Article recommandé actuellement :  Visite guidée...
Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 12:25

 Joseph avait rendez-vous avec son avocate cet après-midi. Il s'y rendit avec Leila, car juste après, ils devaient recueillir une attestation à Orgeval, un faubourg de Reims, concernant les banques alimentaires.

 

L'entrevue fut brève. L'avocate et Leila firent rapidement connaissance. Ils repartirent avec une liste de documents à transmettre.

 

Arrivés à Orgeval, le jeune couple et ses quatre enfants reçut Joseph et Leila dans un grand appartement. La pièce était grande : Deux bancs de part et d'autre d'une table en pin, gravée au stylo, une chauffeuse d'angle en mousse, complètement déchirée, qui avait dû appartenir à un ensemble coquet, il y a longtemps, un petit meuble sur lequel trônait un petit écran plat et deux petits haut-parleurs. Cela représentait toute la richesse de la salle de séjour. Les murs dépourvus de papier peint faisaient ressembler cet appartement à un chantier. Il n'en était rien.

 

Joseph avait croisé ce couple plusieurs fois dans les escaliers de l'immeuble, alors qu'il nettoyait leur bâtiment (voir Agent de service pour le nettoyage des H.L.M.  du 7 juillet). Lorsqu'il les croisa à la banque alimentaire, c'est donc tout naturellement que Joseph engagea la conversation avec le mari.

 

Très aimables, le jeune couple n'hésita pas à témoigner du refus d'inscription que la banque alimentaire avait opposé à Joseph et Leila. Ensuite, Joseph fit des phots des pièces d'identité.

 

Ils discutèrent un moment. La femme avait passé toute sa jeunesse en foyers. Ce n'était que depuis qu'ils s'étaient mariés qu'ils avaient enfin pu accéder à un logement. Joseph montra alors les photos du foyer de Laure au couple qui en fut abasourdi. Ils furent écoeurés de constater qu'il payaient moins cher pour leur appartement que pour le "garage en centre ville" de Laure...

 

La banque alimentaire avait radicalement changé depuis quelques semaines et les bénévoles étaient devenus plus "durs". L'ambiance semblait indiquer une certaine tension, une certaine défiance vis-à-vis de tout le monde. Assurément, certaines choses devaient bouger.

 

Après avoir échangé leurs coordonnées Joseph et Leila rentrèrent.

Par Joseph - Publié dans : Justice - Communauté : Solidarités
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 12:24

Il faut croire que son travail convenait, car le dépôt appela Joseph, ce jour là, pour un nouveau remplacement. Joseph accepta, bien sûr. Ses seuls soucis : Ne pas trop faire travailler ses tendons, à cause du traitement en cours qui pouvait provoquer une rupture de tendon d'Achille (voir C.H.U.  du  27 août) et de la Volvo qui se plaignait à chaque virage. Il fallait que Joseph trouve l'argent pour acheter du liquide de direction assistée, avant que tout n'explose...

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Racontez-le moi !
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 12:22

Rose et Titi ont effectué leur rentrée... Ce matin pour Titi, qui est revenu tout excité, cet après-midi pour Rose, juste une heure ou deux, histoire de prendre son emploi du temps. Rose est rentrée ravie : "Demain je ne travaille pas !... Je ne commence que jeudi !". Finalement ce qui lui plut dans cette rentrée était... qu'elle ne rentrait pas.

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /2008 12:25

Joseph relut la décision de la DDE :

 

 

Monsieur D., président de la commission de médiation, l'oriente donc vers un foyer, tout comme Leila et les enfants.

šœ

 

Bienvenue au foyer !

 

D'un abord sympathique, classé monument historique, ce foyer se remarque par sa propreté.

 

 

 

 

Le hall d'entrée ne manque pas d'être rassurant quant à la qualité des services

 

 

Une affiche mentionnant la conformité à la norme ISO 9001:2000, indique clairement qu'il s'agit de logement "et" d'accompagnement de personnes en difficulté.

 

Première surprise : La porte d'entrée, repeinte côté rue  seulement, a été détériorée et ne ferme plus. Aucun gardien, aucune "personne d'accompagnement" ne vient vous importuner. D'ailleurs, où pourrait se trouver le bureau ? Derrière l'une de ces portes ?

 

 

 

Peu importe, Continuons la visite !... Ce ne sera pas long puisqu'il s'agit d'un tout petit immeuble :

 

 
























Le plan d'intervention montre clairement la présence du premier étage. Dommage pour les autres ? De toute façon, il n'y a même pas d'extincteur à chaque étage. Y a-t-il des étages fumeurs et des étages non-fumeurs ? Quels sont les critères retenus pour laisser une chance aux gens en cas d'incendie ? Allez savoir !...

