Société

Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 16:07

Carla avait arrangé un rendez-vous au Collectif Interculturel d'Associations de Migrants. Joseph et Leila, accompagnés de Laure y retrouvèrent Carla et sa fille Alice.

 

Joseph avait apporté son ordinateur et montra les photos du foyer. Ils en restèrent estomaqués. Ensuite, la secrétaire remarqua les blessures de Laure. Tout le monde tomba d'accord pour dire que l'urgence était de la mettre à l'abri. Joseph l'avait déjà dit à Laure deux jours auparavant, mais celle-ci avait répondu qu'elle craignait que la réaction de son mari ne soit pire encore. Comme disait très justement Laure "Pour aller où ? Pour combien de temps ? si l'on sait que c'est la CAF qui lui a donné mon adresse". Récemment, un voisin était intervenu et avait pris des coups. A présent, lui aussi avait peur des représailles.

 

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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 16:05

Ce matin, Joseph alla chercher Laure à son foyer. Elle devait retirer des photos en souffrance à Cora depuis près d'un an, faute de pouvoir payer le montant demandé. Chemin faisant, Laure raconta ce qui s'était passé avec la banque alimentaire. Laure commença :

 

-          Lundi dernier ils n'ont pas voulu me donner de colis

-          Pourquoi ?

-          La Directrice m'a dit "J'ai eu des problèmes avec ton amie arabe. Je ne veux pas que tu donnes les dates de ce que l'on distribue à ton professeur. Je te donnerai un colis mercredi, mais il ne viendra pas de la banque alimentaire"

-          Et ?...

-          Elle m'a donné un colis inexploitable. Habituellement je peux me faire des sandwiches, mais là il fallait cuisiner et elle sait très bien que je n'ai pas de quoi.

-          Tu aurais dû le dire, on se serait arrangés

-          A part un concombre, j'ai tout donné à mes voisins

-          Il faudra que l'on essaie de s'inscrire ailleurs. Quoi qu'il en soit, on se débrouillera.

 

Ils arrivèrent à Cora. Joseph retira les photos puis, se dirigeant vers le magasin dit :

 

-          Qu'est-ce qu'il te faut ?

-          Rien

 

Joseph insista et un accord fut trouvé sur un saucisson.

 

Ensuite, ils passèrent aux impôts. Joseph devait se rendre au cadastre afin de vérifier si sa soeur était bien propriétaire de sa maison. C'était le cas. Quant à Laure, elle vérifia qu'ils avaient bien la déclaration d'impôts qui avait été remplie par une personne de cette institution quelques mois plus tôt. En fait... Rien ne fut trouvé. Aussi, Joseph aida Laure à remplir une nouvelle fois sa déclaration. Assez simple, puisqu'il suffisait de mettre "0" partout. La personne de l'accueil accepta d'en faire gracieusement une copie qu'il remit à Laure. Finalement, ils allèrent chez la soeur de Joseph après avoir acheté du lait.

 

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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /2008 12:22

Rose et Titi ont effectué leur rentrée... Ce matin pour Titi, qui est revenu tout excité, cet après-midi pour Rose, juste une heure ou deux, histoire de prendre son emploi du temps. Rose est rentrée ravie : "Demain je ne travaille pas !... Je ne commence que jeudi !". Finalement ce qui lui plut dans cette rentrée était... qu'elle ne rentrait pas.

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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /2008 12:25

Joseph relut la décision de la DDE :

 

 

Monsieur D., président de la commission de médiation, l'oriente donc vers un foyer, tout comme Leila et les enfants.

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Bienvenue au foyer !

 

D'un abord sympathique, classé monument historique, ce foyer se remarque par sa propreté.

 

 

 

 

Le hall d'entrée ne manque pas d'être rassurant quant à la qualité des services

 

 

Une affiche mentionnant la conformité à la norme ISO 9001:2000, indique clairement qu'il s'agit de logement "et" d'accompagnement de personnes en difficulté.

 

Première surprise : La porte d'entrée, repeinte côté rue  seulement, a été détériorée et ne ferme plus. Aucun gardien, aucune "personne d'accompagnement" ne vient vous importuner. D'ailleurs, où pourrait se trouver le bureau ? Derrière l'une de ces portes ?

