Dimanche 16 mars 2008
Et voilà... J-0... C'est l'hallali. Pas d'endroit pour entreposer le peu d'affaires que nous possédons, alors... La benne !
 
Tout à l'heure, nous sortirons. Nous monterons dans la vieille Volvo après y avoir entassé le maximum d'affaires, surtout pour les enfants. Je mettrai le moteur en marche. Je ne sais même pas pourquoi, en fait, car nous n'avons pas de destination. Disons que cela permettra d'avoir un peu de chauffage. De toute façon, il faut que l'on parte. Tout le monde se moque éperdument de ce qui peut arriver après.
 
Bien sûr tout n'a pas été dit sur ce blog, mais le temps presse, même si on se demande pourquoi, au fond, et puis, dans la rue, ce sera difficile de continuer. Alors, c'est, je crois, la fin du blog.
 
Un seul mot : écoeurement.
 
Merci à celles et ceux qui se sont donné la peine de le lire.
 

par Joseph publié dans : Spleen communauté : Racontez-le moi !
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Mardi 11 mars 2008

J-4

Et... même pas un garage où mettre les affaires en attendant quelque chose...
par Joseph publié dans : Spleen communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 10 mars 2008
Il était 14 heures 30 quand Joseph déposa Leila. Elle allait à son deuxième rendez-vous dans ce foyer d'accueil.
 
Commença une longue attente dans la voiture. Il ne faisait pas très chaud. Titi était dans la voiture aussi. Il n'était pas allé à l'école car il était malade. Joseph voulut écouter un peu de musique mais la batterie de son mp3 était à plat. Il avait emporté un livre dont il ne lut que quelques lignes. Ses pensées étaient tournées vers la recherche d'un abri, en vain. Il avait toujours gardé espoir mais là... celui-ci l'abandonnait quelque peu. L'échéance arrivait et rien de concret ne se présentait.
 
Deux heures après, Leila revint. Elle avait l'air bizarre. Elle monta dans la voiture, sans un mot. Joseph ne dit rien et prit la route de la maison.
 
Un peu plus tard dans l'après-midi, elle fondit en larmes et commença à raconter son entrevue.
 
-         Jamais je n'irai là bas
-         Cela confirme ta première impression ?
-         Non, c'est pire. Alors que j'attendais, j'ai vu enlever les enfants à leur mère. Elle pleurait, courrait partout et appelait son fils : "Mathieu !... Mathieu !...". Deux assistantes sociales étaient là et emmenaient le jeune garçon. Ils dirent à la mère : "vous avez signé".
 
Après un instant, Leila ajouta
 
-         Tu avais raison (voir "Merci les services sociaux), ils ne peuvent enlever les enfants sans l'accord de la mère
-         Aussi, pourquoi a-t-elle signé ?
-         Une autre personne qui attendait me l'a dit. En fait, ils attendent qu'elle soit endormie et la piquent. Complètement assommée, la mère signe n'importe quoi.
-         Mais il s'agit de coups et blessures. Elle devrait aller au CHU faire constater la trace de piqûre et faire pratiquer une analyse toxicologique.
-         Ce ne serait pas possible, car on ne peut sortir du foyer comme on veut. Il y a des doubles portes et il faut que l'on t'ouvre.
 
Leila s'arrêta de parler un instant, et pleura.
 
-         Ils doivent en faire signer une autre demain. Je le sais, car lors de l'entretien, la responsable avec qui je discutais a reçu un coup de téléphone. Je faisais semblant d'être ailleurs et de ne pas m'intéresser à la conversation. Aucun nom n'a été prononcé. Elle a juste parlé de la Croix Rouge.
-         Ce peut-être n'importe quel service, car le foyer d'où tu sors est dans le quartier "Croix-Rouge".
-         C'est peut-être Madame Raptin, car la responsable m'a dit qu'elle travaillait avec elle. Elle disait "Non ! Elle n'a pas encore signé... Elle ne veut pas... Oui !... Il reste la dernière solution, mais je ne l'ai jamais fait, il faudrait me montrer... Je ne veux pas me planter...". Je ne supporterai pas que l'on me retire mes enfants
-         Je sais, ils ont déjà essayé à plusieurs reprises. Une mère qui voudrait laisser ses enfants à la DDASS n'aurait pas attendu de les avoir élevés pendant onze ans...
 