 

 

 

Côté sécurité, rien n'a été oublié, outre la porte d'entrée et le personnel d'accompagnement, ce foyer a disposé des serrures de sûreté rassurantes...

 

Sauf que... avec porte légère et chambranle en bois tendre, les effractions sont assez faciles !... pas vrai ?

 

Entrons dans ce logement...

 

La salle de bains :

 

 

Le plafond ? Sur le pallier !... 

Il s'est effondré. Cette lourde plaque d'aggloméré ne tenait que par quelques vis.

          

 




Donc... plus de difficultés pour la maintenance de la salle de bains !...

 

 

 

 

Il ne faut pas se fier aux apparences. Ces fils électriques ne sont pas dangereux et sont parfaitement dans les normes, puisque le courant a été coupé depuis... 1989, lors du dernier incendie. D'ailleurs, pour ce qui est des interrupteurs, tout a été prévu...

 

 

 

Si déjà nous sommes dans la pièce d'habitation...

 

Des tentures cachant le papier peint et la moisissure. Ah oui !... au fait... pas de chauffage ici.

 

 

 

L'ours n'est pas dépaysé l'hiver...

 

 

 

Tiens !... Encore un interrupteur !...

 

 

Placard équipé...

 

 

Le coin kitchenette...

 

 

 

Pas d'électricité, pas de chauffage, pas d'eau chaude. Comment l'Administration des impôts classe ce genre de "dépendance", ce monument qui devrait être classé "préhistorique" ? Combien en coûte-t-il pour habiter dans cette "résidence" ? Plus de 300 Euros par mois. Un garage se loue moins cher, normalement !...

 

Aucune sécurité. Des agressions, violation de domicile, entre autres, y ont déjà été perpétrées. Un détail : Il ne s'agit pas d'une obscure association caritative : Ce foyer relève "majoritairement" de l'Etat.

 

Un cas particulier ? Joseph sait que non... Quant à Monsieur D., il le sait capable de beaucoup d'autres actes humanitaires !... A suivre...

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /2008 16:59

Le courrier, ce jour là, ne fut pas porteur de bonnes nouvelles. Un premier recommandé en provenance des impôts indiquant à Joseph qu'il allait avoir des pénalités. Cela ne lui fit, en fait, ni chaud ni froid, car, au point où il en était, il ne pourrait pas plus payer les pénalités que le principal. L'autre recommandé était plus alarmant : Le recours suspensif pour ce qui est de l'expulsion avait été rejeté, car le juge ne voyait pas clairement le lien entre l'application de la Loi DALO et l'expulsion. Joseph laissa un message sur le répondeur de Maître L. afin de l'en informer.

 

C'est en début d'après-midi que Joseph et Leila s'arrêtèrent pour aller chercher Laure. Ils étaient à peine descendus de voiture qu'ils entendirent : "Joseph !...". Laure venait vers eux.

 

-          Je restais dehors par crainte que le père des enfants ne revienne

-          Où sont-ils

-          Avec leur père

-          Nous t'emmenons là où l'on habite pour discuter

-          D'accord

 

Une fois rentrés, Laure raconta un peu de sa vie à Joseph et Leila.

 

š›

 

Son mari était adorable, lorsqu'il n'était pas sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue, ce qui était rare. Récemment il l'avait brûlée à l'acide, ce qui expliquait ses marques sur les mains et sur son visage. Laure devait se faire opérer d'urgence pour ne pas perdre la vue et, le 9 septembre, devait comparaître en référé pour une mesure d'expulsion du foyer, car elle avait payé son loyer en retard. En fait, c'est un prêtre qui lui avait payé, le 3 juillet, mais le chèque n'avait été encaissé que le 21. Le 16, Laure avait reçu une mise en demeure amiable et le prêtre avait payé, une seconde fois, en espèces, contre remise d'un reçu. Cela n'a pas empêché qu'elle se retrouve en référé pour expulsion, avec un compte créditeur. Quant à ses ressources, suites à des... "manipulations" entre l'ANPE et un centre de formation douteux, celui-là même qui avait licencié Joseph pour cause d'alcoolisme et de racisme, des dates de stages avaient été modifiées, des sommes d'argent versées mais jamais touchées par Laure qui n'arrivait pas à obtenir un papier justifiant qu'elle n'avait pas été payée (et elle ne le sera pas, car le temps écoulé est à présent trop long) ni à prouver qu'elle l'avait été, et pour cause... Sans ce papier, point de RMI. Pour ce qui est de la CAF, celle-ci lui avait supprimé l'APL pour cause d'insalubrité de son logement. Bref !... Laure se retrouvait sans rien, rien que son travail de bénévole à la banque alimentaire qui lui permettait d'avoir un peu à manger. Son ancien travail, en fait, car Laure avait osé dire tout haut ce qu'il ne fallait pas et on l'avait invitée à ne plus revenir. Elle pouvait néanmoins continuer à venir chercher un paquet de dépannage de temps à autre, en dehors des heures, pour ne pas côtoyer "les autres", ainsi qu'à récupérer dans les bennes de la banque alimentaire ce qui pouvait encore être comestible.

