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Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /2008 11:52

Joseph se leva, péniblement, à 2h30. A trois heures, son petit déjeuner avalé, il coupait le moteur de sa Volvo dans la cour du dépôt. Il prit rapidement connaissance des modifications du jour :

 

Le dentiste (voir Porte close  du 10 septembre) est passé en "postal". Cela devait arriver. A part un nouveau client, rien de particulier. Il reporta les modifications sur son carnet de route et rejoignit les autres. Ils attendirent. Le temps passait. Depuis le début de la semaine, les journaux arrivaient très tard et la grogne s'installait chez les porteurs. Ce travail, qui ne permettait pas vraiment de nourrir une famille, était considéré par tous, porteurs et entreprise, comme un travail d'appoint. Nombreux étaient ceux qui prenaient leur "vrai" travail vers huit ou neuf heures après la distribution. Les retards répétés les mettaient dans un profond embarras. Ce jour là, le retard dépassait les limites acceptables.

 

L'un des porteurs dit "On ne va pas distribuer les journaux ! Il faut leur faire comprendre". S'en suivit une discussion rapide qui aboutit à la décision d'un vote. En fait le vote n'eut pas lieu, les uns et les autres se consultant mutuellement. Plus qu'un vote, ce fut un consensus. Un porteur vint à Joseph :

 

-          Tu portes les journaux ?

-          Je suis remplaçant, ce qui veut dire que je n'ai aucune protection. Si je ne porte pas les journaux, ce n'est même pas la peine que je me présente demain, je serai remplacé.

-          Oui, c'est vrai. Tu es remplaçant. C'est différent.

-          Néanmoins, je trouve la cause légitime. Si la majorité décide de ne pas distribuer les journaux, je n'irai pas non plus. Tant pis.

 

Puisque c'était la tournée de Claude, Joseph estima qu'il se devait de le tenir au courant des décisions qu'il prenait. Il lui envoya alors un sms.

 

Il y avait deux "tournées" de journaux. La première, arrivant par petite fourgonnette, comportant un nombre réduit de paquets, qui correspondait aux tournées les plus longues et les plus urgentes, celles partant le plus tôt. La seconde, amenée par camion, avec le reste des journaux. Les porteurs de la première tournée avaient été rejoints par ceux de la seconde. Les véhicules de la quarantaine de porteurs s'entassaient comme ils pouvaient dans le parking pourtant assez conséquent.

 

Une fourgonnette entra sur les chapeaux de roue et tenta de se frayer un chemin jusqu'au quai de déchargement. C'était le patron du dépôt qui arrivait avec la première tournée. Prévenu par son adjointe, il descendit furieux de la camionnette, hurlant à plusieurs reprises : "Que ceux qui ne portent pas les journaux s'en aillent ! Qu'ils libèrent le parking ! Ceux qui ne distribueront pas seront remplacés demain !". L'un des porteurs lui répondit : "On pose les journaux !". Personne ne bougea.

 

"On pose les journaux !"... Joseph ne fut qu'à moitié surpris de cette expression qu'il découvrait. Il avait une amie travaillant à la "compo" d'un autre grand quotidien qui utilisait l'expression "poser les clous". Joseph avait compris qu'il ne s'agissait nullement d'un geste de bricoleur mais plutôt d'un "débrayage sauvage", réaction vive du personnel lorsque la direction leur faisait subir un préjudice trop important. Cela se traduisait par un retard dans la sortie du journal, ou même par l'absence de sortie de l'édition. Cette réponse à la direction, qui peut sembler incroyable au commun des travailleurs (nécessité d'un préavis de grève, etc...) était rendue possible par la toute puissance du syndicat du livre. Depuis pas mal de temps, les groupes de presse oeuvrent pour réduire cette puissance qui, aujourd'hui semble bien amenuisée. Néanmoins, certains usages ont la vie dure, la preuve !....