Joseph était écoeuré. Il retrouvait bien au travers de ces paroles, cet acharnement des services sociaux qu'il avait déjà constaté. Soit disant pour "aider" des personnes qui sont en situation difficile, des mères qui, la plupart du temps sont confrontées à un "simple" problème de disponibilité de logement à caractère social. Plutôt que de les aider dans leur quête, ils contribuent, par leurs pressions et même leurs menaces à les plonger dans la dépression. Leur solution "miracle" consiste alors à leur retirer leurs enfants, la chair de leur chair, le plus souvent, tout ce qu'il leur reste.  A l'évidence, cette femme avait signé, mais ce n'était pas sa volonté réelle. Elle avait donc, pour le moins, été poussée à le faire...
 
Ce que Joseph ne comprenait pas c'est... "Pourquoi" ? Des enfants de cet âge sont impossibles à faire adopter. Serait-ce une question d'argent ? Où vont les allocations dans ce cas ? Il ne savait pas. Non ! Il ne comprenait pas la motivation. Il y avait sûrement un aspect de la question qui lui échappait.
 
Joseph regretta de ne pas avoir une caméra qu'il aurait confiée à Leila. Les gens méritent de connaître l'existence de comportements aussi odieux.
 
par Joseph publié dans : Société communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 10 mars 2008

J-5

Dans cinq jours... L'expulsion, et toujours pas d'endroit où aller...
par Joseph publié dans : Société communauté : Racontez-le moi !
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Lundi 10 mars 2008
Après des jours et des nuits, il revient en me disant : "Plus de place pour toi en moi".
 
Dites aux personnes qui m'ont blâmées,
Dites aux personnes qui m'ont blessée
Que mon coeur n'a pas supporté
Que mes yeux n'ont pas cessé
 
De parler sans paroles
Que ça suffit ce mal...
 
Je suis comme un oiseau qui n'a plus d'ailes pour s'envoler
Je suis comme un muet qui n'arrive plus à parler
Je ne peux exprimer le mal que j'ai
 
La nuit tombe, mes douleurs et mes peines se réveillent
 
Dites aux personnes qui m'ont fait tant de mal
Que mon coeur ne supportera plus la souffrance
Que celui qui est mort ne survivra jamais

Leila
par Joseph publié dans : Spleen
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Lundi 11 février 2008
Sous l'impulsion de Carla, Joseph et Leila se rendirent au journal l'Union. Carla avait obtenu un rendez-vous avec un journaliste.
 
Dans le hall, la réceptionniste dit
 
-         Il vient de partir
-         Mais nous avions rendez-vous
-         Ce ne devait vraisemblablement pas être aujourd'hui
-         Difficile de se tromper : le rendez-vous a été pris ce matin pour cet après-midi
-         Peut-être l'a-t-il noté à un autre jour ? Il faudrait téléphoner ce soir.
-         Pourriez-vous nous dire quel jour il l'a noté ?
 
De mauvaise grâce, l'hôtesse téléphona à la secrétaire du journaliste puis dit :
 
-         Il n'a pas noté votre rendez-vous.
-         Regardez bien, s'il vous plait
 
L'hôtesse, s'adressant à la secrétaire dit "ils ne veulent pas me croire". Joseph dit alors "parce que c'est tout simplement incroyable !... Comment pouvez-vous affirmer cela, alors que vous ne nous avez même pas demandé nos noms".
 
Devant l'insistance, l'hôtesse leur annonça "Un autre journaliste va vous recevoir".
 
