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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /2008 17:52

Après une semaine passée dehors, Joseph, Leila et les enfants revinrent au domicile de la soeur de Joseph.

 

Les premiers jours, Leila téléphona au 115 qui lui fournit des chambres dans des hôtels. Joseph emmenait la petite famille, l'installait, puis partait pour se loger ailleurs. En fait, il attendait la nuit et revenait dormir sur le canapé chez sa soeur. Au petit matin, il sortait, allait boire un café et partait récupérer tout le monde à l'hôtel.

 

Rapidement, ils se rendirent compte, en discutant avec les responsables des hôtels, que les services sociaux, tels des rapaces, se renseignaient sur eux chaque jour : Avaient-ils une chambre ? Y étaient-ils allés ? Puis le 115 ne fournit plus de toit. Joseph retira le peu d'argent qu'il avait et le dépensa en deux nuits d'hôtel pour Leila et les enfants. Finalement, ils purent rencontrer l'avocat qui leur dit :

 

-         Vous n'auriez jamais dû quitter le domicile de votre soeur. Les services sociaux n'attendent que cela pour vous prendre les enfants.

-         Mais, nous voulions respecter le jugement répondit Joseph

-         Depuis que le recours a été déposé, vous ne pouvez plus être expulsés, alors retournez tout de suite chez votre soeur.

 

C'était plutôt une bonne nouvelle, étant donné qu'ils n'avaient plus de toit et plus un centime. La vieille Volvo s'immobilisa, le soir même, devant le domicile de Catherine. Même si le voeu de chacun était d'avoir un vrai "chez soi", ce fut un soulagement de pénétrer dans cette maison.

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /2008 10:02
Et voilà... J-0... C'est l'hallali. Pas d'endroit pour entreposer le peu d'affaires que nous possédons, alors... La benne !
 
Tout à l'heure, nous sortirons. Nous monterons dans la vieille Volvo après y avoir entassé le maximum d'affaires, surtout pour les enfants. Je mettrai le moteur en marche. Je ne sais même pas pourquoi, en fait, car nous n'avons pas de destination. Disons que cela permettra d'avoir un peu de chauffage. De toute façon, il faut que l'on parte. Tout le monde se moque éperdument de ce qui peut arriver après.
 
Bien sûr tout n'a pas été dit sur ce blog, mais le temps presse, même si on se demande pourquoi, au fond, et puis, dans la rue, ce sera difficile de continuer. Alors, c'est, je crois, la fin du blog.
 
Un seul mot : écoeurement.
 
Merci à celles et ceux qui se sont donné la peine de le lire.
 

Par Joseph - Publié dans : Spleen - Communauté : Racontez-le moi !
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /2008 09:37

J-4

Et... même pas un garage où mettre les affaires en attendant quelque chose...
Par Joseph - Publié dans : Spleen - Communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 17:55

Joseph aida Leila à remplir le dossier de recours devant la commission de médiation du département de la Marne. Cette commission agit dans le cadre de la Loi DALO (Droit Au Logement Opposable), en vigueur depuis janvier. Les trois motifs du recours étaient :

 

-         Dépourvu de logement

-         Menace d'expulsion sans relogement

-         Aucune proposition de logement durant le délai "anormalement long" de 15 mois

 

 

Par Joseph - Publié dans : Justice - Communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 17:00
Il était 14 heures 30 quand Joseph déposa Leila. Elle allait à son deuxième rendez-vous dans ce foyer d'accueil.
 
Commença une longue attente dans la voiture. Il ne faisait pas très chaud. Titi était dans la voiture aussi. Il n'était pas allé à l'école car il était malade. Joseph voulut écouter un peu de musique mais la batterie de son mp3 était à plat. Il avait emporté un livre dont il ne lut que quelques lignes. Ses pensées étaient tournées vers la recherche d'un abri, en vain. Il avait toujours gardé espoir mais là... celui-ci l'abandonnait quelque peu. L'échéance arrivait et rien de concret ne se présentait.
 
Deux heures après, Leila revint. Elle avait l'air bizarre. Elle monta dans la voiture, sans un mot. Joseph ne dit rien et prit la route de la maison.
 
Un peu plus tard dans l'après-midi, elle fondit en larmes et commença à raconter son entrevue.
 
-         Jamais je n'irai là bas
-         Cela confirme ta première impression ?
-         Non, c'est pire. Alors que j'attendais, j'ai vu enlever les enfants à leur mère. Elle pleurait, courrait partout et appelait son fils : "Mathieu !... Mathieu !...". Deux assistantes sociales étaient là et emmenaient le jeune garçon. Ils dirent à la mère : "vous avez signé".
 