 

Habituellement, dès que la camionnette arrivait, les porteurs de la première tournée, dont faisait partie Joseph, se précipitaient pour la décharger, trier les paquets de journaux et partir au plus vite. Ce jour là, c'est seul, le patron déchargea la camionnette, sous le regard des porteurs. Personne ne bougea. Il continuait de hurler !... Dans la lumière blafarde de l'entrepôt, tous restèrent plantés là, les mains dans les poches, à le regarder se rompre le dos, comme s'ils n'étaient pas concernés par ce qu'il faisait.

 

Finalement, le patron céda et réveilla un responsable du quotidien afin d'obtenir la promesse d'une réunion dans la matinée. Les porteurs décidèrent de livrer les clients.

 

C'est avec deux heures de retard que Joseph quitta l'entrepôt. Il fit son maximum mais ne put rattraper qu'une demi-heure et termina à neuf heures, épuisé, après avoir "subi" les rentrées des classes et autres encombrements. C'est à ce moment qu'il eut la surprise de voir une fourgonnette s'immobiliser devant lui. Claude en descendit. Il faisait partie des "anciens" chez les porteurs. Avant de quitter son poste pour cause de désaccord avec le patron, c'était lui son adjoint. Ils discutèrent rapidement de ce qui s'était passé. Claude lui dit : "Je suis entièrement d'accord avec toi. Tu as très bien fait. D'un autre côté, rassure-toi, ils ne t'auraient pas virés car on ne t'aurait pas laissé tomber ".

 

Sur ce... Joseph n'aspirait qu'à une chose : dormir. Il rentra.

 

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Solidarités
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /2008 18:24

Joseph en avait assez des calomnies, du mensonge qui l'entourait. Il repensa à ce que Rose lui dit un jour :

 

-          Tout le monde ment

-          Non !... Pas moi.

-          Ce n'est pas possible. Tu mens sûrement.

-          Oui, mais dans des cas bien précis : Professionnellement, pour défendre les intérêts de mon entreprise. Dans ce cas, je ne suis pas moi-même, je joue un rôle, pour lequel on me paie.

-          C'est tout ?

-          Non ! Uniquement si je pense qu'une vérité, concernant quelqu'un d'autre que moi,  n'apporterait rien d'autre que des douleurs inutiles. Autrement, je suis convaincu que tout se sait un jour ou l'autre. Pourquoi attendre que la vérité te rattrape ? Autant la dire de suite. C'est peut-être plus difficile sur le coup, mais plus facile à vivre au quotidien. Cela évite de se poser des questions du genre "Qu'est-ce que j'avais dit, il y a six mois, à ce sujet ?". Comment vivre au quotidien dans le mensonge. Je ne pourrais pas, ce serait l'enfer.

 

Pourtant, actuellement, le mensonge régnait en maître autour de lui. Joseph pensait à tous ces organismes bailleurs, organismes sociaux, gestionnaires de foyers, responsables de banques alimentaires. Dès qu'il creusait un peu un sujet, le vernis retiré laissait apparaître la fange des intérêts personnels, des magouilles sordides en tous genres. Joseph lui-même était accusé de maintes choses qui n'étaient en fait que des calomnies. Il en avait assez de tout cela...

 

Par Joseph - Publié dans : Spleen - Communauté : Phénomènes de Société
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /2008 17:24

C'est toujours bien d'avoir un nouveau client, puisque l'on est payé au nombre de journaux distribués.

 

Ce matin, Joseph devait livrer... son dentiste. Le "passe PTT" tourna bien dans la serrure mais la porte resta désespérément close. L'immeuble comportait deux parties. Comme Joseph disposait de la clef de l'autre partie, il l'essaya sans plus de succès. Il chercha ensuite s'il pouvait atteindre les boîtes aux lettres à partir de l'autre porte, en empruntant une quelconque partie commune (jardin, couloir de cave,...) mais dut se rendre rapidement à l'évidence : Pas de solution. Il en avisa le responsable du dépôt.

