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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /2008 18:31

Le soir, Joseph alla jusqu'au distributeur automatique de sa banque, afin de voir si de l'argent était arrivé sur son compte. Pas encore ! Il aurait dû lui parvenir la veille. La situation était critique, car le lendemain il devait faire sa tournée et n'avait pratiquement plus de carburant. Son jerrican avait déjà été vidé. Il envoya un s.m.s. à Marcel, qui portait les journaux, comme lui, mais n'eut pas de réponse.

 

Passant devant une entreprise de plomberie, il vit le nombre important de véhicules. Il sonna.

 

-          Excusez-moi, je sais que ma démarche peut paraître bizarre, mais j'ai un problème. Je porte les journaux le matin et espérais que mon compte serait approvisionné hier, mais toujours rien. Je ne pourrai pas faire ma tournée car je suis pratiquement à sec. Je pourrai demander une avance demain, mais à cette heure là, seules les pompes à cartes seront ouvertes, mais je n'ai pas de carte. Pourriez-vous me dépanner de dix litres de gazole ?

-          Attendez, il faut que je demande à mon frère.

 

Le jeune turc alla chercher son frère, à qui Joseph expliqua de nouveau son problème. Finalement, ils décidèrent de l'aider.

 

Le premier des frères emmena Joseph jusqu'à près de chez lui. Joseph prit sa voiture et ils se rendirent de conserve jusqu'à la station à carte la plus proche. Le frère mit pour vingt Euros de carburant, soit pratiquement quinze litres, puis lui souhaita une bonne soirée

 

-          Mais, vous n'avez même pas mon nom, ni un numéro de téléphone

-          Je crois que vous êtes honnête

-          Je vous remercie beaucoup pour ce que vous faites.

 

Joseph sortit le "TV" et le magazine qui lui restaient de sa tournée et le donna au frère. "Ce n'est pas grand chose, mais..." ajouta-t-il.

 

Chacun rentra chez soi.

 

Par Joseph - Publié dans : Argent - Communauté : Solidarités
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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /2008 18:29

Ce matin, Joseph s'est levé plus tôt que les autres jours. Il était au dépôt à 2 heures 30. Attendant l'arrivée des journaux, il prépara les suppléments à l'édition du samedi. Quelques 300 magazines TV à insérer dans les magazines féminins. A 3 heures 30, il quittait le dépôt et commença une tournée plus longue que d'habitude car, tout en effectuant la distribution, il devait insérer les magazines dans les journaux.

 

C'est vers 7 heures 30 qu'il faisait entrer, à grand peine, les nouvelles fraîches dans la dernière petite boîte. A ce moment, quelqu'un l'interpella :

 

-          Monsieur !... C'est vous qui vendez les journaux ?

 

Joseph se retourna et vit une petite sexagénaire fluette, en pyjama rose.

 

-          Non, Madame, je ne vends pas de journaux, je les distribue aux abonnés, simplement.

 

Il avait répondu ainsi car souvent des gens auraient voulu que Joseph leur vende un journal directement. Cela ne l'aurait pas dérangé mais comme ses journaux étaient comptés, il risquait fort de ne plus en avoir assez pour les abonnés qu'il devait livrer.

 

-          Mais je n'ai pas eu mon magazine TV

 

Comprenant qu'il s'agissait d'une abonnée, Joseph se ravisa.

 

-          Ah ! Excusez-moi ! Dans ce cas, c'est bien de moi qu'il s'agit. Avez-vous regardé dans le magazine féminin ?

-          Ah !... Non !... Euh !... Je vais vérifier.

-          A quel numéro êtes-vous ?

-          Au 33

 

Aussitôt, le petit haricot rose se lança vers sa maison. Joseph se rendit compte alors qu'elle avait dû parcourir près de 100 mètres au pas de gymnastique pour récupérer un "TV". Il remonta dans sa voiture et fit une marche arrière. Ils arrivèrent ensemble au 33. Une boule "canari" attendait sur le pas de la porte. Joseph descendit de voiture et alla vers le couple.