 

 

 

Peu importe, Continuons la visite !... Ce ne sera pas long puisqu'il s'agit d'un tout petit immeuble :

 

 
























Le plan d'intervention montre clairement la présence du premier étage. Dommage pour les autres ? De toute façon, il n'y a même pas d'extincteur à chaque étage. Y a-t-il des étages fumeurs et des étages non-fumeurs ? Quels sont les critères retenus pour laisser une chance aux gens en cas d'incendie ? Allez savoir !...

 

 

 

Côté sécurité, rien n'a été oublié, outre la porte d'entrée et le personnel d'accompagnement, ce foyer a disposé des serrures de sûreté rassurantes...

 

Sauf que... avec porte légère et chambranle en bois tendre, les effractions sont assez faciles !... pas vrai ?

 

Entrons dans ce logement...

 

La salle de bains :

 

 

Le plafond ? Sur le pallier !... 

Il s'est effondré. Cette lourde plaque d'aggloméré ne tenait que par quelques vis.

          

 




Donc... plus de difficultés pour la maintenance de la salle de bains !...

 

 

 

 

Il ne faut pas se fier aux apparences. Ces fils électriques ne sont pas dangereux et sont parfaitement dans les normes, puisque le courant a été coupé depuis... 1989, lors du dernier incendie. D'ailleurs, pour ce qui est des interrupteurs, tout a été prévu...

 

 

 

Si déjà nous sommes dans la pièce d'habitation...

 

Des tentures cachant le papier peint et la moisissure. Ah oui !... au fait... pas de chauffage ici.

 

 

 

L'ours n'est pas dépaysé l'hiver...

 

 

 

Tiens !... Encore un interrupteur !...

 

 

Placard équipé...

 

 

Le coin kitchenette...

 

 

 

Pas d'électricité, pas de chauffage, pas d'eau chaude. Comment l'Administration des impôts classe ce genre de "dépendance", ce monument qui devrait être classé "préhistorique" ? Combien en coûte-t-il pour habiter dans cette "résidence" ? Plus de 300 Euros par mois. Un garage se loue moins cher, normalement !...

 

Aucune sécurité. Des agressions, violation de domicile, entre autres, y ont déjà été perpétrées. Un détail : Il ne s'agit pas d'une obscure association caritative : Ce foyer relève "majoritairement" de l'Etat.

 

Un cas particulier ? Joseph sait que non... Quant à Monsieur D., il le sait capable de beaucoup d'autres actes humanitaires !... A suivre...

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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /2008 16:59

Le courrier, ce jour là, ne fut pas porteur de bonnes nouvelles. Un premier recommandé en provenance des impôts indiquant à Joseph qu'il allait avoir des pénalités. Cela ne lui fit, en fait, ni chaud ni froid, car, au point où il en était, il ne pourrait pas plus payer les pénalités que le principal. L'autre recommandé était plus alarmant : Le recours suspensif pour ce qui est de l'expulsion avait été rejeté, car le juge ne voyait pas clairement le lien entre l'application de la Loi DALO et l'expulsion. Joseph laissa un message sur le répondeur de Maître L. afin de l'en informer.

 

C'est en début d'après-midi que Joseph et Leila s'arrêtèrent pour aller chercher Laure. Ils étaient à peine descendus de voiture qu'ils entendirent : "Joseph !...". Laure venait vers eux.

 

-          Je restais dehors par crainte que le père des enfants ne revienne

-          Où sont-ils

-          Avec leur père

-          Nous t'emmenons là où l'on habite pour discuter

-          D'accord

 

Une fois rentrés, Laure raconta un peu de sa vie à Joseph et Leila.