L'histoire sembla intéresser le journaliste qui prit simplement la précaution de dire "Je vais me renseigner auprès des différentes administrations, car il faut bien que j'effectue quelques vérifications". Joseph trouva cela tout à fait normal.

par Joseph publié dans : Société communauté : Racontez-le moi !
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Vendredi 8 février 2008
C'est plein d'espoirs que Joseph et Leila attendaient cette entrevue. La chargée de mission arriva, accompagnée. "C'est une stagiaire" dit-elle simplement. Une fois dans le bureau, elle commença par demander des justificatifs de ressources que Joseph fournit. Puis elle dit
 
-         Vous êtes toujours locataire dans le Loiret
-         C'est exact
-         L'adjoint au maire m'a rappelé un texte de loi : On ne peut être locataire de deux logements avec l'aide de la C.A.F., alors je ne peux pas présenter votre dossier en commission, c'est la Loi !... C'est peut-être difficile à entendre mais je préfère être directe. Voici les adresses de foyers qui acceptent l'A.P.L. Précisez-leur bien qu'il existe un logement dans le Loiret afin qu'ils puissent faire le transfert.
 
L'entrevue se termina très rapidement.
 
Joseph et Leila sortirent, complètement abasourdis !...
 
Joseph ne comprenait pas pourquoi on "refusait", purement et simplement de présenter le dossier en commission. La raison invoquée le hérissait pour plusieurs raisons :
 
  • Tant que le nouveau bail n'était pas signé, il n'était pas "locataire" et n'entrait donc pas dans le cadre de cette Loi.
  • Si l'on appliquait cette Loi à la lettre, comme la chargée de mission le faisait, cela voulait dire que plus personne ne pouvait changer de logement sans passer par un foyer ou se retrouver à la rue.
  • Pourquoi les foyers pouvaient-ils, eux, accepter de nous fournir un logement ?
 
En fait, Joseph avait le sentiment d'assister à un détournement pur et simple de la Loi par les services sociaux. Il en était écoeuré...

par Joseph publié dans : Société communauté : Racontez-le moi !
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Mardi 5 février 2008
Leila avait reçu une lettre de la mairie fixant une date d'audience au 5 février. Elle était pleine d'espoirs, se disant qu'enfin, un logement allait peut-être se débloquer. En effet, pourquoi la convoquer sinon.
 
Joseph, pour sa part, était plus réservé. Le message laissé sur son répondeur, pour annoncer cette entrevue précisait bien que c'était "Leila" qui avait rendez-vous. Alors que les démarches avaient été faites en commun, Joseph trouvait bizarre cette précision. Son impression se confirma dans le hall, lorsque l'on insista sur le fait que "Madame" avait rendez-vous.
 
Mais bon, peut-être était-ce une mauvaise impression, voilà tout. Quoi qu'il en soit, tous deux pénétrèrent dans le bureau de l'adjoint au maire. L'accueil fut frais...
 
L'adjoint commença : "Tous les organismes ont refusé votre dossier. Nous ne pouvons rien pour vous." puis, s'adressant à Joseph "D'ailleurs votre soeur m'a écrit, vous vous rendez compte !... Vous l'avez mise dehors !...". Joseph et Leila se regardèrent, complètement estomaqués... Soutenu par Leila, Joseph répondit simplement que c'était faux et qu'il n'avait jamais mis sa soeur dehors. Voyant cette résistance, l'adjoint modifia légèrement sa version en disant "Je n'ai pas lu cette lettre, mais j'en ai entendu parler", puis nous dit qu'il fallait contacter la chargée de mission au logement du quartier.
 
Prenant son téléphone, l'adjoint au maire prit rendez-vous pour le vendredi suivant. Durant la conversation, l'adjoint expliqua à Joseph :
 
-         Lorsque tous les organismes ont refusé, il faut contacter la chargée de mission pour passer en "C.L.D.", commission traitant les cas des plus démunis. 99% des gens qui passent dans cette commission se voient attribuer un logement.
-         Je suis d'accord, mais c'est vous qui m'apprenez, à l'instant, que tous les organismes ont refusé. Sur les trois, je n'ai qu'une seule réponse négative.
 