 





Plus tard dans la matinée, Joseph retourna sur les lieux, un journal sous le bras, afin de trouver une solution. Pas de chance !... C'était le jour de repos du dentiste. A cette heure avancée de la matinée, il pénétra sans problème dans l'immeuble au moyen de son "passe PTT". Trouvant le numéro du syndic et l'appela :

 

-          Bonjour, je suis le porteur de journaux et j'ai un problème pour pénétrer dans l'immeuble

-          Il y a une horloge

-          Serait-il possible de modifier l'horaire afin que je puisse livrer ?

-          Non ! C'est hors de question. Il faut vous arranger avec votre client : Ils nous demandera une clef  et vous la remettra.

-          Bon. Merci beaucoup. Je vais le contacter directement.

 

Faute de mieux, Joseph laissa le journal dans la boîte aux lettres et repartit.

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Racontez-le moi !
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /2008 16:24

Les journaux arrivèrent très en retard, à quatre heures. Joseph fit sa tournée le plus vite qu'il put. Dans un immeuble, le journal qui lui restait en main, à la fin, lui indiqua qu'il avait oublié l'une des nombreuses boîtes de ce bloc. Son "passe PTT" ne fonctionnait pas à cet endroit et il ne put ouvrir le mur de boîtes pour vérifier. Laquelle avait été oubliée ?... Il se dit qu'il n'avait d'autre solution que d'attendre le lendemain, lorsqu'il recevrait la réclamation...

 

Il finit sa tournée pile à l'heure.

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Racontez-le moi !
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /2008 16:23

Joseph était arrivé pour 14 heures au palais de Justice. Après avoir passé le contrôle, il alla signaler sa présence à l'huissier, puis attendit Laure dans le hall. Elle devait passer au tribunal pour expulsion. Peu avant qu'il parte, elle avait téléphoné pour demander à Leila une attestation sur l'état de sa pièce d'habitation au foyer. A la hâte, le document avait été préparé et Joseph attendait à présent pour le lui remettre. Elle arriva avec quatre autres personnes que Joseph ne connaissait pas mais qui lui dirent bonjour et l'encouragèrent pour l'audience.

 

Joseph entra dans la salle. Son avocate était déjà là. Il alla lui dire bonjour. Joseph passa très vite, un nouveau report fut accordé jusqu'au 20 octobre. En fait, sa soeur Catherine avait été enfin expertisée par un psychiatre, mais le rapport n'était pas encore parvenu. Celui-ci avait eu beaucoup de mal à la joindre.

 

Sortant de la chambre correctionnelle, Joseph se rendit dans la salle d'audience où devait comparaître Laure. Celle-ci triait des papiers, encore et encore, visiblement dépassée par ce qui lui arrivait. Joseph lui dit :

 

-          Tu devrais plutôt aller t'asseoir, car si l'on t'appelle, tu ne t'en rendras même pas compte.

-          Ah ?

-          Oui, ils appellent les affaires, mais ne parlent pas très fort...

-          Bon.

 

Ils s'assirent juste derrière la partie réservée aux avocats.

 

-          Passes-tu en référé ?

-          Je ne sais pas.

-          Non, répondit Joseph après avoir lu son assignation. Qu'as-tu donné comme pièces à la partie adverse ?

-          Rien.

-          Tu risques d'avoir un problème, car tes documents peuvent être déclarés irrecevables à cause de cela. Je ne peux pas t'aider, normalement, mais j'irai avec toi à la barre et essaierai de demander un report, avant que l'on me vire, afin que tu puisses préparer ta défense dans des formes correctes. La seconde raison est que, s'il est accordé, le report sera pour le 28 octobre, comme tous ceux qui ont été accordés jusqu'ici, et qu'à ce moment, nous serons entrés dans la période hivernale. Donc, en tout état de cause, tu seras tranquille jusqu'à mi-mars...

 

Laure recommença à trier ses papiers. Joseph lui dit :

 

-          Le principal papier, à présenter, si nécessaire, est celui qui montre que tu as tout payé depuis longtemps

-          Bon.

 

Laure le mit sur le dessus de la pile. Ensuite elle lui raconta qu'elle avait fait circuler le document que Joseph avait rédigé sur le foyer. Cela aurait semé un vent d'inquiétude au niveau de l'administration.