 

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Son mari était adorable, lorsqu'il n'était pas sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue, ce qui était rare. Récemment il l'avait brûlée à l'acide, ce qui expliquait ses marques sur les mains et sur son visage. Laure devait se faire opérer d'urgence pour ne pas perdre la vue et, le 9 septembre, devait comparaître en référé pour une mesure d'expulsion du foyer, car elle avait payé son loyer en retard. En fait, c'est un prêtre qui lui avait payé, le 3 juillet, mais le chèque n'avait été encaissé que le 21. Le 16, Laure avait reçu une mise en demeure amiable et le prêtre avait payé, une seconde fois, en espèces, contre remise d'un reçu. Cela n'a pas empêché qu'elle se retrouve en référé pour expulsion, avec un compte créditeur. Quant à ses ressources, suites à des... "manipulations" entre l'ANPE et un centre de formation douteux, celui-là même qui avait licencié Joseph pour cause d'alcoolisme et de racisme, des dates de stages avaient été modifiées, des sommes d'argent versées mais jamais touchées par Laure qui n'arrivait pas à obtenir un papier justifiant qu'elle n'avait pas été payée (et elle ne le sera pas, car le temps écoulé est à présent trop long) ni à prouver qu'elle l'avait été, et pour cause... Sans ce papier, point de RMI. Pour ce qui est de la CAF, celle-ci lui avait supprimé l'APL pour cause d'insalubrité de son logement. Bref !... Laure se retrouvait sans rien, rien que son travail de bénévole à la banque alimentaire qui lui permettait d'avoir un peu à manger. Son ancien travail, en fait, car Laure avait osé dire tout haut ce qu'il ne fallait pas et on l'avait invitée à ne plus revenir. Elle pouvait néanmoins continuer à venir chercher un paquet de dépannage de temps à autre, en dehors des heures, pour ne pas côtoyer "les autres", ainsi qu'à récupérer dans les bennes de la banque alimentaire ce qui pouvait encore être comestible.

 

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Joseph lui demanda si elle serait d'accord pour qu'il fasse quelques photos de son logement. Par le passé, elle ne voulait pas que quiconque entre chez elle, tellement elle avait honte. A présent qu'elle allait être expulsée... Ils prirent rendez-vous pour le lendemain.

 

Le soir, bien que ce soit hors de leurs moyens réels, Leila décida que tous sortiraient manger un plat à "Flunch". Laure semblait heureuse. Ce fut une vraie fête pour elle...

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 16:54

Voyant qu'ils n'étaient pas réinscrits, Joseph dit à Leila :

 

-          Il faut que l'on garde le contact avec les bénéficiaires que l'on connaît dans les banques alimentaires

-          Mais on ne peut plus y aller

-          Cela ne fait rien. Nous allons traîner du côté du point de distribution et nous aborderons dans la rue ceux qui ont dit être prêts à bouger.

 

Vers 14 heures, ils se garèrent dans une rue avoisinante, près de l'arrêt de bus utilisés par certains pour rentrer chez eux. Joseph descendit de voiture et alla jusqu'à l'arrêt. Bonne idée, somme toutes, car une affichette précisait que l'arrêt ne fonctionnait plus pendant la durée des travaux. Il reprit la voiture. En tournant dans les rues, Leila repéra une africaine avec laquelle elle avait déjà discuté. Il se gara de nouveau et inscrit un numéro de téléphone sur un papier "Essaie de discuter avec elle pour savoir si elle voudrait agir. Au moins, essaie d'échanger les coordonnées pour ne pas perdre le contact."

 

Quelques instants plus tard, voyant la discussion engagée, Joseph les rejoignit afin de prêter main forte à Leila, au cas où ce serait nécessaire. Cela ne semblait pas être le cas. Ils raccompagnèrent à l'africaine au foyer où elle vivait depuis trois ans avec sa fille de deux ans et son mari.

 

Joseph décida de passer voir Laure, l'amie qui leur avait permis de bénéficier de l'aide alimentaire. Il gara la voiture sur une sortie de garage, laissa Leila à l'intérieur et alla sonner à la porte du foyer où vivait Laure. Un africain lui ouvrit la porte et indiqua à Joseph comment se rendre chez son amie. Il découvrit la porte...

 

Voyant cela, il redescendit garer la voiture correctement et remonta avec Leila.

 

Deux papiers étaient collés : L'un indiquant que Laure ne touchait rien, ni allocations, ni RMI, ni assedic depuis près de huit ans, l'autre, établi par un médecin psychiatre certifiant qu'elle... n'était pas folle.

