Justice

Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /2007 17:19
Décidément, cette phrase qu'un Président d'Assises avait dite à Joseph, il y a longtemps, était toujours, plus que jamais, d'actualité. "Il ne faut pas confondre Justice et Equité"... Tout un programme.
 
Au courrier, Leila venait de recevoir les suites de la plainte qu'elle avait déposée contre la soeur de Joseph : 
 
"sans suite"...
 
La cause invoquée resta obscure pour Joseph :
 
"Carence plaignant"
 
Que pouvait-on entendre par là ? "Carence" ? Il s'agit de quelque chose qui fait défaut. En quoi Leila faisait-elle défaut ? Elle avait déposé plainte, restait à la disposition de la police pour leur enquête, ainsi que Joseph, d'ailleurs, qui n'avait jamais été sollicité. Où pouvait bien se trouver la carence ? En tout cas, ce n'était pas au niveau des coups reçus. Le lendemain, Leila portait les traces des sévices infligés par la soeur de Joseph.

20071211-SansSuite.jpg

Outre de nombreuses marques de griffures, un genou écorché, une pommette griffée et rougie, mais surtout les marques caractéristiques d'une tentative de strangulation...
 
Joseph ne comprenait pas pourquoi le procureur était si agressif envers lui, pour des menaces et voies de faits fausses et, évidemment, non prouvées :
 
-         Proposant à Joseph le marché "quitter le domicile de sa soeur ou aller en correctionnelle", déjà, à ce stade, Joseph avait tiqué car, si le procureur avait le moindre soupçon concernant Joseph, pourquoi ne pas le traîner directement en correctionnelle ?
-         Lorsque Joseph choisit la correctionnelle, faute de foyers susceptibles d'accueillir toute la petite famille, pourquoi n'a-t-il pas requis d'emprisonnement ? Car enfin, s'il croit vraiment à ces accusations, c'est suffisamment grave pour requérir un emprisonnement qui peut aller, sauf erreur, jusqu'à trois ans.
-         Refusant ce que les avocats demandaient d'un commun accord : un report pour expertise psychiatrique. S'il s'inclinât, c'est parce que les avocats étaient d'accord
 
Joseph trouvait tout cela pour le moins bizarre et illogique. Mais lorsqu'il vu ce "sans suite" alors que là, les preuves ne manquaient pas, il se demanda où se trouvait l'équité. Y avait-il équité entre les poursuites à son encontre et celles à l'encontre de sa soeur ? A l'évidence non. D'un côté des ragots, de l'autre, des preuves : témoins, photos, certificats médicaux, mais abandon des poursuites. La première réaction de Joseph fut de se renseigner afin de savoir quel procureur avait décidé de classer l'affaire. Il n'était pas loin de penser qu'il devait s'agir du même. Il décida de tenter de se renseigner, dès lundi.
 

 

Par Joseph - Publié dans : Justice - Communauté : Chroniques du temps présent
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /2007 18:46
Ce matin du 23 novembre, Joseph passa devant le Juge. Stricte et rigoureuse, cette femme ne voulait s'attacher qu'au Droit, strictement.
 
L'avocat de sa soeur Catherine commença à déverser un flot de mensonges, comme quoi Catherine était partie de son logement, chassée par Joseph, début juillet, que Joseph n'avait rien fait pour trouver un logement et d'autres choses encore toutes plus fausses les unes que les autres.
 
L'avocate de Joseph fit remarquer que, puisque l'on s'attachait au Droit, pur, la Loi prévoyait de ne pas accorder de délai pour une expulsion lorsque les voies de fait avaient permis à la personne d'entrer dans les lieux et rien d'autre ce qui n'était pas le cas dans cette affaire. En conséquence, celle-ci ne s'appliquait pas au cas présent. Puis elle s'étonna d'entendre que Catherine était partie début juillet. Comment a-t-elle pu avoir une altercation avec son frère fin août, suite à laquelle elle déposa plainte ? Quant à la recherche d'un logement, les échanges de courriers avec les organismes logeurs étaient assez éloquents par eux-mêmes pour prouver le contraire.
 
Aucune décision immédiate ne fut prise, puisque le Juge mit la décision en délibéré au 21 décembre. De fait, Joseph obtenait un peu moins d'un mois de sursis, ce qui n'était pas négligeable.
 

Par Joseph - Publié dans : Justice
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Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /2007 12:00
Ce matin là, Joseph se rendit au Tribunal d’Instance pour y être jugé. Il avait préparé un dossier à remettre au juge et un autre exemplaire à remettre à la partie adverse. Après avoir passé le portique de détection on lui indiqua la salle d’audience.
 
Les bancs en bois quelque peu vieillots lui firent penser à ces peintures illustrant les temps forts de la révolution. Les valeurs acquises dans le sang à cette époque lui paraissaient quelque peu perdues de vues depuis. Ce n’étaient pas les seules. Songeant à sa famille, il se dit que lui-même n’aurait jamais rien fait à l’encontre de l’un des membres de sa famille. Mais à quoi bon avoir l’esprit de famille si on est le seul à l’avoir ?
 
