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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 12:54

Ils entrèrent dans le bureau. On leur dit :

- Il y a quatre palettes
- Tant que cela ?
- Oui. Un voyage ne suffira pas
- On va déjà charger ce que l'on peut

Ils prirent un tire-palettes et commencèrent le chargement des véhicules. De fait, un second voyage, moins important que le premier, serait néanmoins nécessaire. Non loin de chez Bertrand, Joseph appela Leila pour lui demander que Rose vienne leur prêter main forte pour décharger. De fait, Claude souffrait des cervicales et du dos et Joseph avait très mal au dos suite aux publicités.

Leila arriva.

- Et Rose ?
- Elle arrive...

Claude et Joseph déchargèrent péniblement les deux véhicules. Leila, trop occupée à trier le désastre n'apporta qu'une aide symbolique. Toujours pas de Rose... Au moment de repartir, Joseph dit à Leila :

- Tu n'oublieras pas de remercier Rose pour son aide
- Veux-tu que je t'accompagne ?
- Ce n'est pas nécessaire, mais si tu veux venir, il n'y a pas de problème.

Ils effectuèrent un second voyage, puis, à trois, remirent les publicités dans le véhicule de Claude. Joseph invita tout le monde à aller boire quelque chose. Ils se rendirent au café et y discutèrent un long moment sur ce qui s'était passé le matin.

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 12:48

Joseph appela Claude, son collègue de travail au journal (voir Nouvelle tournée du 2 septembre) et lui demanda son aide pour sortir les affaires du garde-meuble (voir Ils sont venus... ).

- Pas de chance ! je viens de remplir la voiture avec des prospectus. Il faut que je la vide. Il y a deux moyens : les distribuer ou les déposer quelque part
- Je vais t'aider à les distribuer, si tu veux
- D'accord ! Mais je ne crois pas que l'on pourra tout faire aujourd'hui et il est urgent que tu récupères tes affaires.

Rendez-vous fut pris et Joseph accompagna Claude dans la distribution des publicités diverses. Chacun avait un chariot rempli de papier. Claude laissa le plus pratique à Joseph. Il indiquait les boîtes à desservir puis, au bout d'un moment, se retrouvaient au coin d'une rue, ou d'une autre, pour continuer la tournée. Joseph dit à Claude :

- Je préfère cent fois les journaux aux publicités
- Moi aussi
- J'ai le dos en compote...

Ce manège dura quelques heures. Midi approchait. Dans un café, Claude offrit un sandwiche à Joseph. Celui-ci téléphona au garde-meuble pour dire qu'ils arriveraient à l'ouverture l'après-midi. Ensuite, ils déchargèrent le reste des publicités... sur le pas de porte de Catherine, à côté de la boîte aux lettres sur laquelle était peint "Pas de publicité". Cela les fit rire...

Claude et Joseph partirent pour le garde-meuble, chacun dans sa voiture.

 

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Solidarités
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 12:45

Carla n'en revenait pas.

- Ton coup de téléphone... je croyais que c'était une blague
- Je ne plaisanterais pas avec cela
- Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas assez grand pour vous loger, parce que l'on est déjà en surnombre, mais vous aurez toujours à manger ici.
- Merci Carla

Joseph et Leila racontèrent leur matinée pendant le temps du repas puis prirent congé.

 

Par Joseph - Publié dans : Famille - Communauté : Racontez-le moi !
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 12:44

N'ayant aucun endroit où aller, tous les quatre revinrent devant la maison de Catherine afin de rencontrer Amélie. A ce moment arriva Bertrand, voisin d'Amélie, qui dit :

- J'ai appris ce qui s'est passé. Vous n'allez pas rester dehors. On va pousser les murs pour vous faire de la place. Vous ne passerez pas l'hiver dehors.
- Amélie nous a déjà proposé son aide
- Oui, mais Amélie est fatiguée. Il vaudrait mieux que vous veniez chez nous.
- Bon, d'accord. Il faudra qu'on la tienne au courant.
- Vous devriez rapporter les affaires du garde-meuble et les mettre dans le garage.
- Mais, l'hiver arrive. Où allez-vous ranger votre voiture
- Cela ne fait rien. Le plus important est de récupérer vos affaires

Christian arriva ensuite et dit :

- De toute façon, ce midi, mangez à la maison.
- Nous te remercions mais Carla nous a déjà invités. C'est très gentil

Joseph et Leila, alors en profond désespoir, leur furent infiniment reconnaissants de cette aide dans un moment aussi pénible.