 

Quelques coups à la porte restèrent sans réponse. Ils glissèrent un papier avec leur numéro de téléphone et repartirent.

 

Il était près de 22 heures quand quelqu'un appela Joseph. C'était une amie de Laure. Rendez-vous fut pris pour le lendemain.

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Jeudi 28 août 2008 4 28 /08 /2008 13:39

Titi, Leila et Joseph se rendirent à la banque alimentaire pour se réinscrire. En effet, leur situation restait très précaire : Peu de ressources et peut-être même plus de toit.

 

Arrivés vers quinze heures, le locataire d'un H.L.M. que Joseph avait croisé quelques temps auparavant, alors qu'il nettoyait son immeuble, reconnut Joseph et, après quelques civilités, lui dit

 

-          Il faut aller prendre un ticket

-          Ah !... Merci bien

 

Joseph y alla et obtint le numéro 27. Il revint s'asseoir auprès de Leila et de Titi. Cinq minutes plus tard, une bénévole sortit et, s'adressant à Leila :

 

-          On ne vous inscrira pas

-          Mais... Notre situation ne s'est pas améliorée, au contraire

-          Vous avez déjà été inscrits, alors on m'a chargé de vous dire cela. Je n'y suis pour rien.

-          J'ai deux enfants, comment vais-je faire ?

 

A ce moment, Joseph intervint doucement. Il savait que cela ne servirait à rien de discuter. Il prit Leila par le bras et l'incita à quitter les lieux en disant "Je comprends. Il s'agit de premières inscriptions".

 

Alors que Joseph se garait devant la maison, l'huissier (voir Huissier, visite officieuse  du 22 août) appela Joseph

 

-          Maître L. m'a demandé de faire un constat chez vous

-          C'est exact.

-          Mais si je peux faire un effort, je ne peux le faire gratuitement. Il faudrait me régler 150 Euros, c'est la moitié du coût du constat

-          Je suis désolé, mais je n'ai pas cette somme à disposition

-          Avez-vous l'aide juridictionnelle ?

-          Oui

-          Suis-je mentionnée sur la décision

-          Je ne sais. Je suis dehors, il faut que je vérifie

-          Alors rappelez-moi demain avec la réponse

 

Une fois rentré, Joseph vérifia et constata qu'aucun huissier n'avait été mentionné sur le document. Il transmit cette information à l'étude.

 

Ensuite, il envoya un courriel à Maître L. afin de lui rendre compte de ce qui s'était passé et de lui soumettre un projet de lettre. :

 

˜™

 

Madame la Directrice,

 

Nous avons été inscrits du 18 avril 2008 au 22 août 2008 et vous en remercions, car cela nous a aidé à faire face à une situation très difficile.

 

Nous nous sommes présentés le jeudi 28 août afin de nous réinscrire. Le numéro 27 nous ayant été attribué, alors que nous attendions notre tour, une bénévole est venue nous dire que nous ne serions pas inscrits car il s'agissait de "pré"inscriptions ne concernant que ceux qui n'avaient jamais été inscrits, ce qui n'était pas notre cas.

 

Pourriez-vous nous indiquer où et quand nous présenter afin de renouveler notre inscription, si cela est possible. Nous vous en remercions par avance.

 

Veuillez croire, Madame la Directrice, en l'expression de toute notre reconnaissance.

 

—–

 

Il voulait simplement ne pas poursuivre l'échange verbal et obtenir une trace écrite du refus.

 

Par ailleurs, au courrier, Joseph avait reçu une lettre du Maire de Tinqueux. Ils s'étaient rapprochés de lui dans le cadre de leur recherche d'un logement du secteur privé, se disant qu'un élu devait forcément connaître du monde et donc, peut-être, des bailleurs susceptibles de leur faire confiance. Le Maire avait écouté puis, avait dit "Je vais envoyer une lettre au Sous Préfet. Ce qu'il fit, comme l'indiquait la lettre reçue. Joseph tenait à remercier ce Maire qui leur apportait son soutien chaque fois qu'il était sollicité. Joseph soumit donc à l'approbation de Maître L. le courrier suivant :

 

˜™

 

Monsieur le Maire,

 

Nous tenions à vous remercier pour votre intervention auprès de Monsieur le Sous Préfet de REIMS. Nous sommes très touchés de constater que, non seulement vous avez toujours été à notre écoute, mais que celle-ci s'est toujours traduite par une action de votre part.