Voyant un avocat arriver, il lui demanda la description de l’avocat de sa sœur et se mit à guetter son arrivée afin de lui remettre une copie du dossier qu’il avait préparé. Joseph fut soulagé lorsqu’il vit son avocate entrer dans la salle. Il lui présenta le dossier :
 
-         Bonjour Maître. Je ne savais si vous viendriez, alors j’ai essayé de préparer ma défense. Je tente de demander l’application de l’article 62 du 9 juillet 1991, en faisant ressortir que ma participation effective aux charges et à l’entretien de la maison pourraient être considérés comme une sorte de loyer et qu’il y a, en quelque sorte, un ‘bail de fait’
-         Cela ne marchera pas. Laissez-moi faire.
-         Avec plaisir
-         Je vais essayer de demander un renvoi
 
Il s’agissait d’une assignation en référé et Joseph se demanda comment le juge allait prendre cette demande. Bien… en fait. Son avocate obtint un report au 23 novembre. Joseph avait du mal à y croire, mais elle avait obtenu un mois de sursis à cette expulsion imminente. Catherine ne voulait pas lui laisser de temps, mais il en avait obtenu un peu. Un peu d’oxygène.
 
Sortant du tribunal, sur les conseils de Carla, Joseph se rendit au service logement de la mairie. Il leur remit les preuves de ses démarches et de l’insuccès de celles-ci. La personne qui le reçut sembla effarée de la situation après un an.
 
Joseph ne s’attarda pas, car il avait encore rendez-vous avec Madame Raptin, l’assistante sociale de quartier. Il passa prendre Leila. Ils se rendirent au rendez-vous.

Par Joseph - Publié dans : Justice
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 12:00
Joseph termina son dossier de demande d’aide juridictionnelle, ce qui lui prit encore une bonne partie de la journée du lendemain car une dispute éclata avec Leila, de plus en plus inquiète, de plus en plus irritable.
 
Finalement il put préparer une défense pour son audience du lendemain. Pour tout ce qui relevait du ‘réel’, il essaya d’apporter les arguments pour contrecarrer les accusations portées contre lui. Pour le reste, il fit ce qu’il put. C’était sa parole contre celle de sa sœur. Il rédigea le dossier suivant :
 
–—
 
Assignation en référé – réponse du défendeur
 
Nature du litige (chemise 1)
 
En premier lieu, il s’agit de savoir ce que l’on juge :
 
  • Un hébergement sans droit ni titre
  • Un hébergement rémunéré sans bail, qui, équivaut à un bail de fait.
 
Le document n°1 n’est qu’une copie. L’original a été fourni à l’occasion de la procédure de divorce L./R. et pourrait donc être obtenue par votre Honneur. Ce document montre que Madame L. reconnaît que l’hébergement n’est pas fait à titre gratuit.
 
Ce « loyer » semble peu élevé dans la région d e Reims. Encore faut-il savoir ce qu’il recouvre. Les photos jointes permettent à votre Honneur de s’en faire une idée.
 
En fonction de quoi, Monsieur L. demande l’application de l’article 62 de la loi du 09 juillet 1991 accordant un délai de deux mois au défendeur.
 
Ensuite, il y a lieu de rectifier, voire de montrer le caractère partial des « faits » rapportés par l’accusation
 
Situation initiale
 
Madame Catherine L est propriétaire d’une maison d’habitation sise à REIMS, 51100.
Monsieur Joseph L est le frère de la demanderesse.
Ensuite de son divorce en 2001, Monsieur L. a été accueilli par sa soeur.
Aucune objection
 
Domiciliation
 
Il s’est domicilié à cette adresse sans y résider de façon permanente notamment pour les besoins de la procédure de divorce.
Madame L. avait même accepté de lui faire une attestation d’hébergement.
Pour autant, il avait été convenu que cet hébergement ne pouvait être que provisoire et que le défendeur se mette à la recherche rapide d’un logement.
 
Madame L. reconnaît que Monsieur L. n’a pas résidé de façon permanente chez elle.
 
Il est exact que Madame L. a accepté de faire plusieurs attestations d’hébergement à Monsieur L., notamment pour le renouvellement de sa CNI, de son passeport, de l’établissement d’une nouvelle carte grise
 
Effectivement, Monsieur L. n’a pas résidé de façon permanente chez sa sœur, depuis 2001. De même, il s’est mis à la recherche rapide d’un logement :
 
  • Reims, quartier Orgeval, avec Madame R. durant 9 mois
  • Dans l’Aisne pendant 2 ans ½
  • Strasbourg (7 mois)
  • Triel sur Seine (6 mois)
 
Soit 43 mois ou près de 4 ans, ce qui montre bien que Monsieur L. n’a jamais eu l’intention de s’incruster chez sa sœur.
 
Accueil de Madame M.
 
Au mois de novembre 2006, Monsieur Joseph L, non content de profiter de la gentillesse de sa soeur, lui a demandé d’accueillir son amie Madame Leila M. et les deux enfants de celle-ci.
Cet hébergement était une solution d’urgence et ne devait durer que quelques jours.
Il est exact que fin novembre Madame L. a accueilli Ces personnes. Madame M. ayant été agressée et étant menacée, est venue à REIMS. Il s’agissait d’une mesure d’urgence.
 
L’hébergement était effectivement provisoire et devait durer le temps de trouver un logement (et non quelques jours).
 
Recherche d’un logement
 
Monsieur L. et Madame M. ont ensuite fait croire à madame L. qu’ils procédaient à une recherche de logement tout en s’installant de plus en plus à son domicile sans son autorisation et malgré ses protestations.
 
Faux. La recherche d’un logement est effective et soutenue. Afin d’accélérer les choses, monsieur F., Député à l’époque, a été contacté dès décembre 2006. Sans succès. Par la suite, c’est madame R., de la mairie de Reims, qui a été sollicitée, et actuellement Madame M.. Les services sociaux également, tant ceux du quartier Croix Rouge que ceux de l’hôpital Maison Blanche où les enfants sont suivis, du fait des conditions de vie précaires.
 
D’autre part, l’installation de Monsieur L. et de Madame M. n’a pas dépassé ce qui est décrit dans la partie « logement »
 
Moyens utilisé par Madame L. pour faire partir les occupants
 
Depuis lors, Madame L. tente par tous moyens de faire partir ces occupants sans droit ni titre de son domicile.
 
Exact. Tous les moyens ont été utilisés :
 
-         Vol des jouets des enfants, de biens appartenant à Madame M. (bijoux, Coran), nourriture dans le réfrigérateur, et même de l’urne contenant les cendres du chien de Monsieur L.
-         Destruction de cadeaux offerts par Madame M. à Monsieur L. (tasses) ou l’inverse (nounours à la tête tranchée. Destruction de la poule de Pâques achetée par la fille aînée
-         Etc…
 
Tout cela fait que Monsieur L. et Madame M. ne désirent nullement rester au domicile de Madame L. S’ils y sont toujours c’est parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement et parce qu’ils le désirent.
 
Evolution de la situation de Madame L.
 
Il convient de préciser à ce stade que Madame Catherine L. est atteinte en suite d’une grave maladie, d’une surdité quasi-totale et qu’elle exerce la profession de professeur de mathématiques.
De ce fait elle a engagé des démarches pour changer de fonction professionnelle en raison de ce handicap à compter du mois d’octobre 2006.
Monsieur L. et Madame M. étaient d’ailleurs au courant de ces démarches.
Depuis le mois de février 2007, Madame L. a été nommée à mi-temps au CNED, elle y est enseignante à plein temps depuis le mois de mai dernier.
Elle se trouve depuis ce moment là dans l’impossibilité de reprendre une vie normale dans sa maison d’habitation qui a été investi par le défendeur.
 
Cette surdité n’est pas nouvelle. Tout cela est exact sauf la dernière assertion.
 
La seule pièce que Madame L. n’occupe pas librement est la chambre du bas (ancien débarras) où se trouvent les enfants. Madame L. n’a jamais occupé cette pièce. Madame L. occupe le reste de la maison à sa guise et dispose :
 
-         En exclusivité : de son bureau au premier étage et de trois pièces au second.
-         En quasi-exclusivité, puisque Monsieur L., Madame M. et les enfants n’y vont que si la pièce est libre :
o       La salle de séjour où Madame L. prend ses repas, corrige ses copies et regarde la télévision.
o       La salle de bains, occupée une fois par semaine pour la douche des enfants (1/2 heure au total)
 
A l’exception de la pièce du bas qui était un débarras, on ne peut dire que Madame L. ait perdu un centimètre carré de sa maison. S’il est vrai que Madame L. est chez elle et que le défendeur est chez sa sœur, il est très abusif de dire que la maison a été « investie » par le défendeur.
 
Mois d’août
 
Au mois d’août 2007, Monsieur L. a franchi un degré supérieur dans son attitude.
Il a menacé de mort sa soeur, a commis des violences à son encontre et lui a également réclamé le versement de sommes d’argent importantes pour partir.
Le défendeur ne refuse pas de partir. La question est qu’il ne le peut pas :
 
-         Sans ressources actuellement (Arrêt maladie et perte d’emploi)
-         Surendetté (dossier déposé à la Banque de France)
-         Sans logement autre
 
Il n’a d’autre solution que la rue, le foyer ou la prison. Les foyers sont pleins (le défendeur a passé deux jours et deux nuits à la rue à la recherche d’un foyer) et le défendeur a préféré aller en correctionnelle plutôt que de mettre quatre personnes dont deux enfants à la rue.
 
Les menaces de mort et autres ne sont que des accusations destinées à exclure le défendeur. Il est vrai qu’il a demandé l’aide de sa famille afin de résoudre le problème commun qu’il a avec sa sœur : Celle-ci veut qu’il parte et lui-même veut partir. C’est sa sœur elle-même qui s’est opposée à cette aide et a même refusé toute tentative de médiation familiale engagée par le défendeur et l’ARETAF.
 
A présent, les accusations rejoignent celles de la plainte déposée à l’encontre du défendeur qui devra en répondre le 23. Cette procédure en référé ne laisse que peu de temps pour développer plus avant les réponses aux accusations. Celles-ci seront données de vive voix à l’audience, à la requête de votre Honneur.
 
Le défendeur ne désire pas rester chez sa sœur.
 
Il regrette le préjudice ressenti par sa sœur mais ne comprend pas son attitude hostile alors qu’il a toujours participé largement à la bonne marche de la maison, tant financièrement (du moins quand il le pouvait encore), que par le ménage (effectué exclusivement par Madame M.) dans toutes les parties communes. Certes, il n’y a pas de bail, cela n’était pas prévu ainsi, mais Le défendeur ne s’est jamais comporté comme le « parasite » décrit par l’accusation, au contraire. Il a demandé l’aide de sa famille pour le bien de sa sœur et de lui-même. Le défendeur ne comprend pas pourquoi sa sœur a fait obstacle à cette démarche.
 
Le seul problème réside dans l’obtention d’un logement externe, recherché depuis plus de onze mois. Le défendeur vient seulement d’apprendre que son dossier n’était pas « classé prioritaire ». Le défendeur essaie actuellement de faire pression sur les organismes logeurs en se servant des plaintes déposées contre lui. Il demande simplement un délai pour que cette démarche aboutisse, et donc l’application de l’article 62 de la loi du 09 juillet 1991.
 
–—
 
 
Par Joseph - Publié dans : Justice
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /2007 12:00
Le soir, quelqu’un sonna à la porte. Un huissier de justice lui remit une assignation à comparaître en référé en vue de son expulsion. La sœur de Joseph, non contente d’avoir porté plainte contre Joseph en correctionnelle, le poursuivait à présent pour le faire expulser. Joseph lut l’assignation. Il devait comparaître dans trois jours.
 
Celle-ci était rédigée comme suit :
 
Madame Catherine L est propriétaire d’une maison d’habitation sise à REIMS, 51100.
Monsieur Joseph L est le frère de la demanderesse.
Ensuite de son divorce en 2001, Monsieur L. a été accueilli par sa soeur.
Il s’est domicilié à cette adresse sans y résider de façon permanente notamment pour les besoins de la procédure de divorce.
Madame L. avait même accepté de lui faire une attestation d’hébergement.
Pour autant, il avait été convenu que cet hébergement ne pouvait être que provisoire et que le défendeur se mette à la recherche rapide d’un logement.
Au mois de novembre 2006, Monsieur Joseph L, non content de profiter de la gentillesse de sa soeur, lui a demandé d’accueillir son amie Madame Leila M. et les deux enfants de celle-ci.
Cet hébergement était une solution d’urgence et ne devait durer que quelques jours.
Monsieur L. et Madame M. ont ensuite fait croire à madame L. qu’ils procédaient à une recherche de logement tout en s’installant de plus en plus à son domicile sans son autorisation et malgré ses protestations.
Depuis lors, Madame L. tente par tous moyens de faire partir ces occupants sans droit ni titre de son domicile. Elle regrette aujourd’hui de ne pas avoir eu la force morale de s’opposer à cette installation.
Il convient de préciser à ce stade que Madame Catherine L. est atteinte en suite d’une grave maladie, d’une surdité quasi-totale et qu’elle exerce la profession de professeur de mathématiques.
De ce fait elle a engagé des démarches pour changer de fonction professionnelle en raison de ce handicap à compter du mois d’octobre 2006.
Monsieur L. et Madame M. étaient d’ailleurs au courant de ces démarches.
Depuis le mois de février 2007, Madame L. a été nommée à mi-temps au CNED, elle y est enseignante à plein temps depuis le mois de mai dernier.
Elle se trouve depuis ce moment là dans l’impossibilité de reprendre une vie normale dans sa maison d’habitation qui a été investi par le défendeur.
Depuis le mois de février 2007, Madame L. a demandé à son frère à de nombreuses reprises de quitter son domicile.
Rien n’y a fait, il refuse de partir et entend se maintenir dans les lieux sans droit ni titre.
Au mois d’août 2007, Monsieur L. a franchi un degré supérieur dans son attitude.
Il a menacé de mort sa soeur, a commis des violences à son encontre et lui a également réclamé le versement de sommes d’argent importantes pour partir.
Depuis le mois de mai 2007, Monsieur L. s’employait a faire vivre un enfer a sa soeur pour lui faire quitter sa propre maison d’habitation.
Il y a eu des épisodes de violences verbales et physiques, aboutissant fin juillet, début août 2007au départ de Madame L. à Paris, pensant que son départ allait permettre de calmer les choses et à son frère de trouver une solution de relogement.
C’est ainsi qu’au mois d’août Monsieur L. n’hésitait pas à proférer des menaces de morts à l’encontre de sa soeur et tenter d’abuser de sa faiblesse.
Ensuite de cet épisode particulièrement violent, Madame L. a été contrainte de quitter sa maison d’habitation et se retrouve aujourd’hui héberger dans des structures d’urgence.
Elle a porté plainte à l’encontre de son frère qui est convoqué devant le Tribunal Correctionnel de Reims le 23 octobre 2007 à 14 heures pour répondre de ces faits.
Monsieur L. a été convoqué par le Procureur de la République qui lui a demandé de quitter le domicile de sa soeur sans délai œ qui n’a eu aucun effet à ce jour.
Monsieur L. s’est installé en compagnie de Madame Leila M. et des deux enfants de celle-ci.
Ces quatre personnes sont occupantes sans droit ni titre de la maison d’habitation de Madame Catherine L. dont ils l’ont purement et simplement chassés, ils sont donc occupants par voie de fait.
A ce titre, ils ne pourront bénéficier du délai de deux mois prévu par l’article 62 de la loi du 09 juillet 1991, le Tribunal constatera en outre que la trêve hivernale ne leur est pas applicable compte tenu de cette voie de fait, conformément aux dispositions de l’article L613-3 du Code de la Construction et de l’habitation.
Dans ces conditions, Madame L. est bien fondée à solliciter du Président du Tribunal d’Instance qu’il prononce l’expulsion de Monsieur Joseph L, occupant sans droit ni titre de la maison d’habitation sise à REIMS, 51100, appartenant à Madame Catherine L., ainsi que de tous occupants de son chef en ce compris Madame Leila M. et les deux enfants de cette dernière.
Madame L. n’entend pas formuler de demande particulière au titre de l’indemnité d’occupation souhaitant juste pouvoir réintégrer son domicile au plus vite.
Madame L. est enfin bien fondée à réclamer que cette expulsion soit effectuée avec l’aide de la force publique à défaut de pouvoir y être procédée sans l’usage de celle-ci.
En outre, Madame L. est bien fondée à solliciter la condamnation de Monsieur Joseph L à lui payer la somme de 1.000 Euros en application de l’article 700 du Nouveau Code de Procédure Civile.
Il serait en effet particulièrement inéquitable de laisser à la charge de Madame L., les frais qu’elle a dû engager pour faire valoir ses droits en Justice.
Joseph ne put s’empêcher de relever les mensonges et déformations qui soutenaient ces accusations. Même s’il ne pouvait tout prouver car, bien souvent, c’était la parole de sa sœur contre la sienne, pour tout ce qui relevait de faits tangibles, il avait les preuves du contraire. La seule chose avec laquelle il était tout à fait d’accord était : Madame L. tente par tous moyens de faire partir ces occupants Cela, Joseph en convenait tout à fait…
 
Quoi qu’il en soit, Joseph savait que quelles que soient les raisons invoquées, sa sœur obtiendrait gain de cause. C’était juste une question de temps. Le temps et l’argent étaient ce qui manquait à Joseph pour se sortir d’embarras. Sa famille, par l’entremise de sa sœur, lui avait refusé l’argent, alors que pourtant, il n’avait pas demandé une aide excessive. Même le Procureur en avait convenu en disant « effectivement, ce n’est pas beaucoup ». Le temps, sa sœur ne voulait pas le lui laisser non plus. Quant à son mari qui l’avait quitté depuis plus de dix ans, il se refusait à toute implication dans quoi que ce soit. Ma sœur était chez elle et gagnerait, forcément.
 
Pour Joseph, le tout était de tenir suffisamment longtemps pour mettre tout le monde à l’abri.
 
Le lendemain, Joseph déposa une copie de l’assignation dans la boîte aux lettres de son avocate. Il fit cela sans conviction, car il ne pouvait plus la rémunérer depuis longtemps déjà.
Par Joseph - Publié dans : Justice
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Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /2007 12:00
 Ce samedi matin là, Joseph s’était disputé avec Leila. Le motif importe peu, en fait, car la vraie cause n’était autre que la tension provoquée par le chantage du procureur visant à les mettre à la rue. Un moment, Joseph dit « si c’est comme cela, je pars dans un foyer ». Sous le coup de la colère, Leila lui répondit qu’il pouvait le faire le soir même.
 
Joseph prit quelques affaires et sortit. Il passa la journée dehors. Il n’avait pas un sou en poche. Il se rendit dans un magasin Cash-express et vendit son vieux Nokia. Sa fortune s’élevait à présent à huit Euros. Il en profita pour manger un morceau et continua d’errer dans les rues de Reims. Le soir venu, il téléphona au 115, pour chercher un foyer, puisque tout le monde semblait lui prédire cette destinée. Après divers renseignements son interlocutrice lui demanda
 
-         Pourquoi cherchez-vous une place ?
-         Parce que Monsieur le Procureur m’a demandé de quitter le logement que j’habite d’ici la fin de la semaine…
-         Ah !... Je vois… Où êtes-vous ?
-         Devant la cathédrale
-         Hier, il n’y avait plus de place dans les foyers. Je vais me renseigner. Essayez de rappeler dans cinq minutes.
 
Cinq minutes plus tard :
 
-         Il n’y a pas de place sur Reims. Il faudrait changer de ville. Le pouvez-vous ?
-         Non. Tant pis, je vais me débrouiller
 
Joseph raccrocha et se mit en quête d’un endroit abrité pour passer la nuit. Il dormit le long du mur d’un garage. Dormir est un bien grand mot car il fut réveillé par le froid et dût marcher pour se réchauffer. Il avait faim.
 
Au petit matin il se présenta à la maison. Le téléphone de Leila était sur répondeur. Il essaya alors le téléphone fixe de sa sœur, mais personne ne bougea. Finalement, réveillant tout le monde, il sonna à la porte. Devant cet accueil glacial, Joseph entra en murmurant juste « merci ». Il se fit couler du café, puis en remplit une bouteille isotherme, attrapa un bout de pain et repartit. Il repassa encore un jour dehors, dans un jardin public, lisant un livre qu’il n’avait jamais eu le temps de lire, profitant des toilettes publiques, sirotant son café et grignotant son bout de pain. Le soir venu, il appela de nouveau le 115. Seul devant un répondeur, il laissa un message et regagna son coin de mur.
 
Le lendemain matin, à sept heures trente, Joseph se garait devant la maison pour emmener Rose au collège. Il repassa vers huit heures et quart pour emmener Titi à l’école et se rendit au bureau de police. Le vendredi, il avait reçu une convocation et un rappel comme quoi il devrait être parti le soir même. En avance, il s’assit sur les marches en attendant l’ouverture. Neuf heures. Il entra et le policier lui demanda :
 
-         Alors ? Avez-vous trouvé une solution
-         J’ai cherché un foyer en appelant le 115. Les foyers sont complets. J’ai passé deux jours et deux nuits dehors. Je n’ai pas l’intention de forcer Leila et deux enfants de quatre et onze ans à se retrouver dans la rue, alors puisque Monsieur le Procureur me laisse le choix entre quitter la maison ou aller en correctionnelle, je choisis la correctionnelle.
-         On va devoir vous mettre en garde à vue
-         Dans ce cas, mettez-moi en garde à vue.
 
Ils passèrent dans le bureau et un policier demanda à Joseph de vider ses poches sur la table, puis procéda à une palpation. Joseph lui dit :
 
-         Vous pensez que j’ai une arme sur moi ?
-         C’est la procédure
-         Bon.
 
Après lui avoir rendu le contenu de ses poches, les policiers remplirent leur formulaire de mise en garde à vue. Tandis qu’ils téléphonaient au commissariat central pour obtenir une voiture, Joseph demanda à se rendre aux toilettes. La porte entrouverte, il s’assit sur le siège et, discrètement, envoya un sms à Leila pour lui dire qu’il était mis en garde à vue. En effet, il ne voyait pas comment, dans ces conditions, il pourrait aller chercher le petit à la sortie de l’école. Le policier ouvrit la porte des toilettes mais, voyant la position de Joseph, la referma. Une fois sorti, on lui dit qu’il pouvait faire prévenir un membre de sa famille, un avocat et voir un médecin. Joseph déclina l’offre du médecin et sourit en pensant à sa famille : elle serait trop contente d’apprendre la nouvelle. Ayant pu prévenir Leila, il donna le numéro de Carla, une amie portugaise qui ferait tout pour aider Leila. Finalement, il demanda que son avocate fût prévenue, mais sans grande conviction, car les derniers chèques qu’il lui avait remis s’étaient révélés sans provision. Puis Joseph attendit dans l’entrée.
 
menottesnb.jpg
Un peu plus tard, un policier procéda à une nouvelle palpation. Le véhicule était arrivé. L’escorte procéda, pour la troisième fois à une palpation. Joseph se dit que c’était une vraie manie chez eux. Un policier lui passa les menottes dans le dos et tous sortirent pour monter en voiture.
 
Arrivé au commissariat central, Joseph fut conduit derrière une lourde porte métallique. La lumière des néons ne faisait que renforcer la couleur verdâtre des murs. Il apprécia que les menottes lui fussent retirées. Trop serrée la gauche lui laissait déjà des traces rouges. Il fut menotté à un banc. On vida ses poches pour faire l’inventaire de ses poches, hors de sa présence. Un policier vint à lui avec une petite capsule en plastique.
-         Qu’est-ce que c’est ?
-         Du collyre. D’habitude, je porte des lentilles de contact, mais là, je fais reposer mes yeux.
 
Peu après, deux policiers vinrent le chercher pour l’emmener dans une petite pièce. Là, Joseph se déshabilla complètement, retourna ses chaussettes, dut se pencher en avant, puis se rhabilla. Peu après avoir été menotté de nouveau sur le banc, un policier vint le chercher pour l’interroger. Joseph fut détaché et, le code tapé sur le clavier permit au policier d’ouvrir la lourde porte pour le mener dans un bureau plus accueillant.
 