 

-          Bonjour Monsieur. Normalement, le "TV" devrait se trouver dans le magazine féminin.

-          Ah !... Effectivement !... D'habitude ils sont séparés.

-          Je comprends, mais souvent, le samedi les porteurs partent à deux, le second préparant les journaux pendant la distribution. Etant seul, j'ai regroupé les magazines pour gagner du temps pendant le trajet.

 

Puis ils échangèrent quelques banalités et Joseph rentra, sa tournée terminée. Il sourit en repensant à cette image : Une sexagénaire courant au milieu de la rue en pyjama rose, pour récupérer son "TV". Elle contrastait avec son mari, plus pataud, mais également adepte des couleurs vives. En lui-même, Joseph remercia ce couple de lui avoir donné un peu de gaieté alors que la fatigue commençait à peser sur sa démarche.

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /2008 18:28

Décidément, le racisme se porte bien. Aujourd'hui encore, la porte a été bombée par dessus les posters. Le texte n'est pas vraiment compréhensible. Ce n'est pas le cas pour la porte des voisins où l'on peut lire très clairement "sale noir". Ils ont porté plainte, eux aussi, mais la police a sûrement mieux à faire. Quoi qu'il en soit, cela commence à "agacer"...

 

Par Joseph - Publié dans : Racisme - Communauté : Solidarités
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /2008 18:26

Ce matin, Gabriel, l'un des petits fils de Carla a accepté du facteur un recommandé provenant de la D.R.D.A.S.S. destiné à Joseph. On lui annonce que la commission de médiation lui refuse un logement et l'invite à se rapprocher de l'Armée du Salut.

 

Un tel hébergement ne correspondait pas du tout à la vie de famille sereine qu'il souhaitait. Avait-il le choix ? Il ne put s'empêcher de penser à ce qu'il avait entendu au sujet de certaines structures d'accueil :

 

  • La première fois, ils étaient tenus par Sylvie, son ex-femme, qui disait que certaines personnes profitaient de leur situation de pouvoir pour abuser de la situation de faiblesse des plus démunis. A l'époque, Joseph écouta et se dit deux choses : Sylvie exagérait peut-être ; Il ne fallait pas généraliser, même si l'attitude de quelques uns portait le discrédit sur les autres. Les faits rapportés se situaient à Dijon.
  • Annette, une amie de Joseph, connaissant le responsable de l'Armée du Salut à Reims, lui avait recommandé Leila. Une fois sortie de son entrevue, celle-ci raconta à Joseph comment s'était passée le rendez-vous. Une secrétaire avait d'abord dû intervenir pour que l'un des bénéficiaires cesse d'importuner Leila. Le responsable lui-même avait tenté d'embrasser Leila de force dans son bureau. Par la suite, il appela Leila plusieurs fois afin de lui donner rendez-vous ou de lui proposer une ballade dans les bois. Cela dura jusqu'à ce que Leila le dise à Annette. Leila n'était pas au courant de ce que Sylvie avait vécu à Dijon
  • Dans les banques alimentaires, Leila et Joseph côtoient des personnes hébergées dans cette structure. Selon leurs dires, il s'y passerait des choses... qualifiées de "bizarres", surtout lorsque l'on est une femme.

 

Joseph ne se voyait non plus pas recevoir sa fille Océane dans un tel lieu.

 

Quel dommage que Gabriel ait pris ce recommandé. Cela privait Joseph de quinze précieux jours, alors qu'il cherchait les garanties lui permettant d'accéder à une location dans le secteur privé. En effet, il avait trouvé des propositions abordables, avec l'A.P.L.. Là encore, il sentait qu'il entrait dans un cercle vicieux :

 

  • L'agence proposant ces logements ne pouvait l'inscrire sans un garant. Elle lui avait conseillé un organisme spécialisé.
  • L'inscription dans l'organisme en question ne pouvait se faire tant que le logement n'était qu'un "projet"

 

Joseph douta du déblocage de la situation d'ici le soir.