Après un instant, Leila ajouta
 
-         Tu avais raison (voir Merci les services sociaux  du 19 octobre 2007), ils ne peuvent enlever les enfants sans l'accord de la mère
-         Aussi, pourquoi a-t-elle signé ?
-         Une autre personne qui attendait me l'a dit. En fait, ils attendent qu'elle soit endormie et la piquent. Complètement assommée, la mère signe n'importe quoi.
-         Mais il s'agit de coups et blessures. Elle devrait aller au CHU faire constater la trace de piqûre et faire pratiquer une analyse toxicologique.
-         Ce ne serait pas possible, car on ne peut sortir du foyer comme on veut. Il y a des doubles portes et il faut que l'on t'ouvre.
 
Leila s'arrêta de parler un instant, et pleura.
 
-         Ils doivent en faire signer une autre demain. Je le sais, car lors de l'entretien, la responsable avec qui je discutais a reçu un coup de téléphone. Je faisais semblant d'être ailleurs et de ne pas m'intéresser à la conversation. Aucun nom n'a été prononcé. Elle a juste parlé de la Croix Rouge.
-         Ce peut-être n'importe quel service, car le foyer d'où tu sors est dans le quartier "Croix-Rouge".
-         C'est peut-être Madame Raptin, car la responsable m'a dit qu'elle travaillait avec elle. Elle disait "Non ! Elle n'a pas encore signé... Elle ne veut pas... Oui !... Il reste la dernière solution, mais je ne l'ai jamais fait, il faudrait me montrer... Je ne veux pas me planter...". Je ne supporterai pas que l'on me retire mes enfants
-         Je sais, ils ont déjà essayé à plusieurs reprises. Une mère qui voudrait laisser ses enfants à la DDASS n'aurait pas attendu de les avoir élevés pendant onze ans...
 
Joseph était écoeuré. Il retrouvait bien au travers de ces paroles, cet acharnement des services sociaux qu'il avait déjà constaté. Soit disant pour "aider" des personnes qui sont en situation difficile, des mères qui, la plupart du temps sont confrontées à un "simple" problème de disponibilité de logement à caractère social. Plutôt que de les aider dans leur quête, ils contribuent, par leurs pressions et même leurs menaces à les plonger dans la dépression. Leur solution "miracle" consiste alors à leur retirer leurs enfants, la chair de leur chair, le plus souvent, tout ce qu'il leur reste.  A l'évidence, cette femme avait signé, mais ce n'était pas sa volonté réelle. Elle avait donc, pour le moins, été poussée à le faire...
 
Ce que Joseph ne comprenait pas c'est... "Pourquoi" ? Des enfants de cet âge sont impossibles à faire adopter. Serait-ce une question d'argent ? Où vont les allocations dans ce cas ? Il ne savait pas. Non ! Il ne comprenait pas la motivation. Il y avait sûrement un aspect de la question qui lui échappait.
 
Joseph regretta de ne pas avoir une caméra qu'il aurait confiée à Leila. Les gens méritent de connaître l'existence de comportements aussi odieux.
 
Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 09:52

J-5

Dans cinq jours... L'expulsion, et toujours pas d'endroit où aller...
Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 09:48
Après des jours et des nuits, il revient en me disant : "Plus de place pour toi en moi".
 
Dites aux personnes qui m'ont blâmées,
Dites aux personnes qui m'ont blessée
Que mon coeur n'a pas supporté
Que mes yeux n'ont pas cessé
 
De parler sans paroles
Que ça suffit ce mal...
 
Je suis comme un oiseau qui n'a plus d'ailes pour s'envoler
Je suis comme un muet qui n'arrive plus à parler
Je ne peux exprimer le mal que j'ai
 
La nuit tombe, mes douleurs et mes peines se réveillent
 
Dites aux personnes qui m'ont fait tant de mal
Que mon coeur ne supportera plus la souffrance
Que celui qui est mort ne survivra jamais

Leila
Par Joseph - Publié dans : Spleen
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Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /2008 10:02
Sous l'impulsion de Carla, Joseph et Leila se rendirent au journal l'Union. Carla avait obtenu un rendez-vous avec un journaliste.
 
Dans le hall, la réceptionniste dit
 
-         Il vient de partir
-         Mais nous avions rendez-vous
-         Ce ne devait vraisemblablement pas être aujourd'hui
-         Difficile de se tromper : le rendez-vous a été pris ce matin pour cet après-midi
-         Peut-être l'a-t-il noté à un autre jour ? Il faudrait téléphoner ce soir.
-         Pourriez-vous nous dire quel jour il l'a noté ?
 
De mauvaise grâce, l'hôtesse téléphona à la secrétaire du journaliste puis dit :
 
-         Il n'a pas noté votre rendez-vous.
-         Regardez bien, s'il vous plait
 
L'hôtesse, s'adressant à la secrétaire dit "ils ne veulent pas me croire". Joseph dit alors "parce que c'est tout simplement incroyable !... Comment pouvez-vous affirmer cela, alors que vous ne nous avez même pas demandé nos noms".
 
Devant l'insistance, l'hôtesse leur annonça "Un autre journaliste va vous recevoir".
 
L'histoire sembla intéresser le journaliste qui prit simplement la précaution de dire "Je vais me renseigner auprès des différentes administrations, car il faut bien que j'effectue quelques vérifications". Joseph trouva cela tout à fait normal.