La plainte s’était étoffée :
 
-         J’ai eu votre mère au téléphone
-         Et ?
-         Elle était très embêtée de faire une déposition contre vous…
 
Joseph qui connaissait sa mère depuis plus d’un demi siècle, l’imaginait comme s’il l’avait eue devant lui, faisant mine d’être gênée pour accentuer encore le coup qu’elle allait porter. Le policier lut la déposition en question. Celle-ci était accablante. Au moins trois pages de calomnies présentées avec force détails.
 
-         Mais c’est complètement faux
-         Si c’est faux, nous le saurons car ce qu’elle dit évoluera
 
Joseph pensa en lui-même que le policier se faisait des illusions. Il savait sa mère très intelligente et que, malgré son âge avancé, elle possédait une excellente mémoire. Elle était en pleine possession de ses moyens intellectuels. Il n’y avait pas si longtemps, n’avait-elle pas réussi la dictée de Bernard Pivot avec seulement deux fautes. Il y a encore quelques années, sa mère avait repris des études de numismatique et d’archéologie et avait obtenu une maîtrise. Alors si le policier pensait se trouver avec une pauvre dame âgée, diminuée, il était loin du compte.
 
Le policier reprit « Pourquoi pensez-vous que votre mère soutiendrait votre sœur ? »
 
Joseph réfléchit un instant car la question, bien que logique et légitime le surprenait un peu. La réponse était de ce genre d’évidence que l’on a du mal à formuler. Il commença « Ma mère et ma sœur sont… » - il ne voulut pas prononcer le mot « siamoises », bien que ce fut celui qui lui sembla le plus approprié – « … très proches, tout le temps ensemble. Même si ma sœur dispute toujours ma mère, elles semblent se compléter à merveille. Et puis… ». Un policier entra pour dire que mon avocat était là. On me fit à nouveau entrer dans cet univers verdâtre. L’avocate était debout au milieu de la pièce. Joseph s’avança vers elle « Bonjour Maître, merci d’être venue mais… vous savez que je ne suis pas en mesure de payer quoi que ce soit ». L’avocate écarta ce problème d’un petit geste de la main et s’enquit d’une pièce où elle pouvait s’entretenir avec son client. C’était un petit réduit.
 
Depuis le début, Joseph affectait un calme, presque un détachement, cherchant ainsi à dissimuler ces blessures infligées par sa famille, cette chair qui lui avait donné le jour. Il fut très touché de la présence de l’avocate venue l’aider à résister à cette tempête de haine qui s’abattait sur lui. Dans ce réduit, Joseph se retrouva comme dans l’œil d’une tempête et, relâchant sa tension, craqua un court instant au travers de quelques larmes.
 
L’avocate demanda « De quoi s’agit-il ? ». Joseph lui donna les éléments de la plainte. L’avocate lui demanda alors de parler de sa vie avec sa famille. Le monologue dura pratiquement une demi-heure. Moment, pénible à cause des souvenirs évoqués, au cours de laquelle il raconta rapidement les grandes lignes de ses rapports avec sa famille : Un père inexistant et ne voulant surtout pas être embêté par le reste de sa famille, une mère aussi trompée que manipulatrice qui avait toujours cherché à détruire les relations amoureuses de son fils, une soeur cupide qui voulait tout commander, tout régir, pour s’effondrer comme une baudruche percée à la moindre difficulté. Il n’osa cependant pas parler de…
 
Le temps imparti étant dépassé, l’avocate mit fin à l’entretien, l’encouragea. Déjà Joseph repassait la lourde porte pour retourner à l’interrogatoire.
 
-         Niez-vous avoir mis des serrures sur les portes ?
-         Non. J’ai mis une seule serrure sur la porte de la pièce où dormaient les enfants, suite à des vols de différents objets, parfums et… doudous ! A la suite de quoi ma sœur a fait mettre des serrures sur les autres portes. Toutefois… je n’avais pas fini de répondre à la question précédente qui était de savoir pour quelles raisons ma mère soutenait ma sœur.
-         Alors ?
-         Que ma sœur s’oppose à moi peut se comprendre, car elle désire que je quitte les lieus ou, pour être plus exact, que ma compagne et ses enfants s’en aillent. Seul problème : je soutiens les enfants et ma compagne, alors, tant que je suis là, elle ne peut parvenir à ses fins. C’est donc en m’attaquant qu’elle cherche à atteindre Leila. Pour ce qui est de ma mère, elle a, de tous temps, essayé de détruire mes relations amoureuses. Celle-ci ne fait pas exception. Si l’on sait qu’en plus mes parents sont racistes, il est clair que ma mère m’en veut d’avoir « ramené une algérienne ».
-         C’est vous qui le dites
-         Cela fait plus de cinquante ans que je les connais. J’ai été élevé au milieu des « bougnoules », « youpins » et autres « nègres ».
 
Le policier passa à la suite, sans rien noter. Joseph renchérit « J’insiste pour que vous le notiez ». De mauvaise grâce, une petite phrase fut ajoutée à la fin de la déposition de Joseph.
 
Il fut reconduit dans la « zone verte », puis, menotté à nouveau au banc. A la demande de Joseph, on lui apporta sa veste qu’il glissa sur ses épaules. Peu après, on lui ôta la veste et le parqua dans une cellule avec un grand type allongé sous une couverture de survie. Le policier lui apporta une couverture de survie également. Joseph s’assit sur le grand banc de béton, adossé au mur, la couverture lui entourant les épaules et ne bougea plus.
 
Un peu d’agitation régna hors des cellules. Deux personnes allaient être relâchées. Mon voisin se leva et appela. Il appela plusieurs fois, pesta, recommença. Il marchait comme un ours en cage, attendant que quelqu’un lui prête attention. Finalement, on vint. Puis la femme qui était libérée. Ils échangèrent quelques mots. La femme partit. Il la regarda partir. Joseph n’avait toujours pas bougé. Le grand type se tourna vers lui :
 
-         Pourquoi t’es là ?
-         Violences et menaces de mort… à ce qu’il paraît. Et toi ?
 
Le type lui raconta une histoire que Joseph n’écouta pas. Il pensait à Leila et se demandait comment elle allait. Un policier interrompit le monologue qui faisait résonner la cellule. « Voulez-vous manger ? ». Quelle question ! Deux jours et deux nuits que Joseph n’avait pratiquement rien avalé. La petite barquette de riz chaud lui fit le plus grand bien. Il se réinstalla, sans un mot sur le banc de béton.
 
Plusieurs policiers arrivèrent. Le grand type se leva et dit « C’est pour monter là haut ». Un policier vint et appela Joseph. Etait-ce pour la comparution immédiate ? Non. Il allait passer un entretien, de nouveau, avec une personne qui travaillait dans le social et devait ensuite appeler le procureur. Joseph raconta encore une fois la situation « ubuesque » dans laquelle il se trouvait, puis fut reconduit en cellule. Le grand type n’était plus là.
 
On vint le chercher, le menotter de nouveau, pour l’emmener au palais de justice. Entré par une petite porte latérale, il grimpa un petit escalier et, en compagnie de deux policiers et d’un gardien, attendit dans une petite pièce. Après un quart d’heure environ, la porte s’ouvrit.
 
Il était dans le bureau du procureur, celui qu’il avait eu au téléphone lors de son audition au bureau de police.
 
Joseph raconta sa tentative infructueuse en foyer et sa décision de ne pas partir de chez sa sœur. Il ne voulait pas mettre à la rue sa compagne et les deux enfants. Il exposa de nouveau les seules solutions « raisonnables » qui s’offraient à lui et fit état de ses recherches en matière de logement. Le procureur ne voulut rien savoir et lui dit :
 
-         Vous avez des bagages. Pourquoi ne trouvez-vous pas de travail ?
-         J’en cherche, mais à cinquante ans passés, je ne bénéficie d’aucune aide de l’Etat. Alors, les entreprises intéressées par un « vieux » qui ne leur apporte aucune exonération sont rares. De plus, avec mes remboursements de crédits je ne peux pas accepter un travail en dessous de deux mille Euros.
-         C’est toujours la faute des autres
-         Non, c’est un fait. Je ne vais pas construire mon logement. Les foyers sont pleins. Je n’ai pas de travail et plus un sou. Que proposez-vous ?
-         Vous vous « démerdez ».
-         Vous avez demandé cinquante mille Euros à votre famille ?
-         Non, un dépannage de cinq mille. Si je compte trois mois de loyer à sept cents Euros, deux mois de caution et de quoi vivre avec sept cents Euros par moi, cela me laisse deux mois pour trouver un travail, car on est payé en fin de mois et représente cinq mille six cents Euros.
-         Effectivement, cinq mille Euros, ce n’est pas excessif.
 
Puis, devant les accusations, Joseph nia. Le procureur lui répondit « vous commencez à me gonfler. Ce sont mes accusations ». Il ajouta « Je ne requiers aucune peine de prison. Vous êtes convoqué pour le 23 octobre. Si vous avez trouvé un logement d’ici-là, j’abandonnerai certaines de ces accusations ». Joseph ne dit rien et signa la citation à comparaître.
 
Les policiers le reconduisirent dans la rue et lui remirent un sac plastique avec le contenu de ses poches.
 
Il pleuvait. Joseph remit sa montre. Il fallait qu’il aille chercher Rose au collège. Il marchait vite, sous la pluie, pour rejoindre sa voiture laissée au bureau de police de Croix Rouge, à quelques kilomètres de là. Chemin faisant, il écouta les messages de soutien de Leila et de Carla, envoya un sms à Leila pour lui dire qu’il était sorti et prévint également Carla.
 
 
Par Joseph - Publié dans : Justice
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  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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