Ils allaient reprendre la voiture lorsqu'une autre voisine arriva :

- Ce n'est pas possible !...
- Si.
- Si vous avez besoin de manger, notre porte est toujours ouverte.

Voyant l'état de délabrement du pantalon que Joseph mettait pour son travail elle proposa

- Mon mari a des pantalons dans lesquels il ne rentre plus. Je vais vous en apporter. Avez-vous de quoi vous loger ?
- Bertrand accepte de nous héberger le temps que l'on trouve quelque chose
- Si jamais vous vous trouviez à la rue, n'hésitez pas à sonner à notre porte. Ce n'est pas grand, mais on essaiera de s'arranger. Je n'aurais jamais cru cela de Catherine. Si elle revient ici, on lui fera la vie impossible. Elle s'en ira. Sa propre famille !...
- Que voulez-vous !... Elle est chez elle.
- Quand même !... Avec des enfants.

Avant de reprendre la voiture pour aller chez Carla, Joseph emprunta quelques cartons à la voisine et vida le coffre dans le garage de Bertrand. En effet, aller ainsi à Orgeval était le meilleur moyen de se faire piller.

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 12:41

Tous les quatre partirent. La Volvo était lourdement chargée. Le pneu arrière gauche, très aplati, faisait craindre une crevaison. Les pneus devaient être poreux car, chaque semaine, il devait les regonfler. Il ne l'avait pas encore fait cette semaine. Roulant doucement, ils traversèrent Reims, se garèrent sur un trottoir. Rose dit alors :

- J'ai besoin d'aller aux toilettes
- Tu n'as pas pu y aller là bas ?
- Non, j'ai dû sortir avant
- Il y a un café dans la rue voisine. Prends ces deux Euros, commande une boisson et vas aux toilettes

Peu de temps après, Rose revint.

- Ils n'ont pas de toilettes
- Tu plaisantes ! J'y suis allé la dernière fois que j'ai accompagné Leila à l'Armée du Salut.
- Je suis entré, j'ai demandé et ils m'ont dit qu'il n'y en avait pas.
- As-tu demandé une consommation ?
- Non.
- Ne cherche pas. Ce ne sont pas des toilettes publiques, elles sont généralement réservées aux consommateurs.

Leila sortit de la voiture et y retourna avec Rose.

Les enfants restèrent dans la voiture, tandis que Joseph et Leila se rendaient à l'Armée du Salut.

- Bonjour
- Bonjour, nous venons d'être expulsés. L'huissier et le commissaire de police nous ont dit que nous étions attendus chez vous
- Attendez... Non ! Nous attendons deux familles et le foyer "Jamais Seul" nous envoie du monde. Nous n'avons aucune place pour vous. Pouvez-vous aller sur Châlons ?
- J'ai une voiture, mais les enfants sont scolarisés sur Reims et moi-même travaille ici.
- Je comprends. J'appelle la responsable.

Celle-ci arrivait, justement.

- Nous n'avons aucune chambre disponible. On peut déménager deux personnes pour essayer de libérer une chambre, mais ce ne sera pas possible tout de suite.
- Quand cela sera-t-il possible ?
- Pas avant lundi
- Que pouvons-nous faire ?
- ...
- Où peut-on loger ?
- Je ne sais pas. Tout est plein. Ils ne se rendent pas compte. Ils nous envoient plein de monde, mais on n'a plus de place.
- Pouvez-vous nous faire un papier dans ce sens ?
- Bien sûr.

La responsable partit vers son bureau. La personne de l'accueil, nous montrant un grand réfectoire nous dit :

- Quoi qu'il en soit, vous pourrez toujours venir manger ici, si vous ne trouvez rien
- Nous vous en remercions.

La responsable revint avec le document.

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 12:17

Joseph descendit et ouvrit la porte. L'huissier, Maître B., accompagnée d'un homme, l'attendait derrière la porte. Elle commença :

- Nous sommes venus vous expulser. Comment se fait-il que les enfants soient là ?
- Titi s'est fait opérer la semaine dernière et nécessite encore des soins plusieurs fois par jour. Quant à Rose, elle a été malade toute la nuit et nous avons rendez-vous chez le médecin tout à l'heure. Ne pourriez-vous pas remettre cette expulsion à demain que nous ayons le temps d'emballer les affaires ?
- C'est hors de question.