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /2008 09:57
C'est plein d'espoirs que Joseph et Leila attendaient cette entrevue. La chargée de mission arriva, accompagnée. "C'est une stagiaire" dit-elle simplement. Une fois dans le bureau, elle commença par demander des justificatifs de ressources que Joseph fournit. Puis elle dit
 
-         Vous êtes toujours locataire dans le Loiret
-         C'est exact
-         L'adjoint au maire m'a rappelé un texte de loi : On ne peut être locataire de deux logements avec l'aide de la C.A.F., alors je ne peux pas présenter votre dossier en commission, c'est la Loi !... C'est peut-être difficile à entendre mais je préfère être directe. Voici les adresses de foyers qui acceptent l'A.P.L. Précisez-leur bien qu'il existe un logement dans le Loiret afin qu'ils puissent faire le transfert.
 
L'entrevue se termina très rapidement.
 
Joseph et Leila sortirent, complètement abasourdis !...
 
Joseph ne comprenait pas pourquoi on "refusait", purement et simplement de présenter le dossier en commission. La raison invoquée le hérissait pour plusieurs raisons :
 
  • Tant que le nouveau bail n'était pas signé, il n'était pas "locataire" et n'entrait donc pas dans le cadre de cette Loi.
  • Si l'on appliquait cette Loi à la lettre, comme la chargée de mission le faisait, cela voulait dire que plus personne ne pouvait changer de logement sans passer par un foyer ou se retrouver à la rue.
  • Pourquoi les foyers pouvaient-ils, eux, accepter de nous fournir un logement ?
 
En fait, Joseph avait le sentiment d'assister à un détournement pur et simple de la Loi par les services sociaux. Il en était écoeuré...

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 09:50
Leila avait reçu une lettre de la mairie fixant une date d'audience au 5 février. Elle était pleine d'espoirs, se disant qu'enfin, un logement allait peut-être se débloquer. En effet, pourquoi la convoquer sinon.
 
Joseph, pour sa part, était plus réservé. Le message laissé sur son répondeur, pour annoncer cette entrevue précisait bien que c'était "Leila" qui avait rendez-vous. Alors que les démarches avaient été faites en commun, Joseph trouvait bizarre cette précision. Son impression se confirma dans le hall, lorsque l'on insista sur le fait que "Madame" avait rendez-vous.
 
Mais bon, peut-être était-ce une mauvaise impression, voilà tout. Quoi qu'il en soit, tous deux pénétrèrent dans le bureau de l'adjoint au maire. L'accueil fut frais...
 
L'adjoint commença : "Tous les organismes ont refusé votre dossier. Nous ne pouvons rien pour vous." puis, s'adressant à Joseph "D'ailleurs votre soeur m'a écrit, vous vous rendez compte !... Vous l'avez mise dehors !...". Joseph et Leila se regardèrent, complètement estomaqués... Soutenu par Leila, Joseph répondit simplement que c'était faux et qu'il n'avait jamais mis sa soeur dehors. Voyant cette résistance, l'adjoint modifia légèrement sa version en disant "Je n'ai pas lu cette lettre, mais j'en ai entendu parler", puis nous dit qu'il fallait contacter la chargée de mission au logement du quartier.
 
Prenant son téléphone, l'adjoint au maire prit rendez-vous pour le vendredi suivant. Durant la conversation, l'adjoint expliqua à Joseph :
 
-         Lorsque tous les organismes ont refusé, il faut contacter la chargée de mission pour passer en "C.L.D.", commission traitant les cas des plus démunis. 99% des gens qui passent dans cette commission se voient attribuer un logement.
-         Je suis d'accord, mais c'est vous qui m'apprenez, à l'instant, que tous les organismes ont refusé. Sur les trois, je n'ai qu'une seule réponse négative.
 
L'adjoint au maire se fit l'écho de la chargée de mission qui affirmait n'avoir jamais vu Joseph.
 
-         En effet, j'ai cherché à la voir en fin d'année dernière, lorsque j'ai reçu l'assignation au tribunal. M'étant rendu au Coral, que je réussis à faire ouvrir le matin, ils doivent s'en souvenir, j'ai appelé la chargée de mission de leurs bureaux, devant eux. Celle-ci m'a renvoyée sur l'assistante sociale, en guise de préalable. L'entrevue avec l'assistante sociale fut quelque peu froide, car elle était venue avec une collègue en vue de "placer" les enfants, plutôt que de nous soutenir dans la recherche d'un logement. Je n'ai donc pas eu de rendez-vous avec la chargée de mission au logement.
-         En effet, elle se souvient de votre appel
 
L'entrevue se termina rapidement avec un rendez-vous en fin de semaine. Malgré le mauvais accueil, Joseph sortit avec de l'espoir : Il allait enfin voir la chargée de mission au logement afin de déposer leur dossier pour la prochaine commission qui devait avoir lieu le 3 mars.
 
Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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