Joseph termina son dossier de demande d’aide juridictionnelle, ce qui lui prit encore une bonne partie de la journée du lendemain car une dispute éclata avec Leila, de plus en plus inquiète, de
plus en plus irritable.
Finalement il put préparer une défense pour son audience du lendemain. Pour tout ce qui relevait du ‘réel’, il essaya d’apporter les arguments pour contrecarrer les accusations portées contre
lui. Pour le reste, il fit ce qu’il put. C’était sa parole contre celle de sa sœur. Il rédigea le dossier suivant :
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Assignation en référé – réponse du défendeur
Nature du litige (chemise 1)
En premier lieu, il s’agit de savoir ce que l’on juge :
- Un hébergement sans droit ni titre
- Un hébergement rémunéré sans bail, qui, équivaut à un bail de fait.
Le document n°1 n’est qu’une copie. L’original a été fourni à l’occasion de la procédure de divorce L./R. et pourrait donc être obtenue par votre Honneur. Ce document montre que Madame L.
reconnaît que l’hébergement n’est pas fait à titre gratuit.
Ce « loyer » semble peu élevé dans la région d e Reims. Encore faut-il savoir ce qu’il recouvre. Les photos jointes permettent à votre Honneur de s’en faire une idée.
En fonction de quoi, Monsieur L. demande l’application de l’article 62 de la loi du 09 juillet 1991 accordant un délai de deux mois au défendeur.
Ensuite, il y a lieu de rectifier, voire de montrer le caractère partial des « faits » rapportés par l’accusation
Situation initiale
Madame Catherine L est propriétaire d’une maison d’habitation sise à REIMS, 51100.
Monsieur Joseph L est le frère de la demanderesse.
Ensuite de son divorce en 2001, Monsieur L. a été accueilli par sa soeur.
Aucune objection
Domiciliation
Il s’est domicilié à cette adresse sans y résider de façon permanente notamment pour les besoins de la procédure de divorce.
Madame L. avait même accepté de lui faire une attestation d’hébergement.
Pour autant, il avait été convenu que cet hébergement ne pouvait être que provisoire et que le défendeur se mette à la recherche rapide d’un
logement.
Madame L. reconnaît que Monsieur L. n’a pas résidé de façon permanente chez elle.
Il est exact que Madame L. a accepté de faire plusieurs attestations d’hébergement à Monsieur L., notamment pour le renouvellement de sa CNI, de son passeport, de l’établissement d’une nouvelle
carte grise
Effectivement, Monsieur L. n’a pas résidé de façon permanente chez sa sœur, depuis 2001. De même, il s’est mis à la recherche rapide d’un logement :
- Reims, quartier Orgeval, avec Madame R. durant 9 mois
- Dans l’Aisne pendant 2 ans ½
- Strasbourg (7 mois)
- Triel sur Seine (6 mois)
Soit 43 mois ou près de 4 ans, ce qui montre bien que Monsieur L. n’a jamais eu l’intention de s’incruster chez sa sœur.
Accueil de Madame M.
Au mois de novembre 2006, Monsieur Joseph L, non content de profiter de la gentillesse de sa soeur, lui a demandé d’accueillir son amie Madame Leila M. et les
deux enfants de celle-ci.
Cet hébergement était une solution d’urgence et ne devait durer que quelques jours.
Il est exact que fin novembre Madame L. a accueilli Ces personnes. Madame M. ayant été agressée et étant menacée, est venue à REIMS. Il s’agissait d’une mesure d’urgence.
L’hébergement était effectivement provisoire et devait durer le temps de trouver un logement (et non quelques jours).
Recherche d’un logement
Monsieur L. et Madame M. ont ensuite fait croire à madame L. qu’ils procédaient à une recherche de logement tout en s’installant de plus en plus à son domicile
sans son autorisation et malgré ses protestations.
Faux. La recherche d’un logement est effective et soutenue. Afin d’accélérer les choses, monsieur F., Député à l’époque, a été contacté dès décembre 2006. Sans succès. Par la
suite, c’est madame R., de la mairie de Reims, qui a été sollicitée, et actuellement Madame M.. Les services sociaux également, tant ceux du quartier Croix Rouge que ceux de l’hôpital Maison
Blanche où les enfants sont suivis, du fait des conditions de vie précaires.
D’autre part, l’installation de Monsieur L. et de Madame M. n’a pas dépassé ce qui est décrit dans la partie « logement »
Moyens utilisé par Madame L. pour faire partir les occupants
Depuis lors, Madame L. tente par tous moyens de faire partir ces occupants sans droit ni titre de son domicile.
Exact. Tous les moyens ont été utilisés :
- Vol des jouets des enfants, de biens appartenant à Madame M. (bijoux, Coran), nourriture dans le
réfrigérateur, et même de l’urne contenant les cendres du chien de Monsieur L.
- Destruction de cadeaux offerts par Madame M. à Monsieur L. (tasses) ou l’inverse (nounours à la
tête tranchée. Destruction de la poule de Pâques achetée par la fille aînée
- Etc…
Tout cela fait que Monsieur L. et Madame M. ne désirent nullement rester au domicile de Madame L. S’ils y sont toujours c’est parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement et parce
qu’ils le désirent.
Evolution de la situation de Madame L.
Il convient de préciser à ce stade que Madame Catherine L. est atteinte en suite d’une grave maladie, d’une surdité quasi-totale et qu’elle exerce la profession
de professeur de mathématiques.
De ce fait elle a engagé des démarches pour changer de fonction professionnelle en raison de ce handicap à compter du mois d’octobre 2006.
Monsieur L. et Madame M. étaient d’ailleurs au courant de ces démarches.
Depuis le mois de février 2007, Madame L. a été nommée à mi-temps au CNED, elle y est enseignante à plein temps depuis le mois de mai dernier.
Elle se trouve depuis ce moment là dans l’impossibilité de reprendre une vie normale dans sa maison d’habitation qui a été investi par le défendeur.
Cette surdité n’est pas nouvelle. Tout cela est exact sauf la dernière assertion.
La seule pièce que Madame L. n’occupe pas librement est la chambre du bas (ancien débarras) où se trouvent les enfants. Madame L. n’a jamais occupé cette pièce. Madame L. occupe le reste de la
maison à sa guise et dispose :
- En exclusivité : de son bureau au premier étage et de trois pièces au second.
- En quasi-exclusivité, puisque Monsieur L., Madame M. et les enfants n’y vont que si la pièce est
libre :
o La salle de séjour où Madame L. prend ses repas, corrige ses
copies et regarde la télévision.
o La salle de bains, occupée une fois par semaine pour la
douche des enfants (1/2 heure au total)
A l’exception de la pièce du bas qui était un débarras, on ne peut dire que Madame L. ait perdu un centimètre carré de sa maison. S’il est vrai que Madame L. est chez elle et que le
défendeur est chez sa sœur, il est très abusif de dire que la maison a été « investie » par le défendeur.
Mois d’août
Au mois d’août 2007, Monsieur L. a franchi un degré supérieur dans son attitude.
Il a menacé de mort sa soeur, a commis des violences à son encontre et lui a également réclamé le versement de sommes d’argent importantes pour
partir.
Le défendeur ne refuse pas de partir. La question est qu’il ne le peut pas :
- Sans ressources actuellement (Arrêt maladie et perte d’emploi)
- Surendetté (dossier déposé à la Banque de France)
- Sans logement autre
Il n’a d’autre solution que la rue, le foyer ou la prison. Les foyers sont pleins (le défendeur a passé deux jours et deux nuits à la rue à la recherche d’un foyer) et le défendeur a préféré
aller en correctionnelle plutôt que de mettre quatre personnes dont deux enfants à la rue.
Les menaces de mort et autres ne sont que des accusations destinées à exclure le défendeur. Il est vrai qu’il a demandé l’aide de sa famille afin de résoudre le problème commun qu’il a avec sa
sœur : Celle-ci veut qu’il parte et lui-même veut partir. C’est sa sœur elle-même qui s’est opposée à cette aide et a même refusé toute tentative de médiation familiale engagée par le
défendeur et l’ARETAF.
A présent, les accusations rejoignent celles de la plainte déposée à l’encontre du défendeur qui devra en répondre le 23. Cette procédure en référé ne laisse que peu de temps pour développer plus
avant les réponses aux accusations. Celles-ci seront données de vive voix à l’audience, à la requête de votre Honneur.
Le défendeur ne désire pas rester chez sa sœur.
Il regrette le préjudice ressenti par sa sœur mais ne comprend pas son attitude hostile alors qu’il a toujours participé largement à la bonne marche de la maison, tant financièrement (du
moins quand il le pouvait encore), que par le ménage (effectué exclusivement par Madame M.) dans toutes les parties communes. Certes, il n’y a pas de bail, cela n’était pas prévu ainsi, mais Le
défendeur ne s’est jamais comporté comme le « parasite » décrit par l’accusation, au contraire. Il a demandé l’aide de sa famille pour le bien de sa sœur et de lui-même. Le défendeur ne
comprend pas pourquoi sa sœur a fait obstacle à cette démarche.
Le seul problème réside dans l’obtention d’un logement externe, recherché depuis plus de onze mois. Le défendeur vient seulement d’apprendre que son dossier n’était pas « classé
prioritaire ». Le défendeur essaie actuellement de faire pression sur les organismes logeurs en se servant des plaintes déposées contre lui. Il demande simplement un délai pour que cette
démarche aboutisse, et donc l’application de l’article 62 de la loi du 09 juillet 1991.
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