Sur ces paroles, l'homme écarta un pan de son manteau, laissant entrevoir un écusson de la police, puis poussa la porte et entra :

- Je suis commissaire de police
- Pourriez-vous attendre dehors cinq minutes, le temps que Leila s'habille ? Elle est en chemise de nuit.
- Je me tournerai de l'autre côté. Dépêchez-vous.

Joseph monta et avertit Leila.

- Ils sont venus nous expulser
- Maintenant ?
- Oui. Habille-toi et essaie de les retenir un peu en bas.

En haut, Joseph commença à rassembler quelques affaires sur la table du salon. Il ouvrit la fenêtre donnant sur le petit jardin et sortit avec son téléphone.

- FR3 que désirez-vous
- Pourriez-vous me passer Caroline Moreau ?
- Elle n'est pas disponible pour l'instant.
- Pouvez-vous lui dire, de la part de Joseph, chez qui elle est déjà venu effectuer un reportage sur le problème des banques alimentaires (voir "Droit A l'Alimentation Opposable" du 29 mai), que l'on nous expulse, en ce moment même, avec deux enfants malades.
- Je lui transmettrai

Un bruit de pas se fit entendre dans l'escalier. Joseph s'affairait lorsque le commissaire entra.

- Vous avez une voiture
- Oui, la vieille, devant la porte
- Mettez tout dedans.
- Tout ne tiendra pas. Vide, seulement la moitié des affaires peuvent y entrer, alors avec les enfants à l'arrière...
- On mettra le reste au garde-meuble
- Je n'ai as les moyens de m'offrir cela. Pourquoi ne pas nous donner une heure limite et que nous nous arrangions d'ici là ?
- Non ! C'est le plus vite possible qu'il faut partir.

Joseph essayait de faire entrer le scanner dans sa boîte

- Pourriez-vous m'aider, s'il vous plait ?
- Non. Je n'en ai pas le droit.

Puis :

- Bon !... Je vais vous aider
- Non merci ! Je me débrouillerai.

Le commissaire retourna en bas. Joseph au jardin. Il appela le journal local et demanda à parler à Catherine Frey.

- Elle est en réunion de rédaction
- Pouvez-vous lui transmettre un message urgent ?
- Je peux essayer

Joseph recommença le même discours que pour Catherine Moreau puis raccrocha. Il n'eut pas le temps de passer un autre appel, car le commissaire montait de nouveau.

- Avez-vous des sacs poubelle ?
- Quelques-uns
- Utilisez les pour mettre vos affaires

Une fois le commissaire parti, Joseph appela brièvement Carla pour la tenir au courant, puis l'avocat de Leila. Celui-ci voulut parler à l'huissier qui refusa dans un premier temps. Finalement, elle prit le combiné et lui répondit "Vous faites votre travail, moi le mien", puis raccrocha.

Tandis que Joseph s'affairait au premier, le commissaire suivait Leila partout. Elle dut insister pour avoir un semblant d'intimité pour s'habiller. Il ne sortit pas mais dit qu'il tournait la tête. Leila pleurait et le commissaire lui dit "Vous n'avez qu'à vous passer de l'eau froide sur le visage". Rose pleurait aussi. Quant à Titi, il s'était transformé en moulin à paroles, ce qui commença à agacer Joseph.

Un serrurier s'était joint aux envahisseurs. Il semblait plus affecté que content d'assister à cette scène. Un moment il se prétendit même écoeuré. Il aida même à mettre les produits frais dans un sac. Joseph avait demandé l'aide de Christiane et Christian, des voisins, pour sauver ce qui pouvait l'être dans leur réfrigérateur. Il y porta les sacs de nourriture, puis descendit les quelques affaires qu'il avait pu rassembler. Les déménageurs commençaient à embarquer des cartons dans un camion. Il posa son ordinateur dans l'entrée et dit à l'huissier :

- Je le garde avec moi. Il ne part pas au garde-meuble
- Bien sûr. Je m'en doute.