 

Notre expulsion est actuellement "programmée" par la force publique pour le tout début septembre. Afin de vous tenir au courant des actions menées conjointement à la vôtre, nous voulions vous informer que Maître L., qui défend nos intérêts dans cette affaire vient de déposer une requête aux fins de suspension de la décision de Monsieur le Sous Préfet ainsi qu'un mémoire devant le Tribunal administratif de Châlons en Champagne pour ce qui est du "fond".

 

Nous vous prions de croire, Monsieur F., en l'assurance de nos sentiments les meilleurs.

 

—–

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Solidarités
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /2008 15:53

Leila veut faire pratiquer la circoncision à Titi. Il s'agit d'une pratique religieuse et je n'ai rien à redire à cela. A chaque religion ses pratiques.

 

Quoi qu'il en soit, se pose un problème : Ce type d'intervention est considérée comme une intervention "esthétique" par la sécurité sociale, donc n'est pas prise en charge. Renseignements pris, le C.H.U. demande 1600 Euros pour pratiquer cette intervention, ce qui est bien au-dessus de nos moyens. D'in autre côté, ne pas pratiquer cette opération ferait que Leila serait mise à l'index par sa famille qui, par ailleurs, refuse de l'aider. Joseph s'était arrangé pour rencontrer un médecin musulman et lui avait expliqué franchement le problème. Celui-ci leur fit alors une ordonnance de recommandation pour un spécialiste.

 

Cet après-midi, Joseph, Leila et Titi se rendirent à la consultation du spécialiste. A l'accueil, Leila eut beaucoup de difficultés à extraire de son sac l'attestation demandée. Joseph était gêné de ces difficultés et lui proposa plusieurs fois de chercher le document à sa place. Leila ne répondit point et, après avoir trié péniblement le contenu de son sac sur le comptoir, finit par trouver le document attendu. Après examen, le spécialiste trouva une raison médicale pour pratiquer l'intervention. Leila en fut soulagée et, en sortant, ils prirent rendez-vous chez l'anesthésiste. Joseph dut rattraper Leila qui partait : Elle avait déjà oublié qu'il fallait également prendre rendez-vous pour l'intervention. En sortant de la clinique, ils partirent prendre un café.

 

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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 19:37

Le problème du garant (voir Armée du Salut, faute de garant du 7 août) était toujours d'actualité. Le matin précédent, Joseph avait demandé à son employeur une avance pour acheter du carburant. N'ayant pas de liquide sur lui, celui-ci lui proposa un chèque ou de revenir plus tard dans la matinée. Joseph retint cette seconde solution.

 

Il lui avait alors parlé de son problème de garant.

 

-          Excusez-moi de vous importuner avec un problème personnel, mais j'ai un souci. Tous les organismes bailleurs ont refusé mon dossier et je vais être expulsé et dois aller à l'Armée du Salut. Je cherche dans le domaine privé, mais pour pouvoir m'inscrire dans une agence, il me faut un garant. Je ne peux compter sur ma famille et dois me tourner vers un organisme spécialisé. Celui-ci ne m'accordera de garantie que si, au moment de mon inscription, je dispose d'un contrat de travail

-          Il faut voir avec celui que vous remplacez. Soit c'est lui qui vous paye, soit c'est moi. Dans ce dernier cas, il faut que je vous déclare à l'URSSAF. Je ne peux employer deux personnes à la fois sur le même poste.

-          Je comprends. Le problème est que si cet organisme vous téléphone, il faudrait confirmer que je travaille bien chez vous.

-          Ils risquent aussi de demander des feuilles de paye.

-          Je ne sais pas. La dernière fois que je suis allé sur le site, j'ai indiqué qu'il s'agissait d'un projet, ce qui n'a pas du plaire car je n'ai pas dépassé la première page.

