien. Je ne pourrai pas faire ma tournée car je suis pratiquement à sec. Je pourrai demander une avance demain, mais à cette heure là, seules les pompes à cartes seront ouvertes, mais je n'ai pas de carte. Pourriez-vous me dépanner de dix litres de gazole ?
- Attendez, il faut que je demande à mon frère.
Le jeune turc alla chercher son frère, à qui Joseph expliqua de nouveau son problème. Finalement, ils décidèrent de l'aider.
Le premier des frères emmena Joseph jusqu'à près de chez lui. Joseph prit sa voiture et ils se rendirent de conserve jusqu'à la station à carte la plus proche. Le frère mit pour vingt Euros de carburant, soit pratiquement quinze litres, puis lui souhaita une bonne soirée
- Mais, vous n'avez même pas mon nom, ni un numéro de téléphone
- Je crois que vous êtes honnête
- Je vous remercie beaucoup pour ce que vous faites.
Joseph sortit le "TV" et le magazine qui lui restaient de sa tournée et le donna au frère. "Ce n'est pas grand chose, mais..." ajouta-t-il.
Chacun rentra chez soi.
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