Ensuite il se rendit au garage où le serrurier l'appelait, bientôt suivi par le camion venu vider les lieux. Joseph ouvrit le garage et indiqua les cartons lui appartenant. En sortant, il vit deux sacs à côté de l'entrée : "N'emportez pas ces sacs ! Ce sont les affaires d'école de Rose" indiqua-t-il, puis croisant Rose il lui dit "Veille à tes affaires de classe, ils ont failli les emporter". Tout le monde s'affairait. Le camion revint se garer devant la maison. Joseph essayait d'extraire l'essentiel de l'utile, afin de le faire tenir dans le coffre de la Volvo. Se dirigeant vers la maison il vit les sacs d'école de Rose à l'arrière du camion. Il commença à pester "Je vous avais dit de ne pas emporter ces sacs ! Comment voulez-vous que Rose travaille à l'école si vous la privez de ses cahiers et de ses livres !". Disant cela, il s'empara des sacs et les mit à l'arrière de la voiture.  Non seulement vous nous jetez dehors mais vous voulez empêcher les enfants de travailler à l'école !...". Il entra pour prendre son ordinateur : Rien. S'adressant à l'huissier :

- Où est passé mon ordinateur ?
- Je ne sais pas.
- Je l'avais mis là en vous précisant bien qu'il partait avec moi.
- Oui, mais je ne sais pas où il est passé.
- Il n'a pas été chargé dans le camion j'espère.
- Je ne sais pas
- Etant donné les circonstances, je vais avoir besoin des documents scannés qu'il contient. Je ne partirai pas sans lui.

Disant cela, il ressortit et grimpa à l'arrière du véhicule. Bientôt rejoint par l'un des déménageurs, tous deux découvrirent finalement le sac au fond, derrière deux rangées de cartons et parvinrent à l'en extraire avec beaucoup de difficultés. Pendant ce temps, comme le lui avait suggéré Joseph, Rose prenait quelques photos de la scène avec le téléphone de Leila.

Le camion fut fermé, un déménageur dit à Joseph :

- Prenez le numéro de téléphone pour récupérer les affaires
- Où les emmenez-vous
- A Cormontreuil. A côté des articles funéraires
- Je vois. Je me suis perdu une fois par là bas.

A présent, le commissaire et l'huissier fermaient la porte et placardaient un avis d'expulsion sur celle-ci. Ils dirent à Hassiba :

- Allez à l'Armée du Salut. Tout est prêt, ils vous attendent, mais allez-y avant midi
- Et le rendez-vous de Rose chez le médecin ?...

Cette question resta sans réponse. Visiblement, la santé des enfants les préoccupait peu. Ils partirent. Une voisine, Amélie, vint à la rencontre de Leila.

Amélie avait aidé Catherine à revenir dans la maison lorsque Joseph, Leila et les enfants s'absentaient pour faire des courses. Elle hébergeait Catherine et sa mère, en attendant que la voie soit libre. Plusieurs jours auparavant elle avait confié à Leila : "Catherine m'avait brossé un tableau affreux de son frère et de vous, mais j'ai pu me rendre compte qu'il n'en était rien."

Leila et Amélie pleuraient. Amélie proposa de les héberger. Joseph dit qu'ils allaient déjà se rendre à l'Armée du Salut, pour voir, mais retenaient sa proposition.

 

Par Joseph - Publié dans : Justice - Communauté : Chroniques du temps présent
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 12:12

Joseph était rentré, fatigué, de sa tournée et s'apprêtait, après un bon café, à aller se reposer une heure ou deux. Leila lui dit :

- Rose a été malade toute la nuit
- Je vais prendre rendez-vous chez le médecin

Dès huit heures, Joseph essaya de joindre son médecin habituel. Encore une fois, un message remplaçait le praticien : "En cas d'urgence avant demain 16 heures, veuillez contacter le 15...". Encore les urgences...

- On va changer de médecin. Pas qu'il ne soit pas bon, mais il n'y a jamais moyen de le joindre quand on a besoin de lui
- D'accord

Il chercha dans l'annuaire un cabinet médical et prit rendez-vous pour la fin de matinée. Il finissait à peine de téléphoner que l'on sonna à la porte.

Rose vint lui dire :

- Il y a des gens qui te demandent
- Qui çà ?
- Je ne sais pas. Il y a la dame de l'autre fois.

 

Par Joseph - Publié dans : Famille - Communauté : Phénomènes de Société
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /2008 16:45

Voyant le titre en première page du journal local que Joseph repliait avec les invendus, Rose posa la question idiote, celle qu'il ne fallait pas poser :

- Comment se fait-il que dans une ville en pleine expansion il y ait encore autant de SDF ?
-
C'est sûr ! Dans une ville en pleine expansion, cela semble difficile à croire, mais regarde mon... notre parcours, c'est un des moyens de le devenir à Reims !... Je t'explique :

Depuis sept ans à Reims, je vais réussir ce tour de force de devenir SDF.