 

œ

 

Joseph lui demanda si elle serait d'accord pour qu'il fasse quelques photos de son logement. Par le passé, elle ne voulait pas que quiconque entre chez elle, tellement elle avait honte. A présent qu'elle allait être expulsée... Ils prirent rendez-vous pour le lendemain.

 

Le soir, bien que ce soit hors de leurs moyens réels, Leila décida que tous sortiraient manger un plat à "Flunch". Laure semblait heureuse. Ce fut une vraie fête pour elle...

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 16:54

Voyant qu'ils n'étaient pas réinscrits, Joseph dit à Leila :

 

-          Il faut que l'on garde le contact avec les bénéficiaires que l'on connaît dans les banques alimentaires

-          Mais on ne peut plus y aller

-          Cela ne fait rien. Nous allons traîner du côté du point de distribution et nous aborderons dans la rue ceux qui ont dit être prêts à bouger.

 

Vers 14 heures, ils se garèrent dans une rue avoisinante, près de l'arrêt de bus utilisés par certains pour rentrer chez eux. Joseph descendit de voiture et alla jusqu'à l'arrêt. Bonne idée, somme toutes, car une affichette précisait que l'arrêt ne fonctionnait plus pendant la durée des travaux. Il reprit la voiture. En tournant dans les rues, Leila repéra une africaine avec laquelle elle avait déjà discuté. Il se gara de nouveau et inscrit un numéro de téléphone sur un papier "Essaie de discuter avec elle pour savoir si elle voudrait agir. Au moins, essaie d'échanger les coordonnées pour ne pas perdre le contact."

 

Quelques instants plus tard, voyant la discussion engagée, Joseph les rejoignit afin de prêter main forte à Leila, au cas où ce serait nécessaire. Cela ne semblait pas être le cas. Ils raccompagnèrent à l'africaine au foyer où elle vivait depuis trois ans avec sa fille de deux ans et son mari.

 

Joseph décida de passer voir Laure, l'amie qui leur avait permis de bénéficier de l'aide alimentaire. Il gara la voiture sur une sortie de garage, laissa Leila à l'intérieur et alla sonner à la porte du foyer où vivait Laure. Un africain lui ouvrit la porte et indiqua à Joseph comment se rendre chez son amie. Il découvrit la porte...

 

Voyant cela, il redescendit garer la voiture correctement et remonta avec Leila.

 

Deux papiers étaient collés : L'un indiquant que Laure ne touchait rien, ni allocations, ni RMI, ni assedic depuis près de huit ans, l'autre, établi par un médecin psychiatre certifiant qu'elle... n'était pas folle.

 

Quelques coups à la porte restèrent sans réponse. Ils glissèrent un papier avec leur numéro de téléphone et repartirent.

 

Il était près de 22 heures quand quelqu'un appela Joseph. C'était une amie de Laure. Rendez-vous fut pris pour le lendemain.

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /2008 13:39

Titi, Leila et Joseph se rendirent à la banque alimentaire pour se réinscrire. En effet, leur situation restait très précaire : Peu de ressources et peut-être même plus de toit.

 

Arrivés vers quinze heures, le locataire d'un H.L.M. que Joseph avait croisé quelques temps auparavant, alors qu'il nettoyait son immeuble, reconnut Joseph et, après quelques civilités, lui dit

 

-          Il faut aller prendre un ticket

-          Ah !... Merci bien

 

Joseph y alla et obtint le numéro 27. Il revint s'asseoir auprès de Leila et de Titi. Cinq minutes plus tard, une bénévole sortit et, s'adressant à Leila :

 

-          On ne vous inscrira pas

-          Mais... Notre situation ne s'est pas améliorée, au contraire

-          Vous avez déjà été inscrits, alors on m'a chargé de vous dire cela. Je n'y suis pour rien.

-          J'ai deux enfants, comment vais-je faire ?