 

Deux heures plus tard, son affaire fut appelée. A peine arrivés à la barre, l'avocat de la partie adverse dit qu'ils abandonnaient les poursuites...

 

Laure le remercia. Joseph n'avait rien fait, en fait. Il rentra chez lui. Sa cheville le faisait souffrir. Il craignait que les antibiotiques qu'il avalait (voir C.H.U.  du 27 août 2008) n'endommagent ses tendons. Il se décida à rentrer en bus plutôt qu'à pieds.

 

Par Joseph - Publié dans : Justice - Communauté : Racontez-le moi !
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /2008 11:58

Joseph fit seul sa tournée et termina vers 7 heures 30. Il eut du mal avec un nouveau client qu'il ne put livrer : Le "passe PTT" tournait mais n'activait pas la serrure de la porte. Il essaya en vain une clef qui ouvrait une autre entrée du même immeuble. Finalement, dans cette autre entrée il chercha désespérément un accès à un jardin commun ou à une cave commune. Il dut se rendre à l'évidence : Ce journal qui refusait même de passer sous la porte ne sera pas livré. Il envoya un sms au dépôt pour le signaler et continua sa tournée. Une pancarte "A louer" le replongea dans ses peines, car il avait compris que sans garant "physique", il n'avait quasiment aucune chance de trouver une location dans le privé. Pour cela, il lui fallait un travail mieux payé que les journaux, en CDI, et encore... Il était comme dans un piège, ne sachant comment il allait s'en sortir. Seul un propriétaire un peu moins borné, qui lui ferait confiance, pourrait le sortir de là. Mais çà...

 

Une fois rentré, il se recoucha, afin de ne pas être trop fatigué l'après-midi : Il passait en correctionnelle.

 

S'il était injustement accusé, il savait que sa conscience ne pèserait pas lourd face à l'acharnement du reste de sa famille. La déposition accablante de sa propre mère, considérée comme une dame âgée, respectable et posée serait sans doute décisive. Encore une fois, Joseph pouvait constater qu'elle continuait de vivre comme elle avait toujours vécu, en démolissant les gens avec un sourire navré. Pas la peine d'aller à la messe tous les jours... Cette fois c'est son propre fils qui en faisait les frais.

 

Quoi qu'il en soit, arriverait ce qui devait arriver. Même si c'était injuste, c'était la vie. Il y a tellement d'injustices sur terre que cela n'en ferait qu'une de plus, pas trop grave, en somme.

Par Joseph - Publié dans : Justice - Communauté : Racontez-le moi !
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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /2008 11:57

Pour fêter l'évènement (voir Circoncision  du 5 septembre), Leila fit un couscous, un de ceux dont elle avait le secret. Malgré leur peu de moyens qui les empêcha d'acheter tous les ingrédients souhaités, il fut très réussi. Leila emplit un tajine et le porta chez des voisins, ceux qui avaient proposé leur aide pour effacer les tags (voir Tags  du 1er juillet 2008).

 

Le matin, le porteur avec qui Joseph apprenait sa nouvelle tournée, lui avait fait cadeau de deux montres publicitaires du journal : une grande et une petite. Joseph qui n'avait pas les moyens de changer les piles de la sienne mit la plus grande. Titi la voyant dit "Oh !... Elle est belle ta montre...", puis il la regarda avec admiration. Le midi, à table, Joseph posant sa montre sur le poignet de Titi lui dit : "Elle est trop grande pour toi" Puis, ajouta "Je vais essayer quelque chose : Regarde ! Je mets ma montre sous ta serviette. Ferme les yeux à présent... A-Bra-Ca-Da-Bra !..." Ce faisant, il glissa la petite montre à côté de la grande. Titi rouvrit les yeux. Joseph retira la serviette afin que Titi puisse voir la petite montre à côté de la grande...

 

Titi n'en est toujours pas revenu, mais ne cesse, depuis, d'admirer la petite montre à son poignet. Comme quoi, les cadeaux publicitaires peuvent faire des heureux !...