š›

 Menacé d'expulsion...

  • La réponse des bailleurs sociaux : Non ! parce que...
    • Vous n'avez pas de revenus suffisamment "sécurisant". Vers qui faut-il se tourner ? Vers les bailleurs sociaux ? Ah ! Zut ! C'est à eux que je viens de m'adresser...
    • Il n'y a pas de logements. C'est sûr, avec tout ce qu'il vendent, avec tout ce qu'ils louent à pris d'or, loyers libérés après avoir fermé les logements suffisamment longtemps ! Car des logements... il y en a !...
  • La réponse des services sociaux :
    • Parc privé ! On fait dans le social, là... Si on se tourne vers les HLM, c'est peut-être que l'on n'a pas les moyens de louer la petite maison avec piscine qui nous fait tant envie !...
    • Foyer
  • La réponse de la mairie :
    • Pas de logements
  • La réponse du préfet :
    • Etant donné le contexte (?) de votre expulsion, je ne donne pas suite à votre demande de logement. Ah oui, au fait ! Je vous envoie les flics pour vous mettre dehors...
  • La réponse de Monsieur D., président (entre autres) de la commission de médiation :
    • Foyer

Bref ! Que reste-t-il ?

1. Les foyers
2. La rue


Les foyers :

Ceux qui y vivent (?) peuvent témoigner des conditions déplorables qui leur sont offertes (voir Visite guidée...  du 31 août ). De nouveaux foyers sont construits pour remplacer les plus anciens mais... Il n'y a pas de place pour loger tout le monde. Alors ? La solution qui consiste à rajouter encore des gens en hébergement "provisoire" est une pure démagogie.

La rue :

YESSSSS !... Et bien oui !... C'est tout ce qui reste !... Mais là !...


T'as raison Adeline  !...

(Pour ceux qui ne le sauraient pas, Adeline Hazan, de gauche, est le maire de Reims.)

Faut pas gâcher le paysage !!!..

 Un maire de gauche qui parle de SDF. On pourrait s'attendre à ce qu'elle dise : "SDF", c'est anti-social ! Faisons tout pour leur donner un domicile fixe. NON ! Vous n'avez rien compris ! On va seulement leur faire comprendre qu'ils dérangent les braves gens. Mais, rassurez-vous, on ne va pas les exterminer !... Joseph de mit à penser un instant à Didier Super.
 

Le mieux, ce serait le SDF pourvu d'esprit civique. Oui cela leur fait cruellement défaut (c'est peut-être pour le leur inculquer que l'on crée une commission d'aide aux sans-abri) ! Il faut tout leur dire !...

 

Comprenez nos problèmes ! Ayez un peu plus d'esprit civique ! Allez vous faire voir ailleurs !...

 

Tiens... Joseph avait déjà entendu cela quelque part... Ah oui !... Par les assistantes sociales qu'ils avaient rencontrées dans leur quête d'un logement. Bien sûr, cela avait été formulé un peu plus gentiment : "Et vous ne pourriez pas trouver dans une autre région ?...".

 

œ


Rose sortit de la pièce, écoeurée... Quel beau monde lui préparaient les adultes...
Joseph alla lire l'article page 2... Un encart le rassura de suite sur l'article écrit par Catherine Frey :

 

 

L’art de l’enrobage

Quand on est de gauche et qu’on veut prendre une mesure de droite, il faut savoir la maquiller.

C’est pire quand en est de gauche et qu'on veut prolonger une mesure déjà prise par la droite, là il faut bien maîtriser l'art de l'enrobage.

La municipalité d’Adeline Hazan a fait ses armes avec l'arrêté « anti-SDF ». Elle n’avait pas d’autre choix que de reconduire l’interdiction de picoler en ville, de balader des hordes de chiens parfois molosses et de semer sa crasse aux abords des commerces.

Pour sauver son visage de gauche, elle n’a eu qu’à ajouter la création d’une commission de prévention en article 1. Ainsi elle fait d’une pierre trois coups : elle laisse penser que l’arrêté « anti-SDF est exclusivement un moyen d’aider cette population de laissés-pour-compte, elle fait croire aux Rémois que, sous la droite, le centre communal d’action sociale se contentait d’appeler la police alors que maintenant il va enfin faire du social.

Et pour finir elle prend les mêmes mesures répressives que l’équipe Schneiter mais sans en avoir l’air.