L'adjoint au maire se fit l'écho de la chargée de mission qui affirmait n'avoir jamais vu Joseph.
 
-         En effet, j'ai cherché à la voir en fin d'année dernière, lorsque j'ai reçu l'assignation au tribunal. M'étant rendu au Coral, que je réussis à faire ouvrir le matin, ils doivent s'en souvenir, j'ai appelé la chargée de mission de leurs bureaux, devant eux. Celle-ci m'a renvoyée sur l'assistante sociale, en guise de préalable. L'entrevue avec l'assistante sociale fut quelque peu froide, car elle était venue avec une collègue en vue de "placer" les enfants, plutôt que de nous soutenir dans la recherche d'un logement. Je n'ai donc pas eu de rendez-vous avec la chargée de mission au logement.
-         En effet, elle se souvient de votre appel
 
L'entrevue se termina rapidement avec un rendez-vous en fin de semaine. Malgré le mauvais accueil, Joseph sortit avec de l'espoir : Il allait enfin voir la chargée de mission au logement afin de déposer leur dossier pour la prochaine commission qui devait avoir lieu le 3 mars.
 
par Joseph publié dans : Société communauté : Racontez-le moi !
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Samedi 15 décembre 2007
Décidément, cette phrase qu'un Président d'Assises avait dite à Joseph, il y a longtemps, était toujours, plus que jamais, d'actualité. "Il ne faut pas confondre Justice et Equité"... Tout un programme.
 
Au courrier, Leila venait de recevoir les suites de la plainte qu'elle avait déposée contre la soeur de Joseph : 
 
"sans suite"...
 
La cause invoquée resta obscure pour Joseph :
 
"Carence plaignant"
 
Que pouvait-on entendre par là ? "Carence" ? Il s'agit de quelque chose qui fait défaut. En quoi Leila faisait-elle défaut ? Elle avait déposé plainte, restait à la disposition de la police pour leur enquête, ainsi que Joseph, d'ailleurs, qui n'avait jamais été sollicité. Où pouvait bien se trouver la carence ? En tout cas, ce n'était pas au niveau des coups reçus. Le lendemain, Leila portait les traces des sévices infligés par la soeur de Joseph.

20071211-SansSuite.jpg

Outre de nombreuses marques de griffures, un genou écorché, une pommette griffée et rougie, mais surtout les marques caractéristiques d'une tentative de strangulation...
 
Joseph ne comprenait pas pourquoi le procureur était si agressif envers lui, pour des menaces et voies de faits fausses et, évidemment, non prouvées :
 
-         Proposant à Joseph le marché "quitter le domicile de sa soeur ou aller en correctionnelle", déjà, à ce stade, Joseph avait tiqué car, si le procureur avait le moindre soupçon concernant Joseph, pourquoi ne pas le traîner directement en correctionnelle ?
-         Lorsque Joseph choisit la correctionnelle, faute de foyers susceptibles d'accueillir toute la petite famille, pourquoi n'a-t-il pas requis d'emprisonnement ? Car enfin, s'il croit vraiment à ces accusations, c'est suffisamment grave pour requérir un emprisonnement qui peut aller, sauf erreur, jusqu'à trois ans.
-         Refusant ce que les avocats demandaient d'un commun accord : un report pour expertise psychiatrique. S'il s'inclinât, c'est parce que les avocats étaient d'accord
 
Joseph trouvait tout cela pour le moins bizarre et illogique. Mais lorsqu'il vu ce "sans suite" alors que là, les preuves ne manquaient pas, il se demanda où se trouvait l'équité. Y avait-il équité entre les poursuites à son encontre et celles à l'encontre de sa soeur ? A l'évidence non. D'un côté des ragots, de l'autre, des preuves : témoins, photos, certificats médicaux, mais abandon des poursuites. La première réaction de Joseph fut de se renseigner afin de savoir quel procureur avait décidé de classer l'affaire. Il n'était pas loin de penser qu'il devait s'agir du même. Il décida de tenter de se renseigner, dès lundi.
 

 

par Joseph publié dans : Justice
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Samedi 15 décembre 2007
Ce matin, Joseph s'employa à faire parvenir une copie de la lettre de la veille à différentes personnes susceptibles de l'aider, ou simplement pour les tenir au courant, par simple politesse.
 
A chacun, il joignit une copie de la lettre de la veille :
 
 
cd
 
Joseph...                                                                                              Le 14 décembre 2007
...
51100 REIMS
 
Dossier n° ...
 
 
Monsieur le Directeur de (Organisme logeur)
51100 REIMS
 
 
 
 
 
Objet : Bienvenue sur la planète REIMS
 
 
Monsieur le Directeur,
 
Je me présente : Joseph... Depuis fin 2006, j'ai soutenu Madame M. qui, après avoir subi plusieurs agressions dans le Loiret, était à nouveau l'objet de menaces. Madame M. et ses deux enfants de 4 et 11 ans sont venus chercher asile à REIMS. Hébergée de façon tout à fait provisoire chez ma soeur, en attendant de trouver un logement, la situation s'est dégradée avec le temps, car il est vrai que le "provisoire qui dure trop longtemps" est une situation difficile à gérer pour tout le monde. Néanmoins, j'ai toujours soutenu Madame M. auprès de ma propre famille. La conséquence, regrettable mais compréhensible est que ma soeur a fini par se retourner contre moi-même afin de me faire expulser. A présent, je fais cause commune avec Madame M., puisque moi-même vais me retrouver à la rue, faute de logement sur Reims.
 
Un dossier de demande de logement a été déposé au Coral en décembre 2006. A ce jour, ainsi que les autres organismes logeurs, vous avez rejeté la demande.
 
Les réponses officielles...
 
Les réponses sont des réponses "type" du genre "il n'y a pas de logement qui corresponde à la demande". Là, si je peux me permettre, pour en avoir discuté avec pas mal de personnes, j'ai, entre autres réussi à rencontrer :
 
  • Un homme seul qui venait de rendre son F4 tout neuf, F4 obtenu car il avait déclaré devoir recevoir ses enfants. Il l'a rendu pour occuper le F3 d'un ami parti un an ailleurs. Cette personne n'avait pas de revenus.
  • Une femme qui a obtenu son logement en quinze jours
  • Une gitane qui, cherchant une maison, à cause du nombre de personnes vivant sous son toit me dit :"là où j'habite, il y a un F4 vide depuis un an, un autre depuis six mois et un F3 qui se libère à la fin du mois"
 
Il n'y a pas ? Etonnant !... Vraiment étonnant !...
 
... et les autres
 
Plusieurs causes "officieuses" ont été avancées :
 
-         Madame M. a déjà un logement dans le Loiret, généralement suivi d'un "pourquoi ne retourne-t-elle pas là bas ?"
-         Madame M. n'est pas de REIMS
 
Logement dans le Loiret
 
Un logement...
 
Là, je vous avoue que je me sens ridicule, à 54 ans, de n'avoir pas compris que c'était un obstacle. Sur la planète d'où je viens, c'est différent : lorsque l'on change de région, on trouve un logement là où l'on doit se rendre, on essaie de faire coïncider, à peu de chose près la fin de l'ancien bail avec le début du nouveau, puis on déménage du point "A" au point "B", comme çà, bêtement.
 
Sur la planète REIMS, c'est différent parait-il. Pour obtenir un logement, il semblerait qu'il ne faille pas en avoir au moment de la demande. Etant donné le nombre de dossiers en attente à REIMS, je m'étonne de ne pas voir plus de familles errer dans les rues, la nuit venue. Mais peut-être la planète REIMS a-t-elle une zone de stockage des familles sans toit ? Seriez-vous assez aimable de nous indiquer où elle se trouve. Pour ma part, pour répondre à la demande de Monsieur le Procureur, sur les conseils de la police et de la Croix-Rouge, j'ai essayé le 115 à plusieurs reprises, c'était complet. Notre assistante sociale à Croix Rouge a fait la même remarque à Madame M., concernant les foyers susceptibles de l'accueillir, ainsi que ses enfants.
 
J'en déduis qu'ici, pour obtenir un logement, c'est à dire une destination, il faut commencer par se débarrasser de son toit, jeter les lits des enfants et l'électroménager à la poubelle, pour se précipiter dans la rue et attendre. Là... Tout va bien (?)... On remplit les conditions. Lorsque le toit tant attendu est enfin octroyé et que l'on entre dans les lieus, à moins que l'on soit très riche (les logements sociaux sont-ils destinés aux riches sur la planète REIMS ?), quelques longues années devraient suffire pour s'équiper à nouveau.
 
... dans le Loiret
 
Effectivement ! Le Loiret, ce pays lointain, certainement une autre planète car l'Assistante Sociale y tient un discours différent de celui que l'on tient ici. Cette personne dit qu'il ne faut pas résilier le bail afin de pouvoir effectuer un transfert FSL. Elle dit en outre que pour effectuer ce transfert de CAF à CAF, il est indispensable de connaître les caractéristiques du logement de "destination" (C'est la même logique que sur la planète d'où je viens). Ce qui est bizarre, c'est que les organismes logeurs de la planète REIMS ne contredisent nullement cela, allant même jusqu'à s'assurer périodiquement que la situation est stable... "Etes-vous bien à jour de vos loyers ?". Jamais il n'est apparu que cela pourrait constituer un problème. Je ne comprends pas la logique qui consiste à s'assurer que le demandeur est (et reste) à jour pour une chose qui débouchera sur un refus. Je suis confus d'être si bête. Ce n'est sûrement pas de l'hypocrisie, c'est autre chose, seulement... cela m'échappe. Aidez-moi à comprendre, s'il vous plait.
 
Madame M. n'est pas de REIMS
 
Ah !???... Bon ! Que signifie "être de REIMS" ?
 
Habiter REIMS ? Mais, je ne comprends plus, si on "habite", on a "déjà" un logement et, dès lors, nous retombons dans le cas précédent. Cela ne doit pas être cela. De toute façon, si telle était l'interprétation à donner, Madame M. attend un logement depuis un an déjà et est "hébergée" temporairement à REIMS. Quant à moi, cela fait pas mal d'années que j'émarge sur les listes électorales de REIMS.
 
Veut-on dire par là que si, au moment de la demande on dépend d'une autre CAF que celle de la Marne, on ne peut pas prétendre à un logement sur REIMS ? Mais, si tout le monde procédait ainsi, on serait affilié "à vie" à une CAF. En effet, quelle est la raison principale qui fait que l'on change-t-on de CAF, si ce n'est un déménagement ? N'y aurait-il pas là un cercle vicieux ? Cela ne peut pas être la bonne réponse.
 
Etre né(e) à REIMS ? Dans ce cas, je crois que pas mal de logements vont pouvoir se libérer. Les services de l'Etat risquent d'ailleurs d'avoir quelques difficultés avec leur personnel. Non ! Cela ne doit pas être çà.
 
Quoi qu'il en soit, cela ne peut être la cause du rejet car comment concilier alors une discrimination basée sur la "provenance" et les lois européennes sur la liberté d'installation dans n'importe quel pays d'Europe ? Là encore, je ne comprends pas, ne trouve pas de réponse. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ?
 
Finalement, mais juste pour dire...
 
Si je résume la situation : Madame M., agressée, menacée, cherche asile à REIMS. Je passe sur les réponses officielles superficielles. La seule tentative d'explication, officieuse, est que Madame M. n'est pas d'ici, qu'elle a un logement dans le Loiret et que, lorsqu'elle sera expulsée, elle pourra y retourner.
 
Pour ne pas mettre à la rue Titi, 4 ans, et Rose, 11 ans, nous serons contraints de retourner dans le Loiret. Là bas, Madame M. retrouvera l'appartement qu'elle a si bien décoré (je n'ai jamais vu un appartement décoré avec autant de goût). Là bas, les enfants seront à nouveau déracinés, en pleine année. Là bas, Madame M. sera la cible facile, attendue par ceux qui la menacent (les copies des plaintes ont été fournies dès fin 2006 au Coral).
 
Les organismes logeurs sont souverains sur la planète REIMS. Nous avons essayé de trouver des appuis, tant auprès de Monsieur FALALA que de Madame ROGER et encore d'autres personnes, d'autres organismes, ou services sociaux, mais rien n'y fait. Les organismes logeurs sont souverains, disais-je, ce qui signifie qu'agissant en connaissance de cause, ils sont pleinement responsables des conséquences de leurs choix, eux et eux seuls. Si les considérations conduisant à un rejet m'échappent totalement, la décision en elle-même, prise en connaissance de cause, n'est rien d'autre qu'une mise en danger de la vie d'autrui. Peut-être n'étiez-vous pas au courant, à présent vous l'êtes.
 
Je suis certain qu'après ces précisions, qui ne sont peut-être pas évidentes au travers d'un dossier, et que, présenté sous cette forme, vous appréhenderez mieux la gravité de la situation. Je suis certain également que vous comprendrez qu'il est particulièrement urgent de trouver une solution et que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir (qui est grand, à l'évidence) pour régler cette situation qui n'a que trop duré, quitte à passer outre certaines formalités administratives pouvant bien sûr être résolues par la suite.
 
Veuillez croire, Monsieur le Directeur, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.
 
 
 
 
Destinataires pour action :
Copies à :
·          Coral-Pact
·          L'Effort Rémois
·          Foyer Rémois
·          Reims Habitat
 
·          Journal l'Union
·          Radio Primitive 92.4
·          Résistances 2007
 
·          ARETAF
·          Association Le Mars
·          Collectif contre les exclusions
·          Collectif Interculturel d'Associations de Migrants
 
·          Madame B.
·          Madame B.
·          Madame C.
·          Monsieur D.
·          Monsieur F.
·          Madame M.
·          Madame R.
·          Madame R.
·          Maître S.
·          Monsieur S.
           
ba
 
Au moment de partir, Leila lui demanda, puisqu'il passait à la poste, d'aller retirer un mandat que sa soeur lui avait envoyé afin qu'elle puisse acheter des cadeaux pour les enfants. Joseph remplit la procuration et passa trois quarts d'heure à faire la queue, tant il y avait de monde. Il posta également un certain nombre de lettres, notamment à destination du Conseil Général et de la Préfecture qui se trouvent à Châlons en Champagne. Afin d'économiser quelques timbres, il déposa directement des copies à la mairie et dans différentes associations. Il rencontra les membres du Collectif contre les exclusions qui tenaient une permanence ce samedi matin. Cela lui permit d'avoir des nouvelles du dernier organisme qui n'avait pas encore répondu. Celui-ci ne se donnera même pas la peine d'étudier le dossier car Leila a un logement dans le Loiret. "Elle n'a qu'à retourner là-bas. Si elle a des raisons de quitter le Loiret, elle n'en a aucune de venir à Reims". Joseph avait vraiment l'impression de s'adresser à un mur. Et encore... un mur, cela aurait été un début, pour un logement... Pire !... Les membres du Collectif décidèrent de revenir à la charge lundi.
par Joseph publié dans : Société
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Présentation

  • : Joseph et Leila
  • joseph.et.leila
  • : société famille justice logement racisme societe
  • : Ce blog est, malheureusement une histoire vraie, celle de Joseph, qui se déroule en ce moment. Mélange de désespoir, de révolte contre l’injustice, contre le racisme, contre les administrations kafkaïennes et l’inefficacité des services sociaux… Bref ! Un appel au secours, peut-être, la preuve d’un mal-être, sûrement. Joseph n’a pas commencé sa vie aujourd’hui et des retours en arrière seront faits de temps à autre, afin de mieux cerner cette vie. Le temps manque, la fin étant […]
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