 

Par Joseph - Publié dans : Argent - Communauté : Chroniques du temps présent
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Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /2008 18:29

Quelques jours auparavant, une voisine les avait abordés pour parler des tags sur la porte. Cette personne était choquée et s'adressa à Joseph :

 
- Pourquoi ne les effacez-vous pas ? Cela ne doit être bon ni pour le moral, ni pour les enfants.
- Pour ne pas avoir de problèmes avec ma soeur, j'attends que l'expertise de la porte ait eu lieu
- Peut-être pourriez-vous mettre des posters par dessus
- Ce n'est pas une mauvaise idée.
- Ne pensez-vous pas que ce soit votre soeur elle-même qui les ait faits ?
- Je ne sais pas. Je n'accuse personne. C'est en effet une possibilité.
 

La conversation continua encore, Leila et la voisine échangeant des considérations sur les gens racistes. L'idée n'était pas mauvaise et Leila entreprit de couvrir les inscriptions de posters. Certes, Joseph n'aurait jamais fait de publicité pour ces idoles pour enfants, mais comme le dit Bertrand, passant devant la maison, "ce n'est pas plus mal". Rose, quant à elle, était ravie...

 

Ce matin là, Joseph sortit à trois heures du matin pour aller chercher les journaux au dépôt. Quand il ouvrit la porte, il fut écoeuré.


Visiblement, ces idoles n'étaient pas du goût de tout le monde...


Joseph parti effectuer sa tournée. Une fois rentré, il ne dit mot et alla prendre la porte en photo. Plus tard, Leila et les enfants eurent un choc lorsqu'ils découvrirent le spectacle navrant.


Leila resta prostrée un moment en murmurant "jamais je ne serai tranquille... jamais je ne serai tranquille". Puis elle arracha les restes de posters.


Le soir même, Joseph avait collé de nouveaux posters sur la porte.

Par Joseph - Publié dans : Racisme - Communauté : Solidarités
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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 18:02

Vers 18 heures, un seau en plastique descendit les escaliers pour finir sa course dans la porte de la pièce où travaillait Joseph. Un bruit plus sourd et plus mat se fit entendre ensuite. Il se leva rapidement, ouvrit la porte et vit Leila couchée en travers de l'escalier, les jambes recroquevillées, la tête sur un marche, contre le pilier autour duquel tournait l'escalier. Montant les quelques marches qui le séparaient de Leila, il lui demanda :

 

-          Tu m'entends ?...

-          Oui...

-          Où as-tu mal ?

-          Ma tête...

 

Le visage de Leila ne laissait plus paraître que quelques zones exemptes de sang, tant celui-ci coulait. Joseph reprit : "Je ne vais pas te laisser là. Je vais t'aider à aller t'allonger en bas". Puis appelant : "Rose !... Descends et déplie le matelas en bas... vite !... Titi !... Tu restes en haut".

 

Rose passa dans l'escalier et dit "Il y a du sang jusqu'en haut". Passant son épaule sous l'aisselle de Leila, Joseph l'aida à se relever, doucement. Plus en la portant qu'en la soutenant, Joseph l'amena sur le matelas à présent déplié et la coucha sur le dos. Il alla chercher un gant de toilette mouillé et une serviette, nettoya rapidement le visage de Leila et entreprit une compression simultanément sur les deux plaies frontales, ce qui arracha des gémissements à Leila. Joseph continua néanmoins. Dans le même temps il chercha d'autres blessures. Les cheveux, trempés de sang et la main occupée à la compression ne permirent pas de déceler autre chose. Le nez ne saignait pas, les oreilles non plus. Le pouls, bien que plus faible que d'habitude, était normal et n'était pas "filant". Il demanda une nouvelle fois :

 

-          Où as-tu mal ?