Superbe enrobage.

C.F.

Pour ceux qui ne savent pas qui est cette personne, Catherine Frey est journaliste au quotidien local le plus lu. Contrairement à nombre de ses confères, elle s'intéresse plus aux "gens" écrasés qu'aux chiens écrasés. Cette position courageuse, qui consiste à soutenir les pots de terre contre les pots de fer, fait que Joseph l'estime beaucoup. S'il avait les moyens de s'abonner un jour à ce quotidien, ce serait certainement en grande partie à cause de ses articles. Pour l'heure, il se contentait de les livrer aux plus nantis que lui.

 

 

 

 

Sur la photo, Joseph reconnut certaines des personnes qui faisaient l'objet de l'article. Un passage le fit sourire : "Les personnes en difficulté qui n'occasionnent pas de troubles devront se trouver une autre commission"... Tellement vrai !...

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /2008 11:55

Le samedi, en plus des journaux il fallait livrer le supplément télé et le magazine féminin, ce qui augmentait la charge de travail car il fallait mettre les trois publications les unes dans les autres. Jusque là, Joseph l'avait fait seul. Il arrivait plus tôt le matin et assemblait les magazines et programmes TV en attendant l'arrivée des journaux. Le reste, il le faisait dans la voiture, au fur et à mesure. Mais là, il était fatigué et ne connaissait pas encore bien la tournée. Alors, la veille, il avait dit qu'il allait prendre quelqu'un avec lui pour sa tournée du lendemain. Leila se proposa.

 

A deux heures du matin, Joseph et Leila se levèrent, se préparèrent rapidement pour se rendre au dépôt. Ils avaient préparé une partie des magazines quand les journaux arrivèrent. Une fois la voiture chargée, Leila était à l'arrière et encartait les publications avant de les poser sur le siège passager à l'avant. Joseph, lui, conduisait et livrait les boîtes. Le peu de place disponible dans la voiture obligeait Leila à effectuer de multiples contorsions,. Celles-ci ne lui permirent pas de se réchauffer mais réveillèrent ses douleurs de dos. Joseph, quant à lui, avait chaud non seulement à cause du chauffage qu'il avait mis pour Leila, mais du fait qu'il courait sans cesse. Tout se passa bien et ils finirent juste dans les temps, ce qui confirma à Joseph qu'il avait eu raison de prendre quelqu'un avec lui ce jour là.

 

La tournée finie, ils allèrent prendre un café bien mérité avant de rentrer. Si Leila était contente d'avoir pu se rendre utile, Joseph était ravi que Leila soit venue. Ainsi, ce travail nocturne ne resterait pas... obscur.

 

De même, Rose participa, elle aussi, à sa manière, en allant chez le dentiste, l'après-midi, alors que Joseph attendait en double file, afin de reproduire la clef permettant d'effectuer cette livraison (voir Porte close  du 10 septembre).

Par Joseph - Publié dans : Métiers - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 11:53

Rose se plaignait sans cesse de son dos. Il faut dire que le lit d'appoint sur lequel elle dormait n'était pas de bonne qualité. C'est le moins que l'on puisse dire. Les lattes du sommier pliable se détachaient sans cesse, au point que Rose finit par mettre le matelas par terre. Rapidement, la mousse de faible densité s'était aplatie et la housse du matelas était dans une phase de mutation, semblait-il, au vu de l'aspect moutonneux, nuageux, brumeux qu'elle prenait.

 

Joseph et Leila décidèrent de trouver un matelas pour Rose.

 

Titi avait grandi. A présent, il remplissait largement le petit lit d'Océane. Il était grand temps de changer de gabarit de lit.

 

Joseph et Leila décidèrent de trouver un matelas pour Rose.

 

L'exiguïté de la pièce les orienta vers des lits superposés. Une visite à Conforama leur donna une indication sur la somme à débourser : 300 à 400 Euros... Joseph se dit qu'il faudrait qu'il porte encore pas mal de milliers de journaux pour y arriver. Il avait son amende à payer (voir Défaut de contrôle technique  du 31 juillet), le plein de la voiture à faire et n'osait même pas penser aux 500 Euros que les impôts allaient lui réclamer ni à ce qu'il devait à son avocate. Mais bon !... Il était prioritaire que les enfants puissent dormir correctement.

Par Joseph - Publié dans : Argent - Communauté : Vos vies, les vôtres ...
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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