 

A ce moment, Joseph intervint doucement. Il savait que cela ne servirait à rien de discuter. Il prit Leila par le bras et l'incita à quitter les lieux en disant "Je comprends. Il s'agit de premières inscriptions".

 

Alors que Joseph se garait devant la maison, l'huissier (voir Huissier, visite officieuse  du 22 août) appela Joseph

 

-          Maître L. m'a demandé de faire un constat chez vous

-          C'est exact.

-          Mais si je peux faire un effort, je ne peux le faire gratuitement. Il faudrait me régler 150 Euros, c'est la moitié du coût du constat

-          Je suis désolé, mais je n'ai pas cette somme à disposition

-          Avez-vous l'aide juridictionnelle ?

-          Oui

-          Suis-je mentionnée sur la décision

-          Je ne sais. Je suis dehors, il faut que je vérifie

-          Alors rappelez-moi demain avec la réponse

 

Une fois rentré, Joseph vérifia et constata qu'aucun huissier n'avait été mentionné sur le document. Il transmit cette information à l'étude.

 

Ensuite, il envoya un courriel à Maître L. afin de lui rendre compte de ce qui s'était passé et de lui soumettre un projet de lettre. :

 

˜™

 

Madame la Directrice,

 

Nous avons été inscrits du 18 avril 2008 au 22 août 2008 et vous en remercions, car cela nous a aidé à faire face à une situation très difficile.

 

Nous nous sommes présentés le jeudi 28 août afin de nous réinscrire. Le numéro 27 nous ayant été attribué, alors que nous attendions notre tour, une bénévole est venue nous dire que nous ne serions pas inscrits car il s'agissait de "pré"inscriptions ne concernant que ceux qui n'avaient jamais été inscrits, ce qui n'était pas notre cas.

 

Pourriez-vous nous indiquer où et quand nous présenter afin de renouveler notre inscription, si cela est possible. Nous vous en remercions par avance.

 

Veuillez croire, Madame la Directrice, en l'expression de toute notre reconnaissance.

 

—–

 

Il voulait simplement ne pas poursuivre l'échange verbal et obtenir une trace écrite du refus.

 

Par ailleurs, au courrier, Joseph avait reçu une lettre du Maire de Tinqueux. Ils s'étaient rapprochés de lui dans le cadre de leur recherche d'un logement du secteur privé, se disant qu'un élu devait forcément connaître du monde et donc, peut-être, des bailleurs susceptibles de leur faire confiance. Le Maire avait écouté puis, avait dit "Je vais envoyer une lettre au Sous Préfet. Ce qu'il fit, comme l'indiquait la lettre reçue. Joseph tenait à remercier ce Maire qui leur apportait son soutien chaque fois qu'il était sollicité. Joseph soumit donc à l'approbation de Maître L. le courrier suivant :

 

˜™

 

Monsieur le Maire,

 

Nous tenions à vous remercier pour votre intervention auprès de Monsieur le Sous Préfet de REIMS. Nous sommes très touchés de constater que, non seulement vous avez toujours été à notre écoute, mais que celle-ci s'est toujours traduite par une action de votre part.

 

Notre expulsion est actuellement "programmée" par la force publique pour le tout début septembre. Afin de vous tenir au courant des actions menées conjointement à la vôtre, nous voulions vous informer que Maître L., qui défend nos intérêts dans cette affaire vient de déposer une requête aux fins de suspension de la décision de Monsieur le Sous Préfet ainsi qu'un mémoire devant le Tribunal administratif de Châlons en Champagne pour ce qui est du "fond".

 

Nous vous prions de croire, Monsieur F., en l'assurance de nos sentiments les meilleurs.

 

—–

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /2008 13:38

Joseph n'allait pas fort, décidément. Il ne savait pas où était sa carte Vitale. Cela faisait déjà plusieurs mois qu'elle avait disparu. Quant à l'attestation, elle devait se trouver dans l'un des nombreux cartons qui attendaient leur départ, au garage.

 

Joseph se rendit à la CPAM afin de se faire établir une nouvelle attestation. Il avait du mal à marcher, titubait comme s'il avait bu. Le document en poche, il rentra, mangea un peu puis se rendit aux urgences du CHU. Il y passa la fin de la journée, jusqu'à 23 heures et en ressortit, après de nombreux examens, avec une ordonnance d'antibiotiques pour un mois et des indications : "Il ne faut surtout pas vous exposer au soleil. Par ailleurs, dans de rares cas, vous risquez une rupture du tendon d'Achille. Alors, à le moindre douleur, au moindre signe anormal, vous arrêtez tout, vous allongez et contactez votre médecin traitant...". Pas vraiment rassurant se dit Joseph...