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /2008 11:55

Ce matin, Joseph et Leila emmenèrent Titi à la clinique afin que soit effectuée sa circoncision. Certains de leurs amis, dont Carla, ne comprennent pas cela et estiment qu'il s'agit d'une mutilation. Joseph, lui, ne s'y est pas opposé pour plusieurs raisons :

 

  • Il s'agit d'une coutume religieuse et, de ce fait, il la respecte
  • Cette intervention est pratiquée sur des millions de gens qui ne semblent pas souffrir de cela.
  • C'est une intervention qui peut être effectuée pour des raisons médicales et qui, par ailleurs, évite d'autres problèmes comme des infections, par exemple.

 

L'intervention se déroula bien. Après une période de somnolence, Titi se réveilla et se mit à pleurer, non à cause de la douleur, mais parce qu'il la trouvait... enflée, et que cela lui faisait peur. Un peu plus tard, il s'était remis de sa surprise et riait en s'amusant avec le masque d'anesthésie jetable.

 

En fin d'après-midi, tout le monde sortit de la clinique. Leila, qui se faisait beaucoup de soucis était soulagée à présent.

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 16:07

Carla avait arrangé un rendez-vous au Collectif Interculturel d'Associations de Migrants. Joseph et Leila, accompagnés de Laure y retrouvèrent Carla et sa fille Alice.

 

Joseph avait apporté son ordinateur et montra les photos du foyer. Ils en restèrent estomaqués. Ensuite, la secrétaire remarqua les blessures de Laure. Tout le monde tomba d'accord pour dire que l'urgence était de la mettre à l'abri. Joseph l'avait déjà dit à Laure deux jours auparavant, mais celle-ci avait répondu qu'elle craignait que la réaction de son mari ne soit pire encore. Comme disait très justement Laure "Pour aller où ? Pour combien de temps ? si l'on sait que c'est la CAF qui lui a donné mon adresse". Récemment, un voisin était intervenu et avait pris des coups. A présent, lui aussi avait peur des représailles.

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 16:05

Ce matin, Joseph alla chercher Laure à son foyer. Elle devait retirer des photos en souffrance à Cora depuis près d'un an, faute de pouvoir payer le montant demandé. Chemin faisant, Laure raconta ce qui s'était passé avec la banque alimentaire. Laure commença :

 

-          Lundi dernier ils n'ont pas voulu me donner de colis

-          Pourquoi ?

-          La Directrice m'a dit "J'ai eu des problèmes avec ton amie arabe. Je ne veux pas que tu donnes les dates de ce que l'on distribue à ton professeur. Je te donnerai un colis mercredi, mais il ne viendra pas de la banque alimentaire"

-          Et ?...

-          Elle m'a donné un colis inexploitable. Habituellement je peux me faire des sandwiches, mais là il fallait cuisiner et elle sait très bien que je n'ai pas de quoi.

-          Tu aurais dû le dire, on se serait arrangés

-          A part un concombre, j'ai tout donné à mes voisins

-          Il faudra que l'on essaie de s'inscrire ailleurs. Quoi qu'il en soit, on se débrouillera.

 

Ils arrivèrent à Cora. Joseph retira les photos puis, se dirigeant vers le magasin dit :

 

-          Qu'est-ce qu'il te faut ?

-          Rien

 

Joseph insista et un accord fut trouvé sur un saucisson.

 

Ensuite, ils passèrent aux impôts. Joseph devait se rendre au cadastre afin de vérifier si sa soeur était bien propriétaire de sa maison. C'était le cas. Quant à Laure, elle vérifia qu'ils avaient bien la déclaration d'impôts qui avait été remplie par une personne de cette institution quelques mois plus tôt. En fait... Rien ne fut trouvé. Aussi, Joseph aida Laure à remplir une nouvelle fois sa déclaration. Assez simple, puisqu'il suffisait de mettre "0" partout. La personne de l'accueil accepta d'en faire gracieusement une copie qu'il remit à Laure. Finalement, ils allèrent chez la soeur de Joseph après avoir acheté du lait.

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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