-          Il faudrait y retourner avec des informations quelconques, afin de savoir ce qu'ils demandent comme justificatifs

-          Tout à fait. Je le ferai cet après-midi.

 

Joseph y retourna et en profita pour faire des copies d'écrans. Il alla jusqu'au document final sans encombre.

 

Muni de ces documents, il arriva un peu plus tôt que les autres jours.

 

-          J'ai fait les copies d'écran

-          Alors, que faut-il ?

-          Apparemment, rien qu'une déclaration sur l'honneur. Ils demandent les coordonnées de l'employeur, bien sûr, mais aucun renseignement plus précis. Ce n'est pas le cas sur d'autres sites du même genre que j'ai visités où ils demandent les trois dernières feuilles de paye et beaucoup d'autres documents. Je vous laisse les copies, j'ai plié le coin des pages qui, a priori, concernent l'employeur.

 

Joseph prit ensuite son travail normalement.

 

Le soir, il avait un message sur son répondeur en provenance de la Mairie de Tinqueux, lui demandant s'il était inscrit auprès de l'un des trois organismes logeurs et quel type de logement il recherchait. Ce message donna un petit espoir à Joseph. Peut-être les choses allaient-elles bouger ?

 

 

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /2008 18:29

Ce matin, Joseph s'est levé plus tôt que les autres jours. Il était au dépôt à 2 heures 30. Attendant l'arrivée des journaux, il prépara les suppléments à l'édition du samedi. Quelques 300 magazines TV à insérer dans les magazines féminins. A 3 heures 30, il quittait le dépôt et commença une tournée plus longue que d'habitude car, tout en effectuant la distribution, il devait insérer les magazines dans les journaux.

 

C'est vers 7 heures 30 qu'il faisait entrer, à grand peine, les nouvelles fraîches dans la dernière petite boîte. A ce moment, quelqu'un l'interpella :

 

-          Monsieur !... C'est vous qui vendez les journaux ?

 

Joseph se retourna et vit une petite sexagénaire fluette, en pyjama rose.

 

-          Non, Madame, je ne vends pas de journaux, je les distribue aux abonnés, simplement.

 

Il avait répondu ainsi car souvent des gens auraient voulu que Joseph leur vende un journal directement. Cela ne l'aurait pas dérangé mais comme ses journaux étaient comptés, il risquait fort de ne plus en avoir assez pour les abonnés qu'il devait livrer.

 

-          Mais je n'ai pas eu mon magazine TV

 

Comprenant qu'il s'agissait d'une abonnée, Joseph se ravisa.

 

-          Ah ! Excusez-moi ! Dans ce cas, c'est bien de moi qu'il s'agit. Avez-vous regardé dans le magazine féminin ?

-          Ah !... Non !... Euh !... Je vais vérifier.

-          A quel numéro êtes-vous ?

-          Au 33

 

Aussitôt, le petit haricot rose se lança vers sa maison. Joseph se rendit compte alors qu'elle avait dû parcourir près de 100 mètres au pas de gymnastique pour récupérer un "TV". Il remonta dans sa voiture et fit une marche arrière. Ils arrivèrent ensemble au 33. Une boule "canari" attendait sur le pas de la porte. Joseph descendit de voiture et alla vers le couple.

 

-          Bonjour Monsieur. Normalement, le "TV" devrait se trouver dans le magazine féminin.

-          Ah !... Effectivement !... D'habitude ils sont séparés.

-          Je comprends, mais souvent, le samedi les porteurs partent à deux, le second préparant les journaux pendant la distribution. Etant seul, j'ai regroupé les magazines pour gagner du temps pendant le trajet.

 

Puis ils échangèrent quelques banalités et Joseph rentra, sa tournée terminée. Il sourit en repensant à cette image : Une sexagénaire courant au milieu de la rue en pyjama rose, pour récupérer son "TV". Elle contrastait avec son mari, plus pataud, mais également adepte des couleurs vives. En lui-même, Joseph remercia ce couple de lui avoir donné un peu de gaieté alors que la fatigue commençait à peser sur sa démarche.

 

Par Joseph - Publié dans : Société - Communauté : Racontez-le moi !
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant incertaine, po

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