-          Ma tête...

-          C'est tout ?

-          Mon dos...

-          Où ?

 

Leila lui montra les reins. Quoi qu'il en soit, elle bougeait les bras. Pour ce qui est des jambes, c'était moins évident.

 

-          Je vais appeler le 15

-          Non ! Je ne veux pas

-          Désolé ! Tu es trop amochée pour que je prenne le risque. J'appelle le 15.

 

Tandis que Rose allait chercher son téléphone, il continua :

 

-          As-tu des nausées ?

-          Un peu.

 

Rose revenue, Joseph lui demanda son aide pour essayer de tourner Leila en position de sécurité, mais les douleurs crâniennes l'en dissuadèrent et Joseph laissa Leila sur le dos, se disant qu'il faudrait une présence permanente pour dégager rapidement les voies respiratoires en cas de besoin.

 

Joseph appela le 15. Les pompiers étaient déjà en chemin lorsqu'on passa le médecin à Joseph. Il indiqua tout ce qu'il avait fait et constaté. Le médecin lui dit "C'est parfait. Vous avez fait tout ce qu'il fallait faire".

 

Joseph demanda à Rose d'attendre à la porte. La compression avait bien fonctionné et Leila ne perdait plus de sang. Joseph était couvert du sang de Leila. Cela lui rappela le jour où il emmena sa fille Océane aux urgences après qu'elle fut mordue par son chien Procop. Il profita donc de ces quelques secondes pour se laver très sommairement et changer de T-Shirt.

 

Trois pompiers entrèrent. Joseph fit un rapide tour de la situation. Ils s'inquiétèrent surtout pour la colonne vertébrale et décidèrent de passer Leila par la fenêtre de la pièce, puisqu'elle était au rez-de-chaussée. Se souvenant encore bien de ses cours de secourisme, Joseph savait que pour franchir l'obstacle il fallait être quatre. Il proposa donc ses services, puis joua les "petites mains" en les aidant à apporter le matériel nécessaire au transport d'une personne présentant une fracture de la colonne. Après l'avoir mise sous oxygène, ils prirent le temps de discuter pour choisir la méthode la plus sûre pour sortir Leila de là. Ils furent très professionnels. Ils optèrent pour une coquille rigide ensachée dans une enveloppe gonflable pour bien maintenir Leila. Entre temps, deux autres pompiers arrivèrent. C'est à six que le franchissement d'obstacle fut effectué sans encombre.

 

Joseph demanda à Rose de s'occuper de son frère et de changer le drap maculé de sang. Il prit sa voiture et arriva aux urgences en même temps que l'ambulance. Leila fut admise de suite.

 

Joseph fit les formalités d'entrée puis attendit comme on le lui demanda. Une heure trente plus tard, il n'avait toujours pas de nouvelles. Ayant vu entrer ce qui semblait être un accidenté de la route : Couverture de survie, perfusion, stimulateur cardiaque, masque à oxygène et teint terreux de la victime, cela n'étonna pas Joseph.  Tout semblait indiquer la nécessité d'une intervention immédiate. Ce fait fut confirmé par la suite. Pendant ce temps il vit sur une télévision l'annonce de la série "N.C.I.S." sur une télévision et se dit qu'il ne la verrait sans doute pas. Joseph et Leila aimaient bien cette série, du fait des caractères aussi opposés que bien typés des différents acteurs. Il discuta également avec un arabe amené par la police suite à une rixe et qui attendait depuis un moment que quelqu'un le recouse. Joseph, après lui avoir offert un cigare, visiblement trop fort, essaya de lui faire voir les choses autrement, lui disant qu'il n'avait qu'à s'imaginer que tout s'était déroulé une heure plus tard et qu'il venait seulement d'arriver aux urgences, puis plaisanta un peu avec la victime, car, à voir la plaie on aurait dit qu'il s'était fait mordre. Joseph lui suggéra "J'avais pensé que vous vouliez et elle non, qu'elle vous a mordu, le baiser de la mort, en quelque sorte...". Le gars rit un peu, avant de grimacer car rire lui faisait mal. Oups !... Décidément, l'enfer est vraiment pavé de bonnes intentions... Il s'abstint de lui saper le moral en lui disant qu'ils allaient sans doute devoir le raser avant de le recoudre. Cela lui rappela à nouveau son passé aux urgences : une incursion au CHU de Laon, alors qu'après avoir été mordu au bras par Procop, ils lui firent douze points de suture à vif sans anesthésie. Joseph fit également honneur aux bouteilles d'eau fraîche laissées à disposition. Une aubaine pour Joseph qui n'avait toujours rien en poche. Pourquoi ne fait-il pas très chaud en permanence se dit-il.

 

Plus tard, Joseph put enfin rejoindre Leila. Ils descendirent alors pour quantité de radios : tête et colonne vertébrale.

 

Finalement, aucune fracture ne fut décelée et c'est vers 23 heures qu'ils quittèrent les urgences. Leila assise sur un fauteuil, une minerve autour du cou, poussée par Joseph qui essaya de la dérider en faisant semblant de vouloir courir les 24 heures du Mans en fauteuil.

 

Lorsqu'ils rentrèrent, les enfants dormaient. Joseph prépara une omelette avant un repos bien mérité. Comme on le lui avait demandé, toutes les trois heures, il réveilla Leila afin de vérifier qu'aucun symptôme alarmant n'apparaissait. Tout semblait normal, hormis les douleurs inévitables.

Par Joseph - Publié dans : Famille - Communauté : Racontez-le moi !
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /2008 11:39

Ludivine, une petite fille de Carla, avait passé la nuit à la maison avec Rose et Titi. Tous les cinq devaient retourner chez Carla ramener Ludivine et y passer un moment. Joseph était presque arrivé quand un C.R.S. pointa un doigt vengeur vers la Volvo. En lui même, Joseph se dit "m.... !".

 

-          Papier du véhicule, permis de conduire

-          Voilà...

 

...

 

-          Vous n'avez pas le contrôle technique

-          La contre-visite n'est pas encore faite

-          Vous savez que je pourrais immobiliser le véhicule... Votre assurance ne vous couvrirait pas en cas d'accident.

-          Je ne le savais pas..

-          Vous avez deux mois pour régulariser la situation...

-          Bon.


Le C.R.S. établit un PV

 

 

 

 





Joseph savait très bien qu'il était en infraction. Il y a longtemps que Joseph aurait fait le nécessaire :

 

  • pare-brise fendu
  • amortisseurs
  • bloc feux arrière

 

car si l'aspect de sa voiture lui importait peu, son état mécanique était important pour lui. S'il n'avait rien fait c'est simplement parce qu'il n'en avait pas les moyens.

 

En lui-même il remercia le C.R.S. de n'avoir pas immobilisé la voiture. De plus, il ignorait que cela avait une influence sur la prise en charge d'un accident par l'assurance. Au moins, il avait appris quelque chose... Autrement, force était de constater, une fois de plus, que moins on a d'argent, plus on est vulnérable et confronté à des dépenses supplémentaires : agios, amendes, pénalités de retard, etc.

 

Par Joseph - Publié dans : Justice - Communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /2008 13:05

Quelques jours auparavant, une bénévole de la banque alimentaire où se retrouvaient Jules et Joseph proposa à ce dernier de remplacer Jules qui voulait prendre un peu de vacances. Joseph accepta.

 

Ce matin là, Joseph avait rendez-vous avec Jules qui devait lui montrer le travail. A 9 heures, ils se retrouvèrent sur le parc de stationnement jouxtant la demeure de Carla. Joseph devait travailler le lundi, le mercredi et le vendredi. Jules le conduisit au seul local disposant d'un point d'eau, lui montra la préparation du produit et l'emmena vers le premier bâtiment à nettoyer, le numéro 2 de la rue.

 

Il fallait laisser le chariot avec les produits au niveau du numéro 6, car les marches ne permettaient d'accéder ni au numéro 2, ni au numéro 4.

 

Le travail était simple : balayer, laver, nettoyer les carreaux, les dessus de boîtes aux lettres, les descentes de caves et retirer les toiles d'araignées. Le seul problème résidait dans le nombre de "blocs" à nettoyer dans le temps imparti : 6 heures. Le temps passé en plus n'étant pas rémunéré, bien sûr.

 

La plupart des bâtiments ressemblaient plus à des porcheries qu'à des habitations : canettes de sodas et de bière, emballages divers de boissons, bouteilles de scotch, chewing-gums, biscuits écrasés, frites, prospectus divers, pétards éclatés, excréments d'animaux (c'est ce que Joseph préféra penser), et crachats y jonchaient le sol. Le plus souvent, à côté des portes palières, des sacs poubelles laissaient échapper des liquides d'aspect douteux. On pouvait reconnaître les locataires qui avaient descendu leurs poubelles jusqu'aux containers aux pistes gluantes qui retenaient la saleté dans les escaliers. A cela on pouvait ajouter les traces de pneus de tous types, du vélo aux scooters, et les inévitables taches d'huile. Le pire était le lundi, après le week-end.

 

Le premier jour, Joseph mit 8 heures à faire ce travail, bâclant quelque peu les deux derniers des onze "blocs", sans laver les carreaux ni faire les toiles d'araignées. Ce travail était fatiguant, surtout parce qu'il fallait traîner le précieux liquide à travers tous les étages.

 

Il calcula que si l'on retirait le temps nécessaire aux allées et venues indispensables pour faire le plein de liquide de lavage, il restait à peine une demi-heure par "bloc", alors qu'il fallait compter un quart d'heure, rien que pour passer le balai. Il dût faire des choix. Se disant qu'il était anormal que les plus propres payent des charges pour les plus sales, il décida de s'en tenir à une demi-heure quoi qu'il arrive. Moins le bâtiment était sale et mieux il était nettoyé, car le temps imparti était respecté.

 

Lorsque des locataires se plaignaient du mauvais travail de Jules. Joseph leur expliquait qu'il ne ferait sans doute pas mieux, étant donné les conditions de travail : temps imparti, absence de points d'eau. Il fit néanmoins son maximum, allant au plus sale, s'il ne pouvait tout faire.

 

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Racontez-le moi !
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /2008 17:51

Ce matin là, Leila dit à Joseph :

 

-          C'est curieux, on dirait que tout le monde regarde la porte

-          Bah !... Ils faut bien qu'ils regardent quelque chose...

 

Un peu plus tard, Joseph descendit pour renter les poubelles. Il vit les tags sur la porte d'entrée. Pas étonnant que cela suscite la curiosité !

 

Sans dire un mot il remonta chercher son appareil photo, puis prit le téléphone et appela la police. Son interlocuteur à l'identité judiciaire lui demanda de rappeler plus tard afin de prendre rendez-vous avec le photographe, ce qu'il fit. Ce jour là, un meurtre avait été commis et le photographe, à qui Joseph avait dit avoir pris des clichés demanda à Joseph d'aller porter plainte directement, avec ses propres photos.

 

L'après-midi, Joseph se rendit au bureau de police de Tinqueux, et déposa plainte. Le policier lui remit un récipissé en lui disant "pour l'assurance". Devant la surprise de Joseph, le policier lui expliqua que la plupart des compagnies prenaient en charge la réfection de la porte dans ces cas là.

 

De retour, il téléphona à sa compagnie d'assurance, qui était également celle de sa soeur pour effectuer la déclaration. On lui indiqua que seule sa soeur pouvait demander la réparation, puisqu'elle était propriétaire du bien. La compagnie ne trouva nulle trace de la police de Catherine et Joseph se dit qu'elle avait dû changer d'assurance. Il rédigea donc une lettre à l'attention de l'avocat de sa soeur et y joignit le récipissé.

 

Dans l'attente de la visite d'un expert, Joseph se garda de toucher à quoi que ce soit.

 

Le soir même, un voisin vint lui rendre visite :

 

-          Il y a vraiment des cons !... dit-il

-          Oui, partout. Qu'y peut-on ?

-          Veux-tu un coup de main pour repeindre la porte ?

-          Je te remercie, mais j'ai déposé plainte et, normalement, la compagnie d'assurance de Catherine devrait prendre cela en charge. Etant donné nos relations, je préfère ne toucher à rien en attendant, car sinon, elle va encore me faire des histoires.

-          Oui, je comprends.

 

Ils continuèrent encore un peu leur échange sur les actes racistes, puis son voisin repartit.

 

Leila était très affectée de ces tags.

 

-          Jamais ils ne me laisseront. J'aime la France, le pays des droits de l'homme. Pourquoi me persécute-t-on ainsi ?

-          Tu ne peux rien contre les imbéciles. Essaie d'ignorer

-          Oui, mais tous ces gens qui passent et regardent.

-          Alors quoi ? As-tu honte d'être algérienne ?

-          Non.

-          Bon !... Dans ce cas, dis toi que les gens voient bien que tu es arabe. L'écrire sur la porte ne change rien. Si celui qui passe est raciste, que change l'inscription ? Rien. S'il ne l'est pas, il ne peut être qu'outré. Ce n'est pas toi qui est jugée, mais celui ou celle qui a tagué cette inscription.

-          Oui, mais je n'en peux plus de cette méchanceté. Cela s'est déjà produit par le passé et ça recommence. Je veux juste vivre tranquille.

-          Je comprends. Il n'y a qu'une seule solution : essayer de prendre du recul.

 

Joseph savait que c'était plus facile à dire qu'à faire. Il n'avait jamais compris le racisme, lui qui avait été élevé dans une famille où les arabes s'appelaient "bougnoules", les juifs des "youpins" et les noirs des "nègres", dans une famille où le père, admirateur de l'armée allemande (voir Le soir, chez Carla  du 22 septembre 2007) semblait avoir troqué toute humanité contre de grands principes... que Joseph n'avait jamais compris, puisque ce qui comptait pour lui, c'est ce que les gens avaient dans le coeur et non la couleur de leur peau. Qu'y pouvait-il s'il était né au coeur de Paris alors que Leila vit le jour au coeur d'Alger ? Quelle importance ?

 

Joseph ne niait pas l'importance des différences linguistiques, culturelles ou religieuses, car les unes comme les autres induisent une certaine vision des choses, mais même avec la même langue et la même culture, chacun a "sa" propre réalité. Il y voyait, en fait, une richesse...

 

Par Joseph - Publié dans : Racisme - Communauté : Solidarités
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /2008 16:41

Maître L., l'avocat de Leila, avait tenu ses promesses et déposait une plainte contre l'Etat, au nom de Leila. Les medias, prévenus par l'avocat se jetèrent sur l'affaire. RTL, RMC, Radio Bleue en parlèrent, FR3 et TF1  firent un reportage pour leur journal. La presse locale, que Joseph avait essayé de contacter par le passé, sans succès, se fit l'écho de la nouvelle, en première page...

 

 



...tout en commettant (ou recopiant) des erreurs (Joseph et Leila sont bien expulsés, mais pas d'un H.L.M.).

 

 

Et puis... plus rien. D'autres chiens écrasés retinrent leur attention médiatique.

Par Joseph
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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