 

Par Joseph - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /2008 13:36

Deux heures. Se levant péniblement, Joseph avait mal partout mais la fièvre était tombée. Pas de café ce matin. Un chocolat chaud et du lait froid. Deux tartines de confiture à la fraise, pour le sucre. Il ne demanda l'assistance de personne et partit distribuer les journaux, comme à l'accoutumée.

 

Son état n'était pas excellent, mais l'absence de fièvre faisait la différence... Il compta même ses journaux à la fin, rangea les invendus dans son coffre et s'offrit le luxe d'ôter les "coiffes" et les sangles en nylon jetées à l'arrière de la voiture pendant son travail.

 

Joseph se sentit très fatigué toute la journée. Il pensait que son blocage intestinal exerçait une pression excessive sur les urètres et donc que s'il pouvait régler le premier problème, l'eau qu'il buvait en abondance règlerait le second. Il ne régla ni le premier ni le second.

 

Tout compte fait, il se rendit compte qu'à part la fièvre, le reste ne s'était pas amélioré. Le sang qu'il urinait ne le rassura pas.

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /2008 13:35

Il était deux heures du matin lorsque Joseph se leva pour sa tournée de journaux. Il avait froid. Il avait eu froid toute la nuit, très froid. Titubant, il alla prendre un café. Son bas-ventre le faisait souffrir. Joseph se demanda comment il pourrait travailler.

 

Il enfila une veste en laine puis... une seconde puis... sa parka et descendit difficilement les escaliers. Une fois dans la voiture, il claquait des dents. Péniblement il mit en route et se rendit doucement au dépôt, le chauffage à fond.

 

-          Oh ! ça n'a pas l'air d'aller

-          ... Non!... Pas terrible !...

 

Plusieurs porteurs remarquèrent son état. Il chargea ses journaux et partit dès que possible.

 

Ces derniers temps, il avait pris l'habitude d'adapter sa tournée en fonction de ses heures de passage : En fait, certaines portes restent bloquées jusqu'à une heure donnée (seule la méthode des essais et des erreurs lui avait "donné" l'heure du "sésame"). Si Joseph voyait qu'il risquait de devoir attendre, il distribuait le journal à certains clients plus tôt, histoire d'attendre utilement. Cela supposait, bien sûr de se souvenir au bon moment, dans le feu de l'action, que telle boîte avait déjà été servie. Il en avait près de trois cents chaque matin et ce n'était pas si évident qu'il n'y paraît. Joseph décida, ce matin là, de ne pas changer une virgule à la tournée définie. "Dans l'état où je suis, je serai incapable de me souvenir. Et puis, si je n'y arrive pas, que quelqu'un doit reprendre la tournée au vol, il faut que je respecte l'ordre exact" se dit-il. De toute façon, il se traîna et n'eut pas de risque d'arriver trop tôt... Un vrai calvaire !...

 

Il s'arrêtait dès qu'il pouvait pour tenter de soulager sa vessie, trois gouttes douloureuses à la fois. Il avait mal partout, sa tête tournait et plusieurs fois il faillit tomber. Il s'accrochait, voulant mener son travail à son terme. Il avait parfois des moments de découragement. Vers trois heures et demies, il envoya un sms à Leila "Suis pas bien... Froid, mal, vertiges. T'aime", comme pour dire "s'il m'arrive quelque chose tu sauras ce qui s'est passé". Ce n'était pas son habitude de se plaindre, mais là, il souffrait vraiment beaucoup. Finalement, il termina sa tournée juste dans les temps. Contrairement à son habitude, il ne compta pas ses journaux, laissa tout en l'état dans la voiture et rentra.

 

Après avoir monté péniblement les escaliers, il s'effondra à plat ventre, tout habillé, sur le canapé, mit des couvertures sur lui. Toute la journée, ce ne fut que fièvre, ruissellements de sueur. Il changea son T-shirt à plusieurs reprises et refusa d'appeler un médecin, persuadé que la fièvre allait passer. Il suffisait de rester bien au chaud et de se reposer. Il prit du Paracétamol, ne mangea pas et but beaucoup d'eau.

 

Le soir, Leila lui demanda s'il voulait qu'elle l'accompagne pour l'aider le lendemain. Rose le lui demanda aussi. Il répondit "je ne sais pas... Je ne le saurai que demain matin". Le soir il fut encore pris de violents tremblements de fièvre, au point que Leila le couvrit de tout ce qu'elle put trouver de chaud. Il finit par s'endormir.